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Essai du Toyota 4Runner TRD PRO 2018

Le rebelle affirmé Par ,

Généralement, les constructeurs revoient leurs produits tous les quatre ou cinq ans. Il y a des exceptions cependant. Parfois, le délai peut s’étendre sur 7 ou 8 ans, ou même dépasser les 10 ans. 
 
Ce n’est pas toujours un bon signe. Souvent, ledit produit finit par prendre le bord en raison de sa désuétude. On le laisse là aussi longtemps que possible, tout simplement parce qu’il se vend suffisamment et est rentable pour la compagnie.
 
Ça donne de tristes fins de carrière. Pensez au Ford Ranger en 2011, par exemple.
 
Le cas du 4Runner est différent. Oui, sa plus récente refonte nous ramène à 2011 et oui, sa conception est « archaïque » pour un VUS en 2018. Cependant, puisqu’il demeure l’un des seuls de sa race construits sur un châssis en échelle, à l’instar du Jeep Wrangler, notamment, ça fait de lui un 4X4... distinct. 
 
En d’autres mots, le 4Runner est l’un des derniers vrais VUS sur le marché et ceux à la recherche de ce genre de produits se trouvent face à une offre qui a fondu comme neige au soleil. 
 
C’est suffisant pour permettre au 4Runner de survivre sous sa forme actuelle. 
 
Est-ce à dire qu’il doit poursuivre sa carrière encore longtemps sous cette même configuration ? 
 
Voyons voir. 
 
Au masculin
La beauté d’un véhicule est subjective, mais s’il y a consensus sur le design du 4Runner, c’est qu’il respire la testostérone. Des lignes plus carrées que rondes, un faciès qui nous rappelle les camions-jouets Tonka de notre enfance et des pneus prêts à affronter l’Everest sur notre version à l’essai, la TRD PRO. 
 
Qu’on l’aime ou non, la gueule du 4Runner parle. Ce produit permet à son propriétaire de s’affirmer ; c’est un argument de vente à ne jamais négliger, surtout lorsque la grisaille domine l’offre à travers l’industrie. 
 
Et ça se poursuit à l’intérieur…
Le style macho du 4Runner est reproduit à bord. On oublie la finesse ici. Tout est massif et axé sur la fonctionnalité plutôt que l’élégance. L’instrumentation située en face du conducteur est simple, sans flafla. La console centrale, elle, est composée de deux parties bien distinctes ; une réservée au système multimédia, l’autre aux contrôles de la climatisation dont les molettes sont suffisamment grosses pour être manipulées avec des gants. 
 
Un signe patent de la vocation de ce véhicule. Ses propriétaires portent des gants de constructions, pas des gants blancs. 
 
En matière de confort, c’est décent à l’avant et à l’arrière, mais oubliez toute forme de support. L’espace domine ; le contraire serait étonnant et décevant à bord d’un tel monstre. Le coffre, dont la capacité est à plus de 2500 litres une fois les sièges abaissés, est hyper logeable. 
 
Vestiges mécaniques
Lorsqu’on jette un coup d’œil à la fiche technique du 4Runner, les choses se gâtent un tantinet. En fait, le problème, c’est que ce véhicule a été renouvelé pour la dernière fois en 2010. Si ce qu’on nous proposait alors était dans le ton, ce l’est beaucoup moins aujourd’hui à bien des égards. 
 
L’un d’eux, on le trouve sous le capot où loge un V6 de 4 litres qui date d’une autre époque. Puisque c’est un bloc Toyota, on le sait compétent et fiable, mais on errerait en passant l’éponge. Toyota est capable de nous offrir beaucoup mieux et elle devra le faire avant que la chose devienne une mauvaise blague. Et c’est sans compter sur la transmission, une boîte automatique qui ne propose que cinq rapports ; c’était acceptable il y a 15 ans, mais pas aujourd’hui. 
 
Du reste, le 4Runner est l’un des rares VUS à toujours profiter d’un châssis en échelle. Le deuxième levier à la console centrale signifie qu’on peut passer mécaniquement de la gamme basse à la haute du mode 4X4 ; on ne voit pratiquement plus cela de nos jours. 
 
Ça aussi c’est « archaïque », mais c’est dans ce cas beaucoup plus honorable. Le fait d’avoir un peu de contrôle lors de randonnées hors routes fait encore le bonheur de nombreux amateurs et à ce chapitre, le 4Runner fait bien en demeurant... rétro. La popularité du Jeep Wrangler est là pour prouver que cette approche fonctionne. 
 
Conséquemment, tout n’est pas à repenser, mais clairement, la combinaison mécanique/boîte de vitesse mérite une sérieuse attention. Et le plus tôt sera le mieux ! 
 
Plus à l’aise dans le bois
Enfin, au volant, le 4Runner nous renvoie malheureusement à une autre époque. On se fait brasser un peu trop aux commandes de cette chose et considérant l’état de nos routes, croyez-moi, ça peut devenir agaçant. On souhaiterait un jeu plus moderne des éléments suspenseurs, une direction plus communicative et surtout, un freinage plus modulé. 
 
La sensation à l’approche d’un arrêt est atroce ; l’avant plonge comme le faisaient les grosses berlines des années 70. 
 
Désagréable !
Côté puissance, ça va, mais si vous avez l’habitude d’avoir le pied droit plutôt actif, vous allez pleurer en prenant connaissance de la consommation. Au mieux, prévoyez une moyenne entre 11,5 et 12 litres aux 100 kilomètres. Une médiane de 14 est à anticiper si vous roulez le moindrement en ville. Si vous y passez la majorité de votre temps, ajoutez 2 ou 3 autres litres au total. 
 
Non, ce n’est pas jojo. 
 
Conclusion
Le 4Runner est l’un des derniers de sa race et si votre objectif est d’avoir un 4X4 compétent pour vos excursions hors routes, vous êtes à la bonne adresse. En revanche, si vous souhaitez un VUS au sens où on les imagine aujourd’hui, vous allez subir un choc à son contact. 
 
Faites-en l’essai et montez ensuite dans un Highlander de Toyota et vous verrez la différence. 
 
Un véhicule qui n’est vraiment pas pour tout le monde, mais qui collera quand même un sourire aux lèvres de son propriétaire… du moins loin des stations d’essence. 
 
Le charme est là, malgré les défauts, une preuve que la différence plaît et plaira toujours dans l’industrie.
 
N’empêche, une dose de modernité est nécessaire ici.
 
Points forts
 
-Gueule réussie
-Capacités hors routes indéniables
-Un Tonka pour adultes
- Fiabilité assurée
 
Points faibles
 
-Plusieurs éléments conceptuels dépassés
-Consommation importante
-Tenue de route approximative

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Photos :D.Rufiange
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