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La distraction au volant - problèmes et solutions

La distraction au volant - problèmes et solutions

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Aucune réglementation fédérale n'est en place, mais Ford, Honda et d'autres constructeurs font preuve d'initiative

Il n'y a pas si longtemps, des dispositifs comme la navigation à commande vocale, les écrans tactiles et les systèmes informatisés parlants étaient davantage associés à Star Trek qu'à l'industrie automobile. Or, ces technologies deviennent de plus en plus présentes et de moins en moins coûteuses. Il se pourrait d'ailleurs que votre prochain véhicule en soit équipé.

Les manufacturiers qui s'adressent au grand public font des pieds et des mains pour rendre plus accessibles les gadgets et les systèmes de pointe normalement réservés aux marques haut de gamme. Nul doute qu'ils nous rendent la vie plus facile au volant, mais gare aux distractions! Utilisés de façon intelligente, ces dispositifs s'avèrent très pratiques; autrement; des accidents peuvent survenir.


Les systèmes de navigation, par exemple, peuvent faciliter les déplacements et vous éviter de vous perdre dans des endroits peu familiers, le tout grâce à une belle voix féminine qui donne des directives. Le problème, c'est qu'il est difficile de ne pas regarder en même temps l'écran de navigation sur le tableau de bord. Les conducteurs qui se laissent trop facilement distraire peuvent alors se retrouver dans de fâcheux draps.

Il en va de même pour les interfaces multifonctions, comme MMI chez Audi et iDrive chez BMW. Une commande centrale (souvent une molette) sert à contrôler des centaines de fonctions à l'écran -- au lieu d'avoir des dizaines de boutons additionnels qui encombrent le tableau de bord. La manipulation de ces systèmes peut devenir intuitive avec le temps, mais il faut quand même naviguer parmi les différents menus pour ajuster des paramètres aussi simples que la radio ou la climatisation.

Dans certains marchés, BMW offre également des véhicules équipés du moteur de recherche Google. Et on ne parle même pas des signaux d'alerte en cas de sortie de voie, des systèmes de freinage pré-collision et des avertissements de distraction pendant que le logiciel se charge.

Aux yeux du gouvernement canadien, ce genre d'équipements fait partie de la «télématique automobile». Ceux qu'on ajoute soi-même après l'achat du véhicule ne sont pas réglementés, alors que les équipements de télématique inclus de série doivent respecter la Loi sur la sécurité automobile.

Selon Transports Canada, les chances que les équipements de télématique entraînent la distraction des conducteurs sont bien réelles et préoccupantes. La distraction au volant est la cause de 20 à 50 % de toutes les collisions et l'usage du cellulaire accroît les risques de collision par 400 %. Bref, il y a un problème évident à régler.

Or, la Loi sur la sécurité automobile est archi désuète et elle ne mentionne que très peu de choses au sujet de la télématique automobile. Certes, la distraction au volant est un phénomène difficile à mesurer ou à analyser sur des bases scientifiques, ce qui complique l'adoption de mesures concrètes pour l'enrayer. Néanmoins, le gouvernement a commencé à se pencher sur la question il y a environ cinq ans.

Il s'agit d'un début et il y a loin de la coupe aux lèvres. Un Protocole d'entente a été élaboré en vue d'approfondir les négociations entre les représentants de l'industrie automobile et le gouvernement canadien afin d'identifier et de tester des pistes de solution.

À la suite de ce Protocole d'entente, l'industrie s'est engagée à incorporer un programme de sécurité dans la conception et le développement des systèmes de télématique automobile -- un programme suivant des lignes directrices définies par les constructeurs et non par Transports Canada. Bref, on parle davantage de recommandations que d'une véritable réglementation.