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Cadillac CT6 2018 : au volant d’une voiture qui se conduit toute seule

Véritable voiture phare de la marque prestigieuse, la CT6 est un retour aux sources pour le constructeur qui, au fil des deux dernières décennies, a tenté de transformer son image pour s’aligner davantage avec les constructeurs allemands. L’opération a fini par payer, Cadillac ayant laissé son rival naturel de toujours – Lincoln pour ne pas le nommer – loin derrière. 

Loin de moi l’idée de comparer la Cadillac CT6 avec la série Fleetwood des années 80-90, car la plus récente limousine de Cadillac a plus d’affinités avec les BMW Série 7 et Audi A8 de ce monde, mais quand même, la division luxueuse de General Motors est de retour dans le créneau des limousines pleine grandeur, la plus récente version étant très comparable aux rivales allemandes. 

Super Cruise
La grande nouveauté pour 2018 se trouve à même le pare-chocs avant et le réseau de caméras disponibles sur la voiture – et probablement à d’autres endroits aussi –, la CT6 pouvant être commandée avec un dispositif appelé « Super Cruise ». Ce système qui porte assez bien son nom est, aux dires de la division américaine, la « première véritable technologie de conduite mains libres sur route de l’industrie ». En d’autres termes, la CT6 2018 peut désormais se conduire toute seule… dans des conditions favorables!

Il semble que cette technologie ait plu aux membres de l’AJAC (Association des Journalistes Automobiles du Canada), puisqu’elle vient de l’élever au rang de meilleure nouveauté technique de 2018. 

Mais, revenons à nos moutons si vous le voulez bien. Le département de marketing joue gros en affirmant que cette technologie de conduite mains libres est la première de l’industrie, puisqu’il existe déjà quelques modèles sur le marché à l’heure actuelle qui se conduisent « sans les mains ».

On pense notamment à la plus connue, la Tesla Model S – idem pour le Model X – ou même à l’une des premières à avoir permis au conducteur de ne pas tenir le volant sur une distance appréciable, l’Infiniti Q50. La Mercedes-Benz de Classe E est également très autonome, même si ce modèle oblige après un certain temps à son conducteur de remettre les mains sur le volant, et les constructeurs Audi et BMW ont eux aussi déjà des solutions à cet égard. Bref, Cadillac peut bien se targuer d’être le premier, l’existence de ces véhicules plus anciens prouve le contraire. Mais bon, au final, ce qui importe, c’est l’efficacité de cette technologie, n’est-ce pas?

D’accord, mais comment ça fonctionne?
Évidemment, cette technologie n’est pas simple. Les données cartographiques lidar de haute précision et le système GPS s’occupent de donner l’information sur la voie de l’autoroute dans laquelle le véhicule se trouve et, bien entendu, de le garder au centre de celle-ci. Les caméras logées à l’avant, quant à elles, détectent tout ce qui se trouve devant jusqu’à une distance de 2,5 km. Avec le régulateur de vitesse intelligent, la voiture peut même s’ajuster à la circulation et ralentir au besoin. 

Et dans la « vraie vie », ça fonctionne?
Un peu comme les autres systèmes de conduite automatisée, le Super Cruise a ses limites. Contrairement à la Classe E de Mercedes-Benz, il ne permet pas de changer de voie sur l’autoroute sans l’intervention du conducteur. Le Super Cruise est également conçu pour rouler uniquement sur les voies rapides. Aussitôt qu’il détecte une sortie d’autoroute, une intersection ou même une route de campagne, le système s’en remet au conducteur en l’avertissant d’un voyant rouge sur le volant, des vibrations au niveau du volant et du siège en plus d’un avertissement sonore. 
Cadillac utilise également une petite caméra logée sur le dessus de la colonne de direction pour surveiller le niveau d’attention du conducteur, au cas où ce dernier déciderait de s’endormir ou de passer trop de temps à admirer le paysage. Même s’il permet d’avoir les mains libres, Super Cruise oblige celui ou celle qui prend place à la position de conducteur d’être alerte et de regarder en avant. 

J’ai d’ailleurs pu le constater alors que je regardais le paysage à ma gauche sur l’autoroute. Après seulement quelques secondes, le Super Cruise a changé la couleur du voyant, passant du vert au rouge. C’est anodin comme détail, mais je ne déteste pas cette solution pour indiquer à celui ou celle qui tient le volant si le Super Cruise est en fonction ou non. La couleur bleue apparaît quant à elle lors des changements de voie. En d’autres termes, le bleu indique que Super Cruise est en mode attente et qu’il passera à nouveau au vert une fois que la voiture sera à nouveau entre deux lignes sur l’autoroute. 

Je l’avoue, je fais encore partie des pessimistes face à ces systèmes automatisés. Mais, je dois le reconnaître, la solution de GM fonctionne plutôt bien, même dans les virages un peu plus corsés de l’autoroute. Pendant mes quelques passages sur l’autoroute, je ne suis jamais intervenu à l’approche des courbes, mais mes mains n’étaient pas bien loin du volant pour prendre le relais. Je trouve aussi que les réactions du système ne sont pas très fluides dans les virages, mais bon, ça n’a pas empêché la voiture de bien négocier ces courbes spécifiques. 

Les mains sur le volant
La Cadillac CT6 a beau impressionner avec cette technologie de pointe, au final, la grande berline est encore une bonne vieille voiture qu’on aime conduire lorsque Super Cruise n’a pas la capacité de prendre le relais. Et à ce chapitre, elle ne déçoit guère, surtout à cause du moteur logé à l’avant. Ce V6 biturbo de 3,0-litres de cylindrée ne manque pas de souffle, contrairement aux trois autres options disponibles sous le capot, si on tient compte de la rarissime version hybride évidemment!

La boîte de vitesses automatique travaille de manière assez transparente et, vu le nombre de rapports (il y en a 8), cherche constamment à trouver le bon pour sauver à la pompe. À ce sujet, j’ai enregistré une moyenne de 12 L aux 100 km, une statistique légèrement au-dessus de celle annoncée par Cadillac, mais bon, pour un vaisseau amiral de cette stature, c’est loin d’être décevant. 
Munie du rouage intégral, la CT6 3.0TT est une grande dame hyper rassurante à conduire sur un chemin sinueux ou sur la voie rapide. La direction est assez lourde et assez précise pour accrocher un sourire au visage de son conducteur, un commentaire qui s’applique aussi aux 404 chevaux de la mécanique. Bref, la plus imposante des Cadillac n’a rien perdu de son charme observé il y a un peu moins de deux ans.

 

 

 

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Photos :V.Aubé
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