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C'est quoi une auto canadienne?

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Il y a des gens qui prétendent reconnaître le sexe des autos. Mon voisin, par exemple, affirme qu’une Miata ou une New Beetle sont des autos de femmes, alors qu’une Challenger et un Dodge Ram sont naturellement des véhicules de gars.

Lorsque je demande à ce sexologue de pacotille de jouer au sociologue un instant, en donnant un exemple d’auto « canadienne », avec égale assurance il répond : Chevrolet Camaro. Logique : le modèle actuel est bâti à Oshawa , alors que le précédent provenait de Boisbriand, deux villes canadiennes.

Alors, je lui pose la question qui tue : « Dans ce cas, la Hyundai Sonata, qui était assemblée à Bromont de 1990 à 1994, c’était aussi une auto canadienne? » Son visage se crispe, sa tête hoche frénétiquement de gauche à droite, puis il crache un « Ben nooon! » convaincu. « C’est un char asiatique. C’est pas pareil. »

Mais ce quinquagénaire, fidèle acheteur « d’américaines », ignore que sa Chevrolet Aveo acquise l’an dernier est un produit conçu et fabriqué en Corée du Sud, alors que le Dodge Journey qui transporte son fils et sa petite famille provient de Toluca, au Mexique. De vraies américaines, ouais.

À l’instar de son « sexe », l’identité nationale d’une auto demeure un concept empreint d’un flou artistique. C’est justement ce que le Musée des sciences et de la technologie du Canada à Ottawa tentera de démontrer avec sa nouvelle exposition permanente intitulée : « À la recherche de la voiture canadienne ».

Dans la salle du musée qui lui est consacrée, une Toyota Corolla 1989 côtoiera, entre autres, une LeRoy 1903, une Volvo 740 1989, une Bricklin SV-1 1975 et une Manic GT 1971. Cette collection thématique comprendra même une Coccinelle 1960 et une Prius 1998, toutes deux qualifiées de « canadiennes » par certains concitoyens qui reconnaissent ainsi leur succès commercial respectif!

Chacune des voitures exposées constituera donc une piste de solution à l’interrogation identitaire. Mais, si McLuhan a comparé le Canada à une mosaïque culturelle, les interprétations tordues de mon voisin me portent à comparer l’identité nationale d’une auto à un vulgaire barbouillage! Qui sait, l’exposition d’Ottawa aura peut-être mieux à me proposer en guise de définition…