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F1: Allen Berg se souvient des terribles F1 turbos de 1000 chevaux

F1: Allen Berg se souvient des terribles F1 turbos de 1000 chevaux

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Bien que souvent oublié, le Canadien Allen Berg, natif de Calgary dans l’ouest du pays, a disputé une partie de la saison 1986 de Formule 1 aux commandes d’une Osella à moteur Alfa Romeo V8 turbo.

Après une bonne saison passée en Formule 3 britannique à se battre contre Ayrton Senna et Martin Brundle, Berg s’est vu offrir la chance de courir en F1 en 1986. Comme il l’affirme lui-même, il s’agissait d’une chance qu’il ne pouvait pas laisser tomber.

Marc Surer, pilote Arrows F1, venait d’être sérieusement blessé dans un accident de rallye. Christian Danner, qui était chez Osella, avait alors accepté de changer d’écurie. Le manager de Berg, Michel Koenig, était en contact avec Enzo Osella pour obtenir ce volant.

« J’ai passé le week-end du Grand Prix du Canada à Montréal avec Osella. Enzo et moi avons signé le contrat dans les anciens garages du circuit lundi matin sur un tonneau d’essence ! En fait, il a pris le contrat de Danner, barré son nom et écrit le mien », de raconter Berg à Auto123.com.

Allan Berg, Osella-Alfa Romeo (Photo: WRi2)

« Je me suis donc retrouvé en F1 avec la plus petite écurie, le moteur le moins puissant, un châssis à la technologie dépassée et sans être capable d'effectuer le moindre essai. Ma première course fut à Détroit, sur un circuit urbain bordé de murs de ciment », raconte Berg.

« La Osella, qui ne pesait que 1200 livres (545 kg) disposait d’environ 950 chevaux en qualification et de 850 en course. L’accélération était tout simplement phénoménale. Je pouvais faire patiner les pneus froids en 5e vitesse à 200 km/h ! La force de freinage était hallucinante avec les énormes ailerons. Lever le pied de l’accélérateur me projetait vers l’avant comme si je freinais d’urgence avec une voiture de série », de poursuivre Berg.

« À Détroit, si je suivais une autre voiture, je perdais complètement l’appui à l’avant. Je braquais le volant, mais la voiture ne tournait pas ! Elle allait tout droit ! Et avec tous ces murs, c’était vraiment limite… », de sourire Berg.

« Le moteur turbo Alfa Romeo ne facilitait pas les choses. Il était anémique sous les 7500 tours/minute. À 8000 tours, la puissance commençait à arriver et à 8500 tours, les 950 chevaux arrivaient d’un coup ! L’accélérateur fonctionnait comme un interrupteur. C’était tout ou rien, » de raconter Berg.

Dépourvues de suspension, de direction assistée et munies d’un levier de vitesses, les voitures de F1 de cette époque étaient terriblement physiques à conduire.

« Je perdais entre 8 et 10 livres (soit environ 3 et 4 kg) durant les courses, et je terminais habituellement avec les mains et les pieds couverts d’ampoules. Je me souviens que dans le virage Bosch de l’Österreichring en Autriche, je devais passer de la 4e à la 5e vitesse en plein milieu du virage. J’avais besoin de toute la force de mon bras gauche, et tout mon courage, pour tenir le volant d’une main afin de changer de rapport ! », de nous raconter Berg.

Allen Berg a disputé 9 Grands Prix cette saison, avec comme meilleur résultat une 12e place acquise en Allemagne.

« J’ai eu des discussions avec plusieurs équipes auxquelles les brasseries Labatt étaient impliquées. Mais le Grand Prix du Canada fut retiré du calendrier 1987, ce qui m’a fait perdre toute chance de trouver du financement canadien pour poursuivre en F1 », de conclure Allen Berg.

Par la suite, Allen Berg a relancé sa carrière au Mexique, obtenant le titre de la Formule 2 Chrysler en 1993. Il a ensuite raccroché son casque et ouvert son école de pilotage, Allen Berg Racing Schools, qui opère depuis deux circuits: Auto Club Speedway en Californie et Varsity Chrysler SpeedPark à Calgary.