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Essai de la Mazda6 Signature 2018 : Négligée… et pourtant

Cela fait des années que nous le répétons, la Mazda6 se classe parmi les meilleures berlines intermédiaires sur le marché. Pourtant, Mazda semble incapable de rendre justice à sa qualité. Il s’est vendu 2292 Mazda6 au Canada en 2018 contre 14 588 Toyota Camry, 13 827 Honda Accord, et même, 7188 Ford Fusion.

La 6 se retrouve loin derrière les meneuses et d’un point de vue logique, cela ne fait pas de sens. Notre modèle à l’essai, la version Signature haut de gamme, profite en plus du moteur 4-cylindres turbo de 2,5 litres qui amène la puissance à 250 chevaux et rend la conduite encore plus agréable.

Un style toujours actuel
Depuis l’arrivée de la 3e génération de Mazda6 en 2012, la voiture n’a pas pris une ride. Nous sommes encore séduits par son style à la fois contemporain et dynamique. Comme c’est la mode dans ce segment, la 6 est proche d’une berline pleine grandeur avec de l’espace pour cinq personnes et concurrence l’Accord à ce chapitre dans une livrée plus désirable.

Photo : Mazda

Alors que bien des concurrents offraient des moteurs V6 à l’arrivée de cette grande Mazda en 2012, la 6, elle, n’offrait qu’un moteur 4-cylindres de 187 chevaux. Beaucoup ont dénoncé cet état de fait et bien des consommateurs ont préféré aller voir ailleurs.

L’arrivée du moteur qui a d’abord fait son nid dans le CX-9 a fait du bien à la 6 ; ce 2,5 litres turbo amène 250 chevaux et 310 livres-pieds de couple (à condition de rouler avec une essence à indice d’octane 91). Cette puissance supplémentaire donne-t-elle à la Mazda6 l’avantage dont elle a besoin pour remporter la couronne de la berline de la famille des intermédiaires ? Cela valait-il la peine d'attendre ?  

Oui et oui. Ce surplus de puissance et de couple se traduit par une conduite plus coulée, un couple plus généreux qui élimine le côté rugueux du 4-cylindres atmosphérique à bas régime et qui ajoute un je-ne-sais-quoi de noblesse dans la conduite, ce qui faisait défaut à la Mazda6 auparavant.

Photo : Mazda

Un habitable rafraîchit
À la base, l’habitacle n’a pas beaucoup changé depuis 2012, mais la version Signature amène son lot de nouveautés dans la 6. Vous avez par exemple des panneaux de porte avant et arrière garnis de bois, tout comme le tableau de bord. Ce décor est complété par des panneaux d’ultrasuède dans les portes et le bas du tableau de bord. Vous profitez également d’un bloc d’instruments redessinés avec écran ACL de sept pouces.

Cette atmosphère plus haut de gamme amène la 6 à la hauteur de concurrents comme Lexus et INFINITI chez les Japonais.

Il y a aussi une bonne dose de technologie qui comprend la climatisation à deux zones, les sièges avant chauffants et climatisés, le système de navigation et une chaîne audio Bose. La liste de sécurité suit également la mode avec la détection d'angles morts, l'avertisseur de collision avant avec freinage automatique et la détection de piétons, l'avertisseur de sortie de voie avec assistance au maintien de voie, ainsi que le régulateur de vitesse adaptatif.

Une seule déception sous la forme de l’écran d’informations. Le fonctionnement de ce dernier est lent et peu convivial et la qualité d’image de la caméra de stationnement à 360 degrés est décevante lorsque comparée à celle limpide de la Honda Accord.

Photo : Mazda

Belle mécanique
Avec la greffe d’une mécanique plus puissante, la Mazda6 se donne plus de dynamisme.

La montée en régime du 4-cylindres turbo n’a pas à rougir vis-à-vis celle d’un V6 en raison des 310 livres-pieds de couple qui se pointent tôt, donc la sensation de puissance est bonne.

Certains critiqueront l’absence d’une boîte manuelle (qui à notre avis n’a pas réellement sa place dans ce genre de voiture), d’autres, le fait que la boîte automatique n’a que six rapports. Une chose est certaine, le mariage boîte/moteur fonctionne bien. Est-ce que cela serait encore meilleur avec une boîte à huit rapports ? Posez la question, c’est y répondre.

Bien planté sur la route
Dans un monde de berlines aussi insipides à conduire les unes que les autres autres, la Mazda amène un vent de fraîcheur. Mazda fait référence à la philosophie du Jinba Ittai, un concept selon lequel le conducteur et le véhicule ne font qu’un.

La firme japonaise applique cette philosophie avec le contrôle vectoriel apparu en 2017. Sans se lancer dans les détails techniques, cette approche optimise la performance des pneus en concentrant la charge sur celui qui a le plus d’adhérence au sol. Dès que le conducteur change de direction, le contrôle vectoriel fait varier le couple en transférant la charge aux roues avant pour aider le véhicule dans les virages.

Avec une tenue de route améliorée et un surplus de puissance, l’expérience au volant est des plus positive. En plus d’être confortable et silencieuse sur la route, la 6 ne craint pas d’attaquer une courbe avec aplomb et y prend même un certain plaisir.

Photo : Mazda

Conclusion
Si le prix de base d’une Mazda6 est de 27 000 $, il vous en coûtera 38 800 $ pour une version Signature, ce qui la place dans la moyenne des berlines comparables avec un tel niveau d’équipement. La moyenne de consommation est annoncée à 10 litres aux 100 km en ville et à 7,5 sur la route en été. Notre essai d’hiver s’est résumé justement à une moyenne de 10 litres aux 100 km.

Est-ce que cette Mazda 6 turbo a ce qu’il faut pour détrôner les autres berlines de sa catégorie ? Sans aucun doute, mais la réponse n’est pas si simple. Si cette version turbo avait été mise en marché en 2012, à la sortie de la voiture, le sort de paria de cette berline aurait peut-être été différent. Avec les nouvelles Honda Accord et Toyota Camry, la Mazda6 traîne de la patte.

Mais en tant qu'expérience automobile dans l’ensemble, elle est absolument sensationnelle à conduire et à regarder. Nous l’avons toujours aimée et cette histoire d’amour se poursuit. Gardez le moteur turbo, amenez l’intérieur en 2020 et ajoutez la motricité aux quatre roues, de même qu’une boîte à huit rapports, et elle sera parfaite.

Photo : Mazda

Nous avons aimé

Un plaisir pour les yeux
Style haut de gamme à l'intérieur et à l'extérieur
Réglage du châssis et de la suspension optimal
Équipement complet

Nous avons moins aimé

Elle vieillit, bien que gracieusement
Une boîte à huit rapports serait bien
Écran central peu convivial

Article par Auto123.com