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Nissan et la COVID-19 : six transformations du travail causées par la pandémie

La pandémie qui frappe la planète affecte à peu près tous les domaines d’activités, y compris l’industrie automobile qui en prend pour son rhume. Pour les constructeurs, c’est simple, la situation est catastrophique. Quantité d’usines sont fermées, nombre de fournisseurs sont à l’arrêt, les concessionnaires sont plus qu’au ralenti, bref, la situation pourrait difficilement être plus compliquée.

Cependant, tous sont forcés d’avancer. Le développement de nouveaux véhicules, de nouvelles technologies, de concepts, etc., tout finira par se réaliser. Et lorsque la machine sera appelée à repartir, il faudra retrouver le rythme de croissance d’avant.

On fonctionnera peut-être autrement, aussi. La crise sert de leçon à tous. Chez Nissan, on a dû s’adapter, comme ailleurs, et certains des apprentissages sont intéressants.

Bob Flotkoetter, directeur de la planification et de la recherche technologiques au Nissan Technical Center North America
Photo : Nissan
Bob Flotkoetter, directeur de la planification et de la recherche technologiques au Nissan Technical Center North America

La semaine dernière, la firme a convié une poignée de médias canadiens à une table ronde virtuelle en compagnie de Bob Flotkoetter, le directeur de la planification et de la recherche technologiques au Nissan Technical Center North America, afin que l’on puisse échanger sur la situation actuelle. Nous avons accepté l’invitation afin de voir si nous pouvions y apprendre quelque chose d’intéressant.

Au final, six éléments ont retenu notre attention.

1 — Le télétravail… autrement

Le télétravail est fortement encouragé par les temps qui courent et il est facile de comprendre pourquoi. Ça existait avant, mais jamais à l’échelle où c’est actuellement pratiqué. Pour un constructeur, on peut facilement imaginer plusieurs corps de métier travailler de la maison. Un designer, par exemple, ou encore un planificateur de produits. Mais qu’en est-il de tous ceux qui travaillent avec du matériel qui n’est accessible que sur place, en usine ou au bureau ?

Une anecdote racontée s’est avérée éclairante. Lors de la fermeture annoncée, un des employés qui travaillait sur des faisceaux de câbles a emporté le matériel nécessaire à la maison afin de pouvoir poursuivre son travail. Certes, il a dû aménager un espace chez lui afin de reproduire son poste de travail, mais il a été en mesure de poursuivre ses activités.

Jeremy Chambers, du Nissan Technical Centre North America, avec son équipement à domicile
Photo : Nissan
Jeremy Chambers, du Nissan Technical Centre North America, avec son équipement à domicile

Qu’en sera-t-il après la pandémie ? On peut deviner un retour à la normale, mais on peut aussi imaginer qu’on sera plus créatifs afin de permettre à des employés de travailler de la maison, surtout dans un contexte où la distanciation sociale sera de mise en attendant une solution au problème actuel. Nissan mentionne avoir déjà des politiques en place en la matière, mais on regardera certainement de quelle façon on pourra améliorer les choses.

Et ce qui vaut chez Nissan vaut partout ailleurs. Tous devront montrer plus d’ouverture et de créativité pour fonctionner autrement.

2 — Des essais routiers transformés

Il n’y a pas que les journalistes automobiles qui mettent des véhicules à l’essai. Bien avant que ces derniers nous parviennent, des équipes au sein des constructeurs les soumettent à des batteries de tests afin d’en évaluer de multiples composantes.

Chez Nissan, dans la région de Détroit, ces tests se poursuivent toujours, mais la pandémie est venue transformer leur nature. D’abord, plutôt que de se retrouver à deux à bord des véhicules essayés, on doit se limiter à une seule personne. Ça va jusque-là.

Le fait amusant, c’est que normalement, on va se lancer dans la circulation à l’heure de pointe afin d’évaluer le comportement de la voiture sous de telles conditions, notamment la consommation de carburant. Or, avec le confinement, il n’y a plus de bouchons de circulation. Qui eût cru une telle chose possible ? Peut-être devra-t-on trouver de nouvelles façons de réaliser ces évaluations.

Andy Christensen, Nissan Technical Centre North America, l'mprimerie 3D
Photo : Nissan
Andy Christensen, Nissan Technical Centre North America, l'mprimerie 3D

3 — Préserver la salubrité

Questionné à savoir s’il était possible pour les employés de se rendre au bureau ou à n’importe quelle installation afin d’aller chercher du matériel dans l’objectif de poursuivre le travail à la maison, Bob Flotkoetter a amené un point intéressant. « Les politiques sont strictes quant à l’accès aux lieux de travail. Ça peut être autorisé, mais seulement en cas d’extrême nécessité. Ce qui est important, c’est d’éviter une contamination des lieux. »

En effet, en plus des coûts reliés à la pandémie, peut-on imaginer ceux nécessaires pour désinfecter des installations, voire une usine ?

Et c’est sans oublier la sécurité de tous qui doit être préservée. Et, encore une fois, voilà un élément qui sera à surveiller dans tous les domaines ; la décontamination de lieux infectés.

4 — l’envers du télétravail

L’être humain fonctionne souvent avec des habitudes bien ancrées. C’est le cas à la maison, mais surtout en milieu de travail. Le coronavirus est venu chambouler tout ça et le cas du travail de certains ingénieurs, soulevé par notre hôte, nous amène à nous poser quelques questions.

Bob Flotkoetter mentionnait que ces derniers n’avaient pas l’habitude de travailler sur des projets à la maison. Au bureau, ils sont en constante communication avec d’autres départements et c’est ainsi qu’ils réalisent leur travail. Or, confinés à la maison, ils n’ont d’autres choix que de bosser autrement. Ce que certains ont constaté, c’est qu’ils travaillaient plus, car leur ordinateur est toujours accessible. On s’intéresse à savoir si cette nouvelle pratique améliore la production.

On comprend la réaction de Nissan, naturelle. On ne l’accuse pas, non plus, de chercher à tout moyen d’augmenter la productivité. Cependant, on se questionne à notre tour sur la notion même. Si le confinement nous a appris une chose, c’est qu’on menait un peu des vies de fou où le temps nous manque souvent.

Le télétravail, qui nous permet de passer plus de temps à la maison, a-t-il des effets pervers pour certains en nous faisant travailler davantage ? Si on l’encourage davantage après la pandémie, forcera-t-on des gens à travailler davantage ? La question mérite d’être posée et elle fera assurément l’objet d’une réflexion profonde une fois le retour à la « normale » observé.

Photo : D.Boshouwers

5 — Une situation mondiale

On sait très bien que les usines sont à l’arrêt et que ça fonctionne au ralenti dans les bureaux des constructeurs. Chez Nissan comme ailleurs, on fait tout pour ne pas ralentir le développement. On nous a assuré que pour l’instant, aucun changement n’était survenu quant à la planification et l’arrivée de nouveaux produits ou de nouvelles technologies.

Cependant, on doit tenir compte de l’approvisionnement mondial pour aller de l’avant. Redémarrer la machine en Amérique du Nord implique que les fournisseurs, qu’importe leur provenance, aient aussi repris leurs activités.

La relance, lorsqu’elle surviendra, devra être une entreprise coordonnée sans précédent.

6 — Qu’est-ce que ça va changer ?

On sait que plusieurs choses vont changer une fois la vie « normale » revenue. On n’essaiera pas de jouer les devins ici. On nous a cependant partagé quelques informations qui nous permettent d’imaginer le genre de changements qui pourraient survenir avec la conception de véhicules.

Par exemple, de quelle façon pourrait-on entrevoir des habitacles qui seraient dotés de matériaux qui s’avéreraient plus faciles à nettoyer ou moins propices à l’accumulation de microbes ou de particules ? Le côté sanitaire sera assurément sur toutes les lèvres lorsqu’on va s’attarder à la conception de nouveaux modèles.

Selon Bob Flotkoetter, nous allons assister à de nombreuses innovations qui découleront des réflexions qui auront à leur tour été causées par la COVID-19. Il est cependant beaucoup trop tôt pour savoir lesquelles.

Ce qu’on sait, c’est que ça va changer.