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Essai de la Jaguar F-type P300 décapotable 2019

Lorsque Ford a présenté la Mustang dans les années 60, Chevrolet a rappliqué avec la Camaro et cette dernière s’est payé la tête de l’autre dans quantité de séries de courses où les deux concourraient. En effectuant un saut dans le temps, on se rappellera aussi la Dodge Viper, une machine à cracher le feu alimentée par un V10 et développée pour faire la barbe à LA voiture américaine championne toute catégorie, la Chevrolet Corvette. Il lui aura fallu quelques années, mais elle a éventuellement réussi à battre la Corvette lors de l’épreuve la plus prestigieuse de la planète, les 24 Heures du Mans. Et ça va plus loin. Pensez à la bataille que se livrent depuis des décennies Subaru et Mitsubishi en rallye, ou BMW et Mercedes-Benz sur les circuits de Touring européens. En Australie, c’est Ford contre Holden ; au Japon, Nissan contre Honda. La compétition est forte dans l’univers automobile. 

Et le secret à son propos, c’est qu’elle donne naissance à la qualité. 

Ce qui nous amène à la Jaguar F-Type P300, la dernière incarnation de la voiture que le constructeur anglais a développée pour concurrencer Porsche, jusqu’ici un fabricant ayant tout conquis, tant sur la piste qu’au chapitre des ventes. Lorsque la F-Type s’est pointée en 2013, toutefois, elle m’a donné, même à moi, un éternel amateur de produits Porsche, un coup de foudre lorsque j’en ai vu une pour la première fois. C’était sur le Gardiner Expressway, à Toronto, et même si la voiture circulait dans un environnement on ne peut plus stérile et grandement bétonné, et même si elle était noire comme celle photographiée dans cet article, elle détonnait.

Photo : D.Heyman

De plus, avec son V6 suralimenté (et son V8 suralimenté plus tard), la F-Type se positionnait dans la zone de confort de la Porsche 911. Que l’apparence y soit ou non, ce n’est pas une mince tâche. On pourrait penser que la F-Type aurait eu plus de chance de mieux se positionner en se comparant à la Boxster (moins chère) ou à la Cayman. Aussi fantastiques soient-elles, leur clientèle ne sera jamais aussi loyale que l’est celle de la 911. Conséquemment, lorsque Porsche a redessiné ses Boxster et Cayman en 2016, leur ajoutant au passage le suffixe 718 ainsi qu’un moteur 4-cylindres turbo, le temps était bien choisi pour la F-Type. Après tout, le groupe Jaguar/Land Rover avait déjà un 4-cylindres turbo au service de quantité de produits. Pourquoi pas la F-Type ?

Entre donc en jeu la F-Type P300, animée par un 4-cylindres turbo de 296 chevaux et 295 livres-pieds de couple… et un prix de base sous les 70 000 $ si vous optez pour la version coupée. La décapotable que vous pouvez voir dans nos pages s’affiche à 72 500 $ en configuration de base. Dès le départ, cependant, il y a un problème ; tant la Cayman que la Boxster sont proposées à des prix inférieurs à ceux des F-Type leur correspondant (coupée ou décapotable) et elles proposent plus de puissance, aussi. On ne parle que de quatre chevaux, mais la P300 semble souffrir d’un désavantage dès le départ. 

Alors, où est-ce qu’elle se rattrape ? Le fait-elle ?

Et bien, elle le fait certainement sur le plan du style. La F-Type est probablement la plus belle voiture, non seulement dans son segment, mais à travers l’industrie automobile. Son long capot et son arrière trapu lui donnent un profil parfait avec cette cabine en retrait. Avec le toit abaissé, la F-Type a l’air plus près du sol, comme si on avait retiré quelques pouces à sa suspension avec des pièces d’après-marché. Elle ne l’est pourtant pas ; elle a simplement une apparence parfaite parce que Jaguar savait qu’elle devait l’être esthétiquement pour avoir une chance de concurrencer.

Photo : D.Heyman

Bien que ma voiture d’essai ait reçu un traitement monochrome à l’intérieur – c’est noir à l’exception d’appliques argentées et de surpiqûres rouges sur les sièges – quantité d’éléments plaisent à l’œil, comme le matériel au toucher doux qui ceinture les contrôles de la climatisation. J’aime aussi de la façon dont les buses centrales d’aération au-dessus du tableau de bord se révèlent, seulement lorsque la climatisation est activée. Lorsque j’ai fait mon premier essai de la F-Type à l’époque, j’ai cru que cette approche était pour mal vieillir ; ce n’est pas le cas. Les contrôles des sièges, situés à l’intérieur des portières, sont aussi finis de façon superbe avec de belles touches de chrome, et le déploiement des poignées de portes extérieures lorsqu’on déverrouille la voiture demeure une approche chouette. Quant à la poignée localisée à la console centrale, il s’agit d’un détail fonctionnel intéressant ; j’aime savoir que mon passager a quelque chose pour s’agripper à l’intérieur de ma voiture sport. 

En fait, l’environnement est tellement confortable à bord de la F-Type que je me suis retrouvé avec la main sur la poignée un peu trop souvent lors de mes balades en ville ; elle est si bien positionnée ! Autrement, la position de conduite est aussi à souligner. Quoiqu’elle soit plus inclinée que celle dans une 718, elle ne vous empêche pas de rejoindre le volant. Plutôt, c’est une ambiance de cockpit digne d’une voiture sport (comme en témoignent les lignes extérieures) que l’on retrouve à bord.

J’ai cru qu’un élément allait mordre la poussière après ce passage du moteur V6 de la F-Type à ce 4-cylindres turbo, et j’ai nommé la sonorité signature de l’échappement. (la version à moteur V8 est dans une classe à part, alors on ne s’y aventurera pas pour l’instant) Bien qu’elle ait été réduite un peu, elle est encore porteuse de traits du passé. Le son est encore dans le bon ton ; des basses au départ et graduellement moins dur et métallique plus on grimpe dans le régime. Et vous pouvez toujours ajouter l’échappement actif qui vous permet de changer le son à la simple pression d’un bouton. 

Bien que la 718 surpasse la P300 en matière de chevaux-vapeur, la Jaguar livre en vérité plus de couple, ses 295 livres-pieds supplantent ceux de la 718 par 15. Le maximum du couple est disponible à seulement 1500 tours/minute, ce qui veut dire que l’accélération est en corrélation avec le son produit à bas régime. La puissance est distribuée avec douceur et bien qu’on ressente un essoufflement à l’approche de la zone rouge, il faut s’imaginer qu’un petit 4-cylindres turbo était ce que Jaguar voyait sous le capot lorsqu’elle a commencé à développer la voiture. Et ne vous détrompez pas ; la P300 demeure une sportive racée qui va vous inciter à chatouiller les limites de vitesse en un rien de temps. Vous voudrez conséquemment jeter un coup d’œil aux cadrans analogiques de près – pas de cadrans numériques ici – afin d’éviter nos amis policiers.

Photo : D.Heyman

Bien sûr, le plus petit moteur à l’avant signifie moins de poids à cet endroit, ce qui pave la voie – on le croirait – à une meilleure tenue de route. La vérité, c’est que la tenue de route de la F-Type était déjà irréprochable, si bien que le fait d’avoir perdu quelques livres n’a pas eu un gros effet. Ce qui n’est pas une mauvaise chose, vraiment ; comme ses sœurettes, la P300 est un charme à guider à travers les chemins sinueux, une fois qu’on oublie le petit vide au centre de la direction, une tare dont chaque F-Type que j’ai essayée semble souffrir. Ce que j’ai été vraiment heureux de découvrir, c’est que la suspension de la P300 n’a pas été adoucie. J’ai au départ cru que parce qu’il s’agirait d’un modèle d’entrée de gamme avec moins de puissance, qu’on tenterait d’en faire une voiture plus confortable pour un usage au quotidien. On ne l’a pas fait, ce qui représente une bonne affaire. Une excellente affaire, en fait.

La puissance est envoyée aux roues arrière via une transmission automatique à huit rapports, signée ZF. Bien qu’elle fasse un bon travail pour nous garder à un régime offrant de la puissance, on aurait pu croire que puisqu’il s’agit d’un modèle de base, la compagnie aurait au moins proposé une version dotée d’une troisième pédale. C’est encore plus une évidence lorsqu’on considère que le modèle juste au-dessus dans la gamme le propose en option. Ce n’est malheureusement pas le cas ; il appert qu’on a quand même considéré un peu faire de cette voiture d’entrée de gamme une automobile plus conviviale au quotidien. 

Et quelle voiture elle serait à utiliser tous les jours ! Avec sa tenue de route et son intérieur aménagé avec souhait, en passant par son style, il s’agit d’une voiture fantastique. Je crois que la 718 la surclasse... à peine. En revanche, la F-Type s’y mesure avec une présence remarquable, peu importe où elle se trouve, de même que son panache.

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