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Les mesures antipollution

Les mesures antipollution

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Ne m’en parlez pas. Pas que je sois contre les programmes verts. Je serais plutôt du genre pratico-pratique. Je vous explique.

Je viens de passer quelques jours à Vancouver l’écologique. Ça m’a amené à réfléchir sur la pollution, surtout sur la qualité de l’air, puisqu’à Vancouver les voitures et les camions fourmillent… comme dans toute grande région métropolitaine, d’ailleurs.

AirCare est le programme de réduction des émissions pondu par la Colombie-Britannique en 1992. Comme le programme Drive Clean de l’Ontario, il oblige les propriétaires de voitures plus vieilles qu’une certaine année modèle à les faire inspecter régulièrement. En Colombie-Britannique, tout ce qui date d’avant 1991 doit être inspecté tous les ans pour environ 25 $, et tout ce qui a été construit en 1992 ou plus tard tous les deux ans, au coût de plus ou moins 45 $.

Le hic?

Les voitures doivent seulement respecter les normes d’émission en vigueur l’année de leur fabrication. Ainsi, Monsieur « Je-suis-écolo-parce-que-je-conduis-une-Aries-de-24-ans » peut polluer allègrement pourvu qu’il ne dépasse pas les limites acceptables de 1987. Eille, le comique : ton Aries K si bien entretenue pollue de cinq à dix fois plus qu’une Hyundai Accent vieille de deux ans!

Photo: Honda

Mais ce n’est pas tout! Vu le climat si doux de la Colombie-Britannique, les voitures tendent à durer beaucoup, beaucoup plus longtemps. J’ai visité Vancouver, Prince George et Victoria à quelques reprises, et j’ai toujours découvert de vrais petits bijoux (à mon avis, du moins…), comme des Toyota Corolla fin 70, des Honda Civic début 80 et même une Subaru Brat ici et là. Ce n’est qu’un échantillon des bazous fabuleusement désuets et incroyablement polluants qui sillonnent cette province. On peut dire sans se tromper que la flotte britanno-colombienne n’est pas une des plus récentes du pays!

Si on regarde à l’Est, en Ontario et au Québec, où l’environnement et le climat pardonnent beaucoup moins, on constate que la moyenne d’âge des véhicules utilisés quotidiennement est moins élevée. Surtout au Québec, où le sel répandu à outrance ronge inlassablement l’acier.

L’Ontario, je l’ai mentionné, impose également une inspection des émissions polluantes, mais la Belle Province ne s’est jamais dotée d’un tel programme. Pour d’excellentes raisons, soit dit en passant, dont les coûts (pour le consommateur comme le gouvernement), les activités discutables des garagistes et, surtout, le fait qu’on n’ait noté aucune amélioration environnementale significative dans les régions où l’on a adopté de telles mesures.

C’est un phénomène bien étudié : les systèmes de diagnostic intégrés et de réduction des émissions de la plupart des voitures (surtout des cinq à six dernières années) sont supérieurs et plus avancés que les outils dont les garages peuvent disposer pour inspecter lesdites voitures.

Comment donc permettre à la C-B de maintenir son image « verte »? La solution me semble évidente : domper du sel partout l’hiver et forcer les habitants à acheter des voitures récentes. C’est en envoyant les minounes à la fourrière qu’on réduira les émissions, bon sang!