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Le IndyCar à Québec : Mythe et réalité

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J’étais à Québec il y a de cela une dizaine de jours, et quelle ne fut pas ma surprise de lire à la « Une » du Journal de Québec, qu’il y aurait une course IndyCar à Québec en 2011.

Pas de point d’interrogation, pas de nuance, mais un sentiment de certitude comme si Québec figurait déjà au calendrier 2011, que les bonzes de l’IndyCar ne dévoileront pourtant pas avant octobre ou novembre prochain.

Sans rudesse, j’ai enlevé le journal des mains de mon voisin et, heureusement ami, pour voir si je ne venais pas de rater un scoop. À mon grand bonheur et, à la lecture de l’article, j’ai rapidement réalisé que cette certitude annoncée devenait tout à coup, au mieux, un vœu pieux.

En tant qu’amateur de course, toute annonce quant à la venue possible d’une course ne peut que me réjouir mais, l’humble chroniqueur que je suis, se force tout de même à utiliser une approche plus cartésienne quant à l’analyse de cette nouvelle ou, devrais-je plutôt dire, ballon médiatique….

Tout d’abord, je n’ai pas été en mesure de retenir un large rictus en lisant les déclarations du ministre Sam Hamad, responsable de la Capitale Nationale, quant aux retombées économiques envisagées qui, disons-le, frôlent la démagogie lorsqu’il affirme que celles-ci pourraient se chiffrer en centaines de millions de dollars…..

Plus encore, notre sympathique parlementaire va jusqu’à dire que l’IndyCar est comme la Formule 1; une organisation ayant un rayonnement planétaire. Pour affirmer pareilles inepties, il faut réellement ne pas connaître le monde du sport automobile.

Je suis les séries IRL/IndyCar/Champ Car/CART depuis des années et, aussi compétitive qu’elle puisse l’être, cette dernière est loin d’être une machine à fric et encore moins un événement de stature internationale.

Si tel était le cas, l’IndyCar ne serait pas moribonde, sans véritable structure de commandites, avec un manque flagrant de couverture médiatique et sans auditoire télé probant. Voilà la réalité M. le Ministre!

Je peux comprendre André Azzi, propriétaire de l’écurie québécoise FAZZT Racing, de vouloir promouvoir le projet. Une autre course au Canada pourrait lui permettre d’aller séduire des commanditaires québécois/canadiens qui, généralement, se font tirer l’oreille quand vient le temps d’investir des deniers dans des épreuves courues en dehors de leur marché.

Mais le bonheur de certains peut faire le malheur des autres. M. Azzi pourrait bien faire quelques bonnes affaires mais, comme ce fut souvent le cas par le passé, lors de certaines tentatives d’implantation en Europe ou en Asie, les gros commanditaires américains, qui n’ont aucune activité commerciale dans ces marchés, ont toujours fait la moue devant des investissements sans lendemain.

Ne vous méprenez pas, une telle course aurait énormément de succès, car les Québécois, fervents amateurs de sport automobile, sont avant tout des gens qui aiment les grands « happenings » et, qui ont un amour tantôt avoué ou secret pour la ville de Québec.

Qu’on fasse une course certes, mais pour les bonnes raisons. Pour attirer des gens à Québec, je veux bien, mais pas en nous laissant croire que l’IndyCar est comme la F1, que le monde s’arrêtera de tourner pendant ce week-end et qu’organiser une telle course ne coûte rien.

Profiter de cette tribune pour susciter l’intérêt des gens d’affaires d’ici pourrait en retour procurer des appuis financiers et redonner un peu d’espoir à notre relève qui s’étiole de plus en plus.

Ceci fait, peut-être que les gens du Grand Prix de Trois-Rivières, loin d’y voir la catastrophe appréhendée, pourraient y trouver un bénéfice en ayant en piste, dans les séries de développement qu’ils proposent, de véritables espoirs québécois qui attireront les amateurs.