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MERCEDES-BENZ CLASSE M 2000

MERCEDES-BENZ CLASSE M 2000

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FEUX VERTSFEUX ROUGES
  • Performances remarquables (V8)
  • Qualité d'assemblage plus soignée
  • Faible diamètre de braquage
  • Bonne habitabilité
  • Excellente transmission
  • Américanisation du produit
  • Faible autonomie
  • Pneus mésadaptés (voir texte)
  • Chauffage déficient
  • Lave-glace mal conçu
PISTES TOUT COURT OU PISTES D'ACCÉLÉRATION?

Sans même l'aide d'un chien guide de Mira, je pense que je pourrais reconnaître une Mercedes-Benz en la conduisant les yeux fermés. Les divers modèles de la firme allemande offrent une sensation de conduite bien particulière, à l'exception peut-être des modèles de la classe M, le 320 et le 430 qui fait l'objet du présent essai.

J'ignore si c'est parce qu'ils sont construits en Amérique pour une clientèle surtout américaine, mais il y manque ce petit je ne sais quoi qui vous dit qu'une Mercedes est une Mercedes. Ce n'est pas tant une question de qualité que d'ambiance. C'est du moins l'impression que m'a laissée mon essai de 10 jours du récent ML430.

4X4 OU HOT-ROD?

Pour se distinguer du ML320 qui l'a précédé et qui est toujours au catalogue, ce nouveau venu est doté d'un moteur V8 de 4,3 litres développant 53 chevaux de plus que le V6 de 3,2 litres, soit 268 chevaux. C'est une imposante cavalerie pour un utilitaire sport, la haute performance n'étant habituellement pas le lot de ceux-ci. Le V8 modulaire de dernière génération de Mercedes-Benz a un p'tit côté hot-rod qui m'avait déjà emballé dans la C43 et qui confère à la ML430 des accélérations impressionnantes. Des chevaux en quantité, du couple à revendre et une sonorité très américanisée sont la norme dans ce V8, pourtant bien germanique.

Cela n'est rien toutefois à côté du ML55, la version superperformante de ce 4X4 qui s'ajoute à la gamme pour l'an 2000. Élaboré par la firme AMG qui, en étroite collaboration avec Mercedes, se spécialise dans la création de versions haute performance des produits de la firme allemande, le ML55 est doté du même moteur que la berline E55. Présenté au Salon de Detroit l'an dernier sous la forme d'un prototype, le ML55 AMG ne sera construit qu'à 2000 exemplaires.

L'âme de ce SUV (Sport Utility Vehicle) est évidemment son gros V8 de 5,5 litres développant 342 chevaux et 376 lb-pi de couple. Alors que le ML430 bondit de 0 à 100 km/h en 7,5 secondes, ce ML55 à la sauce AMG franchit la même distance en moins de 7 secondes, soit presque aussi rapidement qu'une Porsche Boxster. Ce n'est rien de moins que l'utilitaire sport le plus rapide au monde.

UNE QUALITÉ DE CONSTRUCTION À LA HAUSSE

Mais revenons à notre ML430... Alors que mon premier essai d'un ML, le 320, s'était avéré décevant, celui de ce nouveau modèle m'a laissé de bien meilleures impressions. On devine que la chaîne de montage de l'usine de Tuscaloosa en Alabama est beaucoup mieux rodée et que la qualité de construction a fait des progrès considérables. Comme je l'ai écrit plus haut, on n'a toujours pas l'impression de conduire un produit Mercedes, mais l'assemblage est carrément plus soigné. Seul le plastique semble un peu trop omniprésent dans l'habitacle.

Quand on aligne autour de 60 000 $ pour un ML430, on se soucie assez peu de la consommation d'essence. Qu'importe, il est bon de savoir que comme la grande majorité de ses congénères, cet utilitaire sport avale en moyenne 16,5 litres d'essence aux 100 km. Dans le cas présent, on peut au moins se consoler en sachant que la puissance disponible fait du ML430 le hot-rod des 4X4. On devra toutefois se méfier de la panne sèche, car le réservoir de 72 litres s'épuise vite en conduite difficile.

À ce propos, l'utilisation d'une gamme de vitesses démultipliées (low range) se fait aisément au moyen d'un bouton et s'annule automatiquement à partir d'une certaine vitesse. La transmission automatique à 5 rapports contrôle parfaitement la puissance transmise en permanence aux 4 roues motrices.

Sur des sentiers étroits, le conducteur de ML appréciera aussi le diamètre de braquage assez court. Il sera peut-être moins clément pour les pneus d'origine, des Dunlop P275/55R17, dont les rainures s'emplissent facilement de neige en hiver, rendant la tenue de route en virage et le freinage aléatoires. Un pneu mieux adapté améliorera probablement le comportement du ML430 sur des routes enneigées. Et puisqu'il est question d'hiver, les ingénieurs de Mercedes-Benz devront absolument refaire leurs devoirs en ce qui a trait au chauffage et aux essuie-glaces intermittents. Le chauffage au niveau des pieds se révèle insuffisant et le quadruple balayage des essuie-glaces lorsqu'on sollicite le lave-glace ne fait que barbouiller le pare-brise. Et pendant qu'on y est, serait-il possible de mieux différencier la multitude de petits boutons noirs dont l'uniformité nuit à la bonne ergonomie du véhicule? Ah oui, le porte-verres à la gauche du conducteur n'est pas non plus la plus géniale des idées.

Si je me montre aussi pointilleux à l'égard du nouveau ML430, c'est qu'il arbore l'étoile à trois pointes qui a toujours été un gage de perfection chez Mercedes-Benz. Sous plusieurs aspects, les normes rigoureuses de la marque allemande sont respectées. Les sièges sont d'un confort absolu et les instruments du tableau de bord facilement lisibles. La banquette arrière peut recevoir trois personnes sans mal et la qualité de l'éclairage auxiliaire rend la conduite nocturne très sécuritaire.

Il faut simplement se rappeler que ce 4X4 est un produit conçu pour répondre aux besoins américains. Ce constat revient constamment à l'esprit quand on conduit le ML430, surtout au moment de s'engager dans un stationnement souterrain, probablement le seul endroit où ce Mercedes-Benz est quelquefois incapable de passer.
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