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Lamborghini Huracán LP610-4 2015 : essai routier

Lamborghini Huracán LP610-4 2015 : essai routier

Comme un taureau orangé Par ,

Galerie photo de la Lamborghini Huracán LP610-4 2015

Lamborghini. Ce nom évoque plusieurs choses : puissance, performance, vitesse, un design spectaculaire, des portes en élytre, etc. Pas surprenant qu’on retrouve les voitures de Lamborghini sur de nombreuses affiches. Personnellement, quand je pense à la marque italienne, l’image de la Miura me vient tout de suite à l’esprit.

Bien que j’aie adoré mon expérience avec la Gallardo il y a quelques années, je dois dire que son style démontrait une austérité typiquement allemande; rien à voir avec les Murcielago et Aventador. Eh bien, sa remplaçante, la Huracán, corrige cette « lacune » de très belle façon. 

Comparée à sa grande rivale Ferrari, Lamborghini ne s’adresse pas à une clientèle raffinée qui porte du Armani et sirote de l’expresso. Ses conducteurs sont plutôt des gens colorés et un peu rebelles qui aiment provoquer, comme en témoignent les peintures éclatantes, les designs exubérants et les sons infernaux. J’aimerais que vous reteniez une chose, cependant : la Huracán peut se montrer aussi civilisée, sinon plus, que n’importe quelle autre supervoiture. 

J’ai même déjà conduit des bolides moins extrêmes qui n’affichaient pas d’aussi belles manières. C’est le cas des BMW M3 et M4, Nissan GT-R et Dodge Viper – toutes moins conviviales et moins agréables à conduire que la nouvelle Lamborghini. En revanche, cette dernière coûte terriblement plus cher et possède de loin le plus petit coffre. Mais on parle d’une Lamborghini!

La Huracán remplace tellement bien la Gallardo qu’on finit par oublier que celle-ci a déjà existé. Il y avait jadis un important écart entre elle et la Murcielago, mais la Huracán le comble entièrement. Je la trouve tout aussi exotique que l’Aventador (à l’exception des portières) et aussi spectaculaire à contempler (sinon plus) que la nouvelle Ferrari 488. 

Ici, pas de courbes, seulement des lignes bien droites et des angles tranchants. La silhouette effilée intègre à merveille de superbes phares à DEL et le toit est à peine plus haut que le bout arrière de la voiture. De plus, avec sa posture large, la jeune Lamborghini donne l’impression de s’étirer de tout son long pour écraser la route. Quant aux prises d’air, elles refroidissent les organes vitaux et donnent la frousse tant aux Prius qu’aux semi-remorques de ce monde. 

Pas de doute, la Huracán attire énormément l’attention. Un soir, ma copine et moi l’avons garée dans le Vieux-Montréal et nous nous sommes amusés à voir la réaction des passants. J’écrirai d’ailleurs un blogue à ce sujet que vous pourrez lire prochainement.

 

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    Lamborghini Huracàn LP610-4 2015
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    Photos :S.D'Amour
    2015 Lamborghini Huracan pictures

    La pièce de résistance
    Le principal attrait, bien sûr, réside sous le panneau transparent à l’arrière. Je parle du fabuleux V10 atmosphérique de 5,2 L qui développe 610 chevaux et 413 livres-pied de couple. Ainsi équipée, la Lamborghini Huracán file vers l’horizon à une vitesse prodigieuse, mais elle accepte également de se laisser dompter. Si on n’est pas pressé, on peut maintenir une cadence parfaite pour que les ados aient le temps de prendre des photos avec leur téléphone au passage.

    Le V10 démontre une flexibilité incroyable. Il passe du plus bas régime à la zone rouge de 8 500 tours/minute en un rien de temps. En deçà de 4 000 tours/minute, le son est très métallique et peut devenir envahissant. Toutefois, à plus haut régime, un cri riche et puissant se fait entendre grâce à des volets qui s’ouvrent dans les sorties d’échappement. Il s’ensuit une mélodie excitante et dangereusement enivrante. Au volant, on réalise pleinement qu’on a affaire à une supervoiture, mais c’est ce son d’enfer qui nous fait ressentir quelque chose de vraiment formidable et unique. 

    La Lamborghini Huracán accélère de 0 à 100 km/h en 3,2 secondes et de 0 à 200 km/h en 9,9 secondes, aidée par une transmission intégrale et une boîte à double embrayage comptant 7 rapports. Sa vitesse maximale s’élève à 325 km/h. Évidemment, ce sont des chiffres impressionnants, mais vivre de pareilles poussées à bord de la voiture l’est encore plus. 

    Il y a quelques années, j’ai obtenu un chrono de 3,18 secondes pour le 0-100 avec une Porsche 911 Turbo S 2011. Chaque fois que j’écrasais l’accélérateur, je passais près de ravaler ma langue. Tout comme elle, la Huracán est archi puissante et elle s’exécute sans nous faire des secrets.

    Bien entendu, il faut une cavalerie imposante pour réaliser de tels exploits, mais la flamboyante Italienne mise aussi sur un ratio poids/puissance de seulement 2,33 kg/ch (une bonne voiture sport affiche en moyenne 6 kg/ch). Ceci la rend explosive au point de pouvoir nous refaire le portrait.

    Ensuite, ça prend une excellente boîte de vitesses. La Lamborghini Doppia Frizione (LDF) à double embrayage que j’ai mentionnée plus tôt n’est rien de moins qu’un chef-d’œuvre d’ingénierie. En mode automatique, la voiture se la coule douce dans le trafic. En choisissant « M », les sélecteurs manuels au volant sont nécessaires; si l’on appuie sur les 2 en même temps, la boîte tombe au point mort – génial! Viennent ensuite les modes Strada, Sport et Corsa, tous débiles à leur façon.

    Le premier signifie qu’on a un peu plus de temps pour éviter une sortie de route, mais chaque changement de rapport s’effectue quand même en un éclair. Avec les autres, on passe à un cheveu de quitter les limites de la raison. 

    Troisièmement, la Huracán bénéficie d’un rouage intégral comme presque toutes les Lamborghini produites depuis plus de 20 ans. Son système multidisques répartit en général le couple dans une proportion de 30/70, mais il peut aussi acheminer jusqu’à 50 % à l’avant ou encore la totalité à l’arrière, dans ce dernier cas via un différentiel à verrouillage mécanique. Autrement dit, les chevaux trouvent toujours de l’adhérence pour galoper.

    Un châssis de classe mondiale
    J’ai parlé brièvement du poids tout à l’heure, mais j’aimerais y revenir. Grâce à une structure en aluminium et en fibre de carbone ainsi qu’à une carrosserie alliant des matériaux composites et de l’aluminium, la Lamborghini Huracán pèse seulement 1 422 kg, soit 45 kg de moins qu’une Toyota Camry S 2016 de 178 chevaux!

    Le poids de la voiture, par ailleurs, est réparti 42/58 pour s’agencer avec la répartition de la puissance. Une suspension à double bras triangulaire aux 4 coins maintient la Huracán totalement à plat, peu importe la vitesse à laquelle on roule ou l’angle qu’on donne à la direction. Dans de longues bretelles d’autoroute, elle refuse de céder un pouce, comme si sa vie en dépendait. Celle du pilote aussi, d’ailleurs.

    Une nouvelle option au menu est le système de contrôle magnétorhéologique de l’amortissement. Il s’agit d’amortisseurs remplis de particules magnétiques et d’huile synthétique qui varient constamment leur degré de fermeté. Lors d’une accélération, d’un freinage ou d’un virage brusque, ils s’assurent de préserver la stabilité de la machine tout en gardant le confort de roulement à un niveau acceptable. Croyez-moi, la Huracán s’avère très confortable pour une supervoiture.

    Le beau fonctionnement de la boîte de vitesses contribue en partie à la facilité de conduite de cette Lamborghini dans la vie de tous les jours; l’autre partie du crédit revient à la suspension. Heureusement pour les propriétaires, cette dernière comprend un système qui permet de relever le devant de la voiture pour éviter d’abimer le précieux becquet avant en entrant dans une cour un peu abrupte, par exemple. 

    La direction obéit instantanément à nos commandes et avec une très grande précision. Son assistance électromécanique devient moins présente sans trop attendre et nous fait cadeau de vraies sensations tout en absorbant les pires défauts de la chaussée. 

    Ensuite, il y a de gros freins à disques en carbone-céramique qui mesurent 380 mm à l’avant et 356 mm à l’arrière. Lorsqu’on enfonce la pédale, un léger délai se fait sentir en tout début de course, mais par la suite, mieux vaut doser soigneusement, sinon on risque de laisser des empreintes de dents sur le volant ou le tableau de bord! La puissance de freinage de la Huracán est, en 2 mots, colossale et nécessaire (étant donné les vitesses qu’elle peut atteindre). 

    L’intérieur de la bête
    Entrer à bord de la Huracán n’est pas plus difficile que de débarquer d’une Ram Power Wagon. En sortir, toutefois, s’avère aussi exigeant physiquement que de grimper dans la grosse camionnette. À l’intérieur, on trouve des sièges fermes aux appuis massifs qui savent aussi bien envelopper que dorloter. Il y a un bon dégagement au niveau des jambes et de la tête – plus que dans la Gallardo d’après ma mémoire. Je le répète, la Huracán s’avère très confortable pour une supervoiture.

    Digne d’un cinéma maison, l’écran TFT de 12,3 pouces (résolution de 1 440 x 540 pixels) qui sert d’instrumentation peut être configuré selon 3 modes différents; le meilleur est celui qui affiche un énorme tachymètre en plein centre. C’est également là qu’apparaissent les menus pour la navigation, l’audio et les réglages de la voiture. Puisque les risques de distraction sont grands, mieux vaut consulter et jouer avec l’écran quand la Huracán est immobilisée. 

    Les matériaux et l’assemblage sont exotiques, comme on peut s’y attendre. Le bouton de démarrage me fait penser à ces fameux boutons d’autodestruction qu’on voit dans les films américains. Démarrer la Huracán tôt le matin donne l’impression de déclencher une bombe atomique. Bravo Lamborghini! 

    Le fait que la Huracán et l’Audi R8 soient de proches parentes (mais quand même impossibles à confondre) m’a aidé à surmonter ma peur initiale. En effet, je voyais la Lamborghini 3 fois plus grande qu’elle l’est en réalité, mais en prenant place au volant, je me suis vite senti en terrain familier. 

    Je pourrais vivre assez facilement avec une telle supervoiture. Elle impose le respect, c’est certain, mais pas de la même manière qu’une Ferrari. Elle est plus cool, alors que la seconde fait plus sérieux. Pour ma part, donc, c’est Lamborghini avant Ferrari.

    En terminant, sachez que Lamborghini a vendu environ 50 voitures au Canada en 2013 et une centaine en 2014. On compte 4 concessionnaires au pays : Vancouver, Toronto, Montréal et maintenant Calgary.

    Je vous épargne la gêne de demander le prix : la Lamborghini Huracán LP610-4 2015 se vend à partir de 262 947 $. Munie de plusieurs options (jantes de 20 pouces, sièges sport en suède alcantara, échappement sport et plus), celle que j’ai testée arborait une peinture Arancio Borealis (orange) et valait 317 847 $.