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VOLKSWAGEN LUPO 3L 2000

VOLKSWAGEN LUPO 3L 2000

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Feux verts
Feu vert

Feux rouges
Feu rouge

  • Consommation infime
  • Faible taux de pollution
  • Confort étonnant
  • Transmission à trois modes
  • Beau tableau de bord
  • Piètre accélération en mode ECO
  • Vibrations du moteur à bas régime
  • Coffre de faible volume
  • Non vendue en Amérique

100 MILLES AU GALLON... QUI DIT MIEUX?

J'ai conduit la voiture la plus économique au monde et ce n'était ni un hybride ni un véhicule électrique. L'objet de cet exploit est une Volkswagen dont la mise au point a exigé neuf ans de travail, selon le Dr Ferdinand Piëch, ce visionnaire qui préside aux destinées de la marque allemande. En 1991, celui-ci avait annoncé officiellement le lancement avant l'an 2000 d'une voiture qui consommerait moins de 3 litres aux 100 km, un défi de taille. Or, cette supermini qui consomme de l'essence à la petite cuillère vient de faire son entrée sur le marché européen sous le nom de Lupo 3 litres et la technologie qui lui permet de réaliser une telle « performance » pourrait être appliquée à des modèles vendus ici.

L'appellation n'a rien à voir avec la cylindrée du moteur, puisque cette championne de la modération est propulsée par un 3 cylindres turbodiesel (TDI) à injection directe de 1,2 litre dont les particularités sont nombreuses.

En plus d'un bloc en aluminium, il est doté d'une turbine à géométrie variable, d'un refroidisseur d'air d'admission et d'injecteurs reliés à une pompe individuelle logés dans la culasse et entraînés par l'arbre à cames. Il s'agit là d'une nouvelle technologie qui permet d'injecter le carburant à une pression excédant 2000 bars.

CHUT... LE MOTEUR

Ce qui frappe davantage l'imagination toutefois, c'est le mode « arrêt-départ » du moteur qui, dès que la voiture est immobilisée pendant plus de 4 secondes, s'arrête tout seul lorsqu'on appuie sur le frein. Il suffit de relâcher la pédale pour que le petit 3 cylindres de la Lupo se remette en marche. En plus, en phase de décélération, l'embrayage se désengage de lui-même, permettant à la voiture de circuler en roue libre. L'autre caractéristique unique de la Lupo 3L est sa boîte de vitesses séquentielle à 5 rapports. C'est en réalité une boîte manuelle sans embrayage dont les rapports sont passés automatiquement au régime le plus favorable à l'économie de carburant.

Si 60 p. 100 de la frugalité de la Lupo 3L est attribuable au moteur, la carrosserie joue aussi un rôle important dans cette course à l'économie grâce à une sérieuse diminution du poids. À cette fin, tous les accessoires motorisés ont été mis de côté et on a fait appel à des matériaux ultralégers tels que l'aluminium et le magnésium qui entrent dans la composition du volant et du hayon arrière. On s'est également beaucoup attardé à l'abaissement de la résistance de roulement en ayant recours à des pneus à faible friction. Résultat: la Lupo 3L ne pèse que 830 kg.

J'ai eu l'occasion d'essayer la Lupo 3 litres sur un trajet de 236 km qui s'est transformé en un véritable concours d'économie entre les journalistes invités au lancement. Et dois-je ajouter que votre serviteur et son copilote Tony Whitney, de Vancouver, ont « humilié » le contingent américain avec l'incroyable moyenne de 2,79 litres aux 100 km, l'équivalent de 101,25 milles au gallon. Et cela sans chercher l'économie à tout prix en roulant à une allure de tortue. La randonnée incluait la traversée de plusieurs villages de l'ancienne Allemagne de l'Est, entre Braunschwaig et Berlin.

La motorisation impose naturellement certains petits sacrifices et le passage électronique des vitesses, entre autres, crée une espèce de « trou » à l'accélération qui donne l'impression que la voiture est conduite par un débutant. C'est en mode ECO que ce léger désagrément se manifeste; il suffit de mettre le levier de vitesses en position Tiptronic pour accélérer le passage des rapports. On y perdra en économie, mais pas pour la peine, comme nous avons pu le constater par la « prouesse » du collègue Tony Swan qui a choisi de rouler à fond tout au long de l'essai. Il a terminé dernier la course à l'économie, mais n'a tout de même pas excédé 4,64 litres aux 100 km, ce qui est assez significatif. Bref, l'écart entre une conduite superéconomique et une conduite sans aucune modération est remarquablement mince. En revanche, le principe « arrêt-départ » n'est pas incommodant et même plutôt relaxant lorsque le moteur se tait, éliminant toute source de bruit. Sa relance, instantanée dès qu'on relâche le frein, ne pose absolument aucun problème.

Ce qui m'a surtout étonné toutefois, c'est la très faible résistance de roulement de la voiture. Lorsqu'on relâche l'accélérateur, ne serait-ce qu'à 70 km/h, la petite Lupo 3L continue à rouler sur son élan pendant une quasi-éternité, au point où il faut constamment utiliser les freins pour ne pas heurter les voitures qui ralentissent devant vous.

EXEMPTE DE TAXE

Après avoir expérimenté cette Volkswagen Lupo 3L, on s'interroge sur la pertinence des voitures électriques ou hybrides avec toutes leurs contraintes. Sa consommation de 3 litres aux 100 km, avec un taux de pollution moins élevé que celui de n'importe quelle voiture à essence actuellement sur le marché, remet en question la nécessité d'une Toyota Prius hybride, par exemple. Pour récompenser les qualités environnementales de la Lupo 3L, c'est-à-dire sa faible consommation et la propreté de son diesel, le gouvernement allemand a d'ailleurs exempté la voiture de toute taxation pendant six ans et huit mois, une économie d'environ 1500 $ pour le consommateur.

Et il ne faut surtout pas perdre de vue que la nouvelle technologie mise au point par le constructeur allemand est applicable sur n'importe quel format de voiture, petite ou grande. Les écologistes ne verraient sûrement pas d'un mauvais oeil une Passat peu polluante et consommant moins de 5 litres aux 100 km. À suivre avec grand intérêt...

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