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Subaru Winter Experience 2020 : l’art de valser sur un lac gelé

Eagle River, Wisconsin – Il faut parfois faire preuve de courage pour prendre l’avion en plein hiver – surtout après une belle bordée de neige comme ce fût le cas en ce lundi matin du mois de février – pour se rendre dans l’État du Wisconsin, aux États-Unis.

Ce périple qui aurait normalement dû prendre une douzaine d’heures avec les pauses dans deux aéroports aura finalement nécessité plus de 22 heures au final, tout cela à cause de troubles mécaniques avec l’aéronef stationné à Montréal. Voilà un bon exemple des imprévus désagréables de cette profession qui consiste à suivre tout ce qui entoure le monde automobile.

Heureusement, après trois vols et 45 minutes de taxi à bord d’un fourgon d’une provenance assez louche, le rustique Chanticleer Inn, notre logis pour ces deux journées loin de la maison, nous attendait paisiblement à cette heure tardive de la nuit. Le lendemain, une journée de conduite sur glace nous attendait à quelques pas seulement de l’établissement hôtelier du Wisconsin.

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Photo : V.Aubé

Baptisé Subaru Winter Experience, l’événement de conduite sur glace en était déjà à sa troisième année d’existence, le programme qui a été mis sur pied par l’équipe FlatOut, une compagnie suédoise spécialisée dans la mise sur pied d’événements reliés à la course automobile, sans oublier l’apport de l’école américaine de pilotage DirtFish, basée dans la région de Seattle.

L’événement chapeauté par le constructeur sert bien entendu d’excuse aux participants qui désirent parfaire leur technique de pilotage sur une surface hyper glissante, mais aussi à illustrer les capacités surprenantes des véhicules de la marque.

L’autre mission avouée du Subaru Winter Experience consiste à entretenir l’engouement des consommateurs envers le penchant sportif de Subaru qui regroupe notamment le coupé BRZ, mais aussi les berlines WRX et WRX STi, cette dernière qui a marqué l’histoire moderne du rallye international avec son gros aileron arrière et sa coloration bleue et jaune.

Photo : V.Aubé

Un, deux ou trois jours?
Avant d’énumérer les principales étapes de cette journée de pilotage, il est important de souligner que le programme peut s’étirer sur plusieurs journées (jusqu’à concurrence de trois), selon les ambitions du participant. Autrement dit, il est possible de s’inscrire à une formation de trois jours beaucoup plus approfondie (et plus coûteuse), cette option allongée qui permet au conducteur de pousser un peu plus la note sur le circuit gelé.

Une journée sur le lac
Après un bon déjeuner, les participants sont invités à prendre place à bord d’une des deux voitures utilisées dans le cadre du cours. Le sort a voulu que j'amorce cette expérience au volant du coupé BRZ, une voiture sport qui ne constitue certainement pas le premier choix des consommateurs pour rouler en hiver à cause de ses roues arrière motrices.

Heureusement, la Subaru BRZ vient d’emblée avec un différentiel à glissement limité, une composante qui facilite grandement les déplacements en hiver, à cause de la motricité accrue par ces deux roues arrière qui travaillent en tandem.

Photo : V.Aubé
Photo : V.Aubé

Toutefois, les voitures présentes à cette journée de formation de conduite étaient équipées en prime de pneus d’hiver cramponnés issus du catalogue de la marque Lappi, une compagnie suédoise. Notez tout de même que ces pneus d’hiver ne sont pas autorisés à rouler sur les routes nord-américaines, l’écusson DOT qui brille par son absence sur le flanc de ceux-ci.

De plus, les crampons d’une longueur de 3 mm ont sans contredit amélioré la motricité des véhicules utilisés pour cette journée de conduite.

Des exercices de base
Au volant du coupé, les conducteurs doivent faire preuve d’un peu plus de doigté, le train arrière qui cherche constamment à passer devant. Un exercice de slalom a d’ailleurs permis de constater que la BRZ peut facilement être contrôlée avec ou sans les filets de sécurité (contrôle de stabilité et antipatinage). Après quelques passages, on se sentait franchement en plein contrôle.

Photo : Subaru

Au deuxième exercice, c’est au tour de la Subaru WRX STi de servir de cobaye pour une manœuvre d’évitement en freinage. Les conducteurs sont invités à accélérer jusqu’à une vitesse de 40 milles à l’heure (64 km/h), puis de freiner brusquement tout en évitant l’obstacle délimité par une série de bâtonnets logés à même la glace.

Même si l’exercice ne dure que quelques secondes, on se rend bien compte que la berline est une bête bien différente du coupé BRZ, non seulement à cause de son rouage intégral, mais également par sa mécanique turbocompressée et même la sonorité plus rauque de son 4-cylindres à plat. Même la colonne de direction s’avère plus lourde, un commentaire qui s’applique aussi au maniement de son levier de vitesses.  

En piste
Après la pause matinale, on passe aux choses sérieuses, les participants qui sont une fois de plus divisés en deux sous-groupes. D’un côté, les BRZ s’approprient une portion du circuit aménagé, tandis que de l’autre, les berlines WRX STi  prennent s’assaut les nombreuses courbes de cette piste aménagée. Cette fois-ci, c’est au volant de la berline que j’ai pu découvrir les vertus de la voiture phare de l’alignement Subaru.

Photo : Subaru

Contrairement à la BRZ, la WRX STi est un monstre de motricité, le rouage intégral à prise constante qui facilite grandement les coups de volant du conducteur. En effet, un essai d’une Subaru WRX à boîte CVT sur le même circuit (un peu plus tard) a révélé cet avantage de la livrée STi face à son équivalente plus sage : lors des dérapages, je n’avais pas à travailler aussi fort pour maintenir l’angle de dérapage et la trajectoire désirée.

En plus de sa direction très précise, la WRX STi freine plutôt bien, malgré la surface glacée. Remarquez, les griffes installées sur les pneumatiques aident énormément ici. Quant à la puissance de sa mécanique 4-cylindres à plat turbo de 2,5 litres (310 ch), elle est merveilleusement calibrée pour le châssis de cette berline nipponne. Nous avons aussi pu le constater lorsque le pilote-organisateur Patrik Sandell, membre officiel de l’équipe de SRTUSA (pour Subaru Rally Team USA), a démontré toute l’étendue de son talent avec des tours de piste à haute vitesse… et haute précision!

Un mot sur la WRX : les deux berlines WRX présentes à cette journée de pilotage étaient réservées aux instructeurs, mais nous pouvions également faire l’essai de la berline plus docile. Outre la puissance moindre et la direction électrique un peu moins convaincante dans les virages serrés, c’est la boîte de vitesses à variation continue qui s’est démarquée dans ce cas-ci, et pas nécessairement pour les bonnes raisons. Disons seulement que celle-ci se comportait à la manière d’un interrupteur. Chaque pression du pied droit se transformait en une montée vertigineuse du régime moteur. La WRX STi oblige peut-être son conducteur à conduire avec trois pédales, mais les montées en régime sont beaucoup plus progressives.

Photo : Subaru

L’autre bolide à l’essai, le coupé BRZ, a une fois de plus démontré qu’il est possible de conduire une sportive à roues motrices arrière à haute vitesse sur une surface à adhérence réduite. Même qu’à la fin de la journée, mon collègue et moi avions abandonné toute aide à la conduite pour parfaire les dérapages sans intervention de l’électronique. La BRZ est moins permissive que les berlines à quatre roues motrices, et c’est ce qui fait son charme! De plus, la mécanique atmosphérique se comporte différemment des blocs turbocompressés.

Le mot de la fin
À 1295 en fonds américains, la formation de pilotage n’est évidemment pas à la portée de toutes les bourses. À ce prix, le participant a bien entendu accès au lac, mais a également droit à un repas gastronomique à l’heure du midi. Les tarifs sont sans surprise plus élevés pour les programmes de deux ou trois jours, ceux-ci qui comprennent aussi l’hébergement et quelques autres repas servis par le chef maison, Daniel.

Photo : Subaru

Il s’agit néanmoins d’une aubaine quand on compare avec ce que d’autres constructeurs offrent en Amérique du Nord, Subaru étant une marque généraliste contrairement aux divisions allemandes de prestige qui vendent ce type d’expérience aux États-Unis et au Canada.

Le hic, pour les consommateurs canadiens du moins, c’est que ce prix n’inclue pas les frais de transport. Et pour le moment, le Subaru Winter Experience n’est pas destiné à traverser la frontière, même si le principal intéressé, Patrik Sandell, n’a pas fermé la porte sur cette option.

Photo : Subaru
Photo : V.Aubé
Photo : V.Aubé
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Photo : V.Aubé
Photo : Subaru