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Au-delà des blessures et de la douleur

Au-delà des blessures et de la douleur

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Il y a de cela une quinzaine de jours, le monde du sport automobile a été stupéfait par la nouvelle de l'accident dont avait été victime la pilote espagnole Maria de Villota.

En début d'année, la petite écurie de Formule 1 Marussia avait annoncé que Maria, la fille de l'ancien pilote privé de F1 Emilio de Villota, serait son pilote d'essais pour la saison 2012.

Le jeune femme possédait une bonne expérience de la compétition automobile, mais n'avait jamais couru dans les séries de développement majeures comme le GP2 ou la Formule 3. Sa nomination ne reposait probablement pas sur les qualités de pilote, mais essentiellement sur sa personnalité et ses éventuelles retombées médiatiques. Pas de doute toutefois : Maria de Villota disposait les qualités requises pour effectuer ce travail.

Maria de Villota
Photo: WRI2

L'accident est survenu lors d'essais aérodynamiques tenus sur l'aérodrome de Duxford en Grande-Bretagne. De retour à l'auvent de l'équipe après un essai à haute vitesse, la Marussia MR01 a soudainement accéléré pour aller percuter, à environ 60 km/h, la plateforme d'un camion de l'écurie.

La pauvre Maria a frappé le rebord de la plateforme avec son casque. Elle a subi de graves blessures à la tête et a perdu son œil droit.

Lundi le 16, l'écurie publiait un communiqué de presse aux mots attentivement choisis. Celui-ci indique que les analyses approfondies effectuées par Marussia révèlent que l'accident n'a pas été provoqué par un ennui technique.

Cela signifie donc que c'est l'Espagnole qui a effectué une erreur.

Qu'est-il donc arrivé ? Bien difficile de le prouver. Le plus probable est que Maria n'ait pas sélectionné le neutre quand elle est revenue à basse vitesse à l'auvent. La centrale de gestion électronique d'une F1, très complexe, est munie d'un dispositif d'anticalage qui empêche électroniquement le moteur de caler si le régime moteur chute trop bas.

Ainsi, la voiture étant en vitesse, fort probablement en première, elle a soudainement accéléré. Le temps de réagir aux commandes d'une voiture qu'elle ne connaissait presque pas, et Maria venait déjà de percuter le camion. Car n'oubliez pas que le volant est couvert de boutons, interrupteurs et molettes d'ajustement. En un dixième de seconde, pas facile de trouver et d'appuyer sur le petit bouton marqué « N ». Et l'embrayage n'est pas au pied, mais manuel au volant...

On peut aussi supposer que cette recherche poussée d'un éventuel souci technique par Marussia a plutôt servi à se protéger d'une poursuite de la part de la famille et de l'assureur de la pilote. Car si la technologie de la voiture avait été mise en cause, une poursuite légale aurait été possible. Maintenant, toute la responsabilité repose sur les épaules de la pauvre Maria qui a lutté pour sa survie et qui se remet doucement de deux opérations de reconstruction faciale majeures.

Sa courte carrière est déjà terminée. Bonne chance Maria.