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Essai du Range Rover Velar 2019 : quand le négatif supplante le positif…

Au tournant de la présente décennie, la gamme canadienne de Range Rover ne comptait que trois véhicules : le LR2, le LR4 et le Range Rover.

En 2012, l’entreprise annonçait un ambitieux plan d’expansion. Celui-ci promettait un portfolio de 16 véhicules à travers la planète en 2020. Ces derniers allaient se regrouper à l’intérieur de trois familles : Range Rover, Defender et Freelander.

L’idée n’est pas ici de faire le bilan du plan qui avait été annoncé, mais simplement de constater que la firme avait comme objectif d’ajouter des modèles à sa gamme et c’est ce qu’elle a fait.

Aujourd’hui, six modèles sont à l’index chez nous, dont le Velar qui fait partie de la « famille » Range Rover. Ce dernier, proposé depuis l’an dernier, travaille à se faire une place à l’intérieur d’un marché qui nous semble déjà saturé ; un VUS n’attend pas l’autre dans les cours des concessionnaires.

Photo : Land Rover

A-t-il tous les outils pour s’imposer ? Disons qu’il en a certains, mais trop d’irritants vont l’empêcher de le faire.

Avant d’aller plus loin, notez que deux habillages figurent au menu, soit le modèle de base et la variante R-Dynamic, celle que nous avions à l’essai.

Le positif

Lorsqu’on fait le tour du Range Rover Velar, que ce soit physiquement ou en prenant le temps d’analyser son cocon ou de décortiquer sa fiche technique, on trouve beaucoup d’éléments de nature à réjouir.

Le style
Ça commence avec un design qui plaît à l’œil, comme celui de tous les produits Range Rover. Bien sûr, il ne faut pas être allergique aux VUS, mais la recette est ici bien exploitée.

Photo : Land Rover

Et on pourra toujours donner à Land Rover ce qui lui appartient ; la firme faisait des VUS bien avant que ces derniers soient populaires.

Physiquement, le modèle en impose, donc, mais il n’amène rien de nouveau sur le plan esthétique. Essentiellement, il reprend des traits qu’on a vus ailleurs au sein de la marque. Joli, sans plus.

L’habitacle
À bord, on a droit à une présentation de très bon goût. Cette dernière est dominée par le système multimédia Touch Pro Duo qui met à profit deux écrans tactiles de 10 pouces chacun. Son utilisation est relativement intuitive et conviviale, à condition d’y mettre du temps, question de s’acclimater. Il y a un hic, toutefois ; j’y reviens.

Du reste, on retrouve une qualité tout à fait à la hauteur, que ce soit le choix des matériaux ou la rigueur portée à leur assemblage. Certaines surfaces, notamment les parties supérieures des portières et du tableau de bord, nous laissent douter de leur résistance à long terme ; il faudra voir. De nombreuses options permettent de rehausser leur qualité, c’est à souligner.

Quant à l’équipement, que ce soit en matière de technologie et de sécurité, il peut être complet. Le mot clef ici est l’utilisation du verbe pouvoir ; j’y reviens.

Photo : Land Rover

Mécanique et conduite
Différents choix s’offrent à l’acheteur lorsqu’il configure son Velar. En gros, avec la variante R-Dynamic, le tout s’amorce avec un 4-cylindres turbodiesel de 2 litres, un bloc qui propose 180 chevaux et 318 livres-pieds de couple.

La version que nous avions à l’essai, la R-Dynamic HSE, profitait du V6 de 3 litres à compresseur volumétrique. Ce bloc peut cracher jusqu’à 380 hp dans sa configuration P380 ; il est jumelé à une boîte de vitesses automatique à huit rapports.

Aux commandes, vous aurez compris qu’avec ce moulin à l’ouvrage, la puissance ne manque jamais. Avec cette variante est aussi incluse une suspension pneumatique qui permet d’abaisser ou relever le véhicule, selon le type de conduite prévu. D’ailleurs, des modes servent à ajuster différents paramètres comme les éléments suspenseurs, la réaction de mécanique, la célérité du travail de la transmission, etc.

En somme, l’expérience au volant est solide, mais le confort pourrait être porté à un niveau supérieur, tout comme la tenue de route ; il faut en tenir compte, considérant ce qui se fait ailleurs.

Photo : Land Rover

Le négatif

Pour celui ou celle qui envisage l’achat d’un produit dans ce segment, sachez que ce dernier compte des joueurs comme le Porsche Cayenne, le BMW X5 et le Volvo XC90. Conséquemment, vous comprendrez que le Velar, même s’il n’est pas un mauvais véhicule, doit faire face à des acteurs de premier plan.

Ce qui nous amène à la simple conclusion suivante ; il n’est pas le meilleur choix dans sa catégorie.

Si, comme nous l’avons vu, certaines de ses qualités sont indéniables, trop d’irritants font qu’on doit lever un drapeau rouge avec ce produit. Allons-y avec quelques exemples.

Les options d’un véhicule de luxe
Lorsqu’on débourse plus de 80 000 $ pour un véhicule, on s’attend à voir quelques commodités être de la partie. Or, quand un constructeur vient demander quelques centaines de dollars pour des sièges chauffants et un système d’alerte des angles morts, je décroche.

Que Land Rover exige un supplément pour une couleur unique et un fini métallisé à la hauteur de la carrosserie, soit. Mais siphonner des dollars additionnels pour des éléments qu’on reçoit de série sur des voitures de 20 000 $, désolé, ça ne passe pas.

Photo : Land Rover

Autre irritant qui me permet aussi d’écorcher Volvo au passage. Les écrans de la console centrale cachent des commandes comme le réglage des sièges chauffants, ainsi que ceux de la chaîne audio et de la climatisation. On ne retrouve aucun bouton leur correspondant à la console. Or, en cas de bris du système, ce qui est plus que probable au fil des années, on se trouve sans ces fonctions essentielles. En hiver sans chauffage ? Non, merci !

Désolé, mais je passe. Je veux bien embrasser la technologie, mais je prône un juste milieu des choses.

En terminant, je doute aussi du bon fonctionnement des poignées de porte à long terme. Le Velar, qui n’a pas été conçu pour les rigueurs de nos hivers, avance des éléments rétractables électriquement. Or, avec le froid et le gel, ces dernières peinent à se pointer le bout du nez par moment. Devinez ce qui va finir par se produire.

Bref…

Enfin, je me suis amusé à configurer une version R-Dynamic dont le prix de base est de 67 200 $. L’exercice s’est conclu avec une note de 97 592 $. Je veux bien qu’on exige certaines options, mais me faire payer 300 $ pour la compatibilité avec les applications Apple CarPlay et Android Auto avec un véhicule de ce prix, c’est non.

Photo : Land Rover

Conclusion
Land Rover ajoute des produits à sa gamme dans un objectif de croissance et on ne peut le lui reprocher. Là où elle se prête à la critique, c’est qu’elle exagère sans pour autant livrer la marchandise ; le Velar est un véhicule de qualité, mais pas exceptionnel.

Le Porsche Cayenne et l’Acura MDX, deux options à l’opposé du spectre en matière de prix dans ce créneau, sont mes deux principaux choix.

On aime

La présentation intérieure
Ses qualités hors routes
Sa chaîne audio

On aime moins

Des options qui devraient être comprises dans l’offre de base
Une technologie dont on dépend un peu trop
Un historique de fiabilité qui invite à la prudence

Photo : Land Rover
Photo : Land Rover