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Malade de son auto

Malade de son auto

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Lorsque j'étais jeune, je n'aimais pas toujours me promener en voiture avec mes parents. Oh, j'aimais partir en promenade avec mon père, aller avec eux à la plage, partir en vacances à la mer aux États-Unis ou quelque part dans le pays. Mais lorsque nous avions le malheur d'aller à une soirée, à un souper ou à toute autre soirée officielle, je me retrouvais inévitablement pris entre mon père, qui fumait la cigarette, et ma mère, qui mettait un de ses parfums puissants et lui interdisait d'ouvrir une fenêtre afin qu'elle ne défasse pas sa coiffure.

C'est alors qu'immanquablement je commençais à avoir la nausée.

Il m'est arrivé à plus d'une reprise d'avoir à leur demander que l'on arrête afin que je puisse prendre un peu d'air et tout ce temps, je ne comprenais pas ce qui me causait cela. J'y repense aujourd'hui et je ne peux qu'avoir de la compassion pour toute notre génération d'enfants qui a eu à endurer cette torture pulmonaire. Bien que l'on retrouve encore ce genre de comportement chez certains parents d'aujourd'hui, c'est maintenant marginal depuis qu'on connaît les effets de la fumée secondaire. Mais la maladie causée par l'automobile a des aspects des plus divers. Un de ces aspects est le suivant, j'ai nommé : La banlieue

La banlieue est-elle un rêve en train de se retourner contre nous?

Depuis toujours, je reste à la ville. Aujourd'hui encore, j'habite un quartier de Montréal où il m'est possible d'aller au dépanneur, à la pharmacie, au marché d'alimentation, à la poste ou même au cinéma à pied. Je vais à mon travail à vélo ou en patin à roues alignées l'été et en transport en commun l'hiver. Ainsi, l'activité physique, aussi minime soit-elle, fait partie de mon mode de vie comme de celui d'à peu près tous les résidents de mon quartier.

Cependant, ma mère est déménagée l'an dernier en banlieue. Comme je vais la visiter régulièrement, il m'a été possible de constater à plusieurs reprises comment les transports se faisaient pour des gens qui habitent en banlieue. J'ai vite découvert que pour toutes les activités que quelqu'un pourrait prendre pour acquis comme faisable à pied ou en vélo dans de nombreux quartiers de la ville, à peu près toutes ces mêmes activités étaient faites en automobiles en banlieues. Aller au dépanneur se fait à pied de chez elle, mais dans un quartier où il n'y a pas de trottoir ( c'est à croire que la rue compte à cause des autos ce qui fait qu'on en construit mais que les piétons ne comptant même pas car...on en veut pas(?!) on ne fait pas de trottoir ) et où il faut traverser un viaduc qui passe par dessus une autoroute, ce n'est pas ce qu'il y a des plus invitants, avouons-le.

Mauvaise note au bulletin de santé des banlieusards

Le Bulletin de santé annuel des Canadiens et des Canadiennes, publié par la Fondation des maladies du coeur, bat en brèche le mythe qui veut que vivre à la campagne ou en banlieue soit meilleur pour la santé du coeur. Le tout premier rapport de la Fondation portant sur la différence entre la vie urbaine et périphérique indique clairement que la population canadienne dépendante de l'automobile fait beaucoup moins d'activité physique et court un risque beaucoup plus élevé d'embonpoint et d'obésité.

En d'autres mots, le rêve de la banlieue semble tourner au cauchemar.

« Les preuves sont concluantes : notre dépendance à la voiture nous tue. Nous devons centrer notre mode de vie sur des habitudes saines et cesser de se faire mener par les "services à l'auto" », dit Dr George Honos, porte-parole de la Fondation des maladies du coeur et cardiologue. Parmi les Québécoises et Québécois, 84 % croient que le mode de vie tendu et au rythme rapide qui accompagne les centres urbains est plus nocif pour la santé.