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Essai: BMW M5 2006

Essai: BMW M5 2006

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Dans la tension de la guerre froide entre l'U.R.S.S. et les États-Unis, la course à l'espace a non seulement permis à Neil Armstrong de fouler le sol lunaire mais aussi engendré la création de l'une des machines les plus puissantes jamais construites: la fusée Saturn V. Il a fallu plus d'une
(Photo: John LeBlanc)
décennie pour finaliser le design de cette fusée qui allait transporter la navette Apollo et ses astronautes jusque dans l'espace. Pour les amateurs de BMW, la pause de deux ans de la M5 a certainement paru plus d'une décennie. C'est l'automne dernier que la toute nouvelle berline de haute performance a été introduite.

Vendue au Canada entre 2000 et 2003, la dernière M5 était la grande vedette de la plate-forme E39 de BMW («E» dans le sens de «entwicklung», qui signifie «évolution» en allemand). Avec son V8 de 4,9 litres assemblé à la main et conçu spécialement pour elle, la M5 développait 394 chevaux et 368 lb-pi de couple - des chiffres que plusieurs estimaient suffisants pour demeurer au sommet. Mais la guerre entre les constructeurs automobiles a obligé la compagnie bavaroise à revoir rapidement ses calculs. Par conséquent, la nouvelle M5 de plate-forme E60 fait les choses en grand: un V10 de 5,0 litres.

En plus de leur vitesse fulgurante, la fusée Saturn V et la berline M5 ont un autre point en commun: elles ont toutes deux été dessinées par un
(Photo: John LeBlanc)
Allemand. Pour le reste, mieux vaut éviter les comparaisons. En effet, la Saturn V mesurait 10 917 cm de plus en hauteur, pesait 2 810 453 kg de plus et, à son maximum, développait 7 599 617 lb-pi de couple de plus que la plus redoutable des BMW.

La nouvelle M5 2006 génère 500 chevaux et 383 lb-pi de couple; je vous garantis qu'en enfonçant la pédale de l'accélérateur, vous serez propulsé avec assez de force pour avoir l'impression de faire tourner la Terre. La boîte manuelle séquentielle SMG à commande électronique offre des palettes au volant, mais c'est presque un crime de s'en servir avant que le régime du moteur n'ait dépassé 7700 tr/min. La force d'accélération est appuyée par de larges pneus 285/35ZR19 et, après avoir engagé la troisième vitesse, vous recevrez une amende des plus salée si vous atteignez encore la zone rouge du moteur. La vitesse de pointe de la M5 est apparemment de 250 km/h, mais vous comprendrez que je ne l'ai jamais vérifiée.

BMW a inclus un bouton «Power» tout juste à côté du levier de vitesses. Non, il ne sert pas à démarrer le moteur, mais bien à ouvrir complètement le papillon des gaz pour faire passer la puissance de 400 à 500 chevaux.
(Photo: John LeBlanc)
Pour vous donner une idée, c'est 106 chevaux de plus que l'ancienne M5 et 140 de plus que l'actuelle 550i à moteur V8. À mon avis, ce bouton est le plus inutile au monde. Après tout, qui ne voudrait pas exploiter toute la puissance disponible?

Ceci dit, pour bénéficier du plein potentiel du moteur, il est impératif de bien se familiariser avec la transmission SMG à sept vitesses. Essentiellement, il s'agit d'une boîte ordinaire dotée d'un embrayage automatique. Par contre, la pleine puissance exige la pleine consommation d'essence, ce qui fait monter la facture aussi rapidement que la voiture accélère. La boîte SMG offre un mode automatique («Drive») ainsi qu'un mode manuel contrôlé soit par le levier, soit par les palettes au volant. BMW soutient que cette transmission améliorée est techniquement plus sophistiquée que les précédentes, mais j'ai trouvé que le mode automatique est encore saccadé pour une conduite dans les centres-villes les plus achalandés. Un autre bouton sur la console permet d'ajuster l'agressivité de la transmission en modifiant la fréquence des changements de rapport et l'action de l'embrayage. Parfois, en mode moins agressif, la boîte de vitesses a tendance à hésiter quelque peu avant d'engager le rapport approprié. Quoi qu'il en soit, la M5 est facilement capable d'atteindre les 100 km/h en moins de cinq secondes.