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Assumer les risques du métier...

Assumer les risques du métier...

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Les récents blogues de mes collègues d’Auto123.com, Mathieu St-Pierre et Miranda Lightstone sur les étonnantes différences entre la conduite automobile entre l’Amérique du Nord et le reste du monde, m’ont fait songer que ces disparités s’appliquent aussi en sport automobile.

Au volant de la Peugeot 307 WRC (Photo: DPPI)

Évidemment, tout le monde sait que l’Europe est la patrie des circuits routiers, tandis que les États-Unis est la contrée des ovales. Ça, c’est bien connu.

Mais je veux parler de frontière idéologique. Ici, par peur d’éventuelles poursuites judiciaires, il faut, nous, journalistes, signer des formulaires de décharges, des « waivers », qui sont sensés nous protéger et empêcher des recours en cas d’accident.

Lorsque j’ai suivi le cours de pilotage de rallye de Team O’Neal au New Hampshire le mois dernier, j’ai dû signer un formulaire de ce genre.

Quand j’ai effectué des tours du circuit Gilles-Villeneuve comme passager d’un stock-car de l’école Richard Petty Driving Experience, j’ai aussi dû signer un formulaire.

Quelle différence avec l’Europe où je n’ai jamais signé un tel document !

J’ai eu la chance de piloter des voitures de course passablement exotiques et extrêmement chères sans avoir signé un seul document légal! Tout reposait sur une affaire de confiance mutuelle.

J’ai piloté une véritable voiture de Formule 1, une Larrousse-Ford V8 ex-Érik Comas de 1994 sur le circuit de Magny-Cours en 1999 et je n’ai rien signé ! Au fait, combien coûte une monoplace de F1 ?

Un peu plus tard, j’ai pris moi-même le volant d’une authentique Peugeot 307 WRC d’usine du Championnat du monde des rallyes, et je n’ai, encore une fois, rien signé. On me faisait totalement confiance alors que j’allais prendre le volant d’un bolide valant, au bas mot, 750 000 $ !

Formule Renault V6 sur le circuit de Barcelone (Photo: Archives Rene Fagnan/Auto123.com)

Sur le circuit de Barcelone en Espagne, j’ai aussi piloté une Formule Renault V6 lors d’une séance d’essais officiels de cette série. En dépit de rouler avec les jeunes ténors de la série, je n’ai encore une fois signé aucun document. Et cette voiture s’élevait à au moins 250 000 $ !

Au fil des ans, j’ai eu la chance de conduire près d’une quarantaine de voitures de course, sans jamais parapher un seul document officiel. Et je n’en ai jamais endommagé une seule.

Vous comprendrez ainsi mon grand étonnement quand on m’a poliment demandé de signer un formulaire de décharge, alors que je m’apprêtais à conduire une Ford Fiesta de série valant 14 000 $ !

Par conséquent, il faut croire que le risque est assumé de façon fort différente des deux côtés de l’Atlantique !

Arrows A18 de Formule 1 sur le circuit de Valencia. (Photo: Michelin)