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New York 2018 : la Nissan Altima reçoit la traction intégrale et le moteur VC-Turbo

Il y a eu de nombreux lancements intéressants au Salon International de New York cette année. Certains étonnements bizarres comme la nouvelle Toyota Corolla Hatchback (ne l'appelez plus iM), d’autres attendus comme la GMC Sierra, de même que des concepts comme l'Essentia de Genesis ou la démente Porsche GT3 RS Weissach. 

Tout cela était bien, mais une des voitures les plus remarquables à s'être pointées sur le plancher, selon l'humble avis de votre serviteur, n'était pas une sportive ou un prototype au nom étrange qui nous rappelle le parfum d'un thé vert. C'était plutôt l’approche inédite employée envers un modèle somme tout banal ; la berline intermédiaire. Cette dernière a dû faire face à une attaque en règle sur le marché, ce qui a eu un effet direct sur ses ventes. Les offensives sont venues des compactes à hayon, plus petites, mais plus pratiques, puis des VUS qui sont certes plus gros, mais aussi plus efficaces, de plus en plus, à tous les niveaux. 

Le défi n'est pas facile, mais Nissan croit que le moment est propice pour l'Altima et la compagnie a de solides arguments pour appuyer ses dires ; la version 2019 reçoit la traction intégrale et le dernier né de la boîte, le moteur 4-cylindres turbo à compression variable (VC-T) qui a fait ses débuts dans la QX50 d'Infiniti. 

« Nos études démontrent que les conducteurs des générations Y et Z sont très intéressés par la berline, mentionne Denis Le Volt, vice-président de Nissan Amérique du Nord, et nous avons l'opportunité de la repenser autrement. »

C'est bien dit, et possiblement avec une touche d'ironie, car selon le vice-président de la planification de produits pour l'Amérique du Nord, Mike Bunce, la silhouette de l'Altima est exactement ce qui séduit les gens des générations Y et Z. 

« Ces derniers ne sont pas en mesure de vous décrire ce qu'est une berline. Ils ne savent davantage reconnaître un véhicule multisegment, pas plus qu’une familiale. Mais lorsqu'on leur présente la silhouette d'un modèle donné, leur premier choix, s'ils en avaient les moyens, c’est la berline » , ajoute Mike Bunce.

Toujours selon lui, c'est comme si les VUS et Multisegments avaient été trop présents dans leur vie et qu'il était pour eux le temps de changer les choses. « C'est comme s’ils se disaient : j'ai grandi dans un VUS en étant enfant. C'est un véhicule familial. Ce n'est pas là que je suis rendu dans ma vie ; ce n'est pas moi » , conclut Mike Bunce. 

Tout cela est bien intéressant, mais si la technologie et l'ingénierie ne sont pas à la hauteur, ça demeure de la poudre aux yeux. Dans les cas des groupes d'acheteurs mentionnés, la première est particulièrement importante et c'est pourquoi les applications Apple CarPlay et Android Auto sont livrées de série avec l'Altima, cependant que le système ProPilot Assist est aussi offert. 

Dans les deux premiers cas, on parle d'éléments qui commencent à être reconnus par la majorité. Dans le dernier, le ProPilot Assist, un peu moins. Essentiellement, il s'agit de la prochaine étape vers la conduite entièrement autonome. Le système, qui s'active à la simple pression d'un bouton sur le volant, rend fonctionnels le freinage automatique d'urgence arrière, l'assistance au maintien de voie et le régulateur de vitesse adaptatif qui est capable de vous amener à un arrêt complet dans la circulation lourde. Quant à l'aide au maintien de voie, elle ne fait pas seulement nous garder dans cette dernière, mais aussi au centre de celle-ci. Ça réduit le stress associé aux systèmes qui permettent au véhicule de s’approcher trop près des lignes de démarcation de voie avant d'effectuer des correctifs. 

Également parmi les caractéristiques de sécurité se trouve le Safety Shield 360 qui inclut l'assistance aux feux de route, la détection des piétons, les alertes aux angles morts ainsi qu’à la circulation transversale arrière avec freinage automatique, de même qu'à la sortie de voie. Cet ensemble est livré de séries sur tous les modèles sauf la version de base S. 

Ce qui sera offert sur toutes les variantes, toutefois, c'est la traction intégrale. Aux dires de Mike Bunce, le plus tôt sera le mieux.

« Ça fait huit ans que je milite pour qu'on intègre la traction intégrale à nos berlines aux États-Unis », explique-t-il. Il sait que ce sera un élément déterminant pour l'Altima. 

Semblable au système qui sert le Rogue, le rouage est toujours « actif », ce qui signifie qu'il peut envoyer jusqu'à 50 % de la puissance aux roues arrière, mais peut également déconnecter le différentiel complètement selon la situation. Concrètement, la motricité optimale est au rendez-vous lors des accélérations et l'efficacité (plus faible consommation) à vitesse stable. Voilà qui est intéressant et le fait que la traction intégrale soit offerte sur toutes les déclinaisons est un geste audacieux. Seulement un autre manufacturier, Subaru avec la Legacy, avance cette possibilité en Amérique du Nord depuis que Ford a abandonné sa version à quatre roues motrices de la Fusion. Mike Bunce en rajoute en expliquant que cette dernière offrait l'option seulement sur les variantes haut de gamme du modèle, ce qui la retirait en réalité de l'équation. 

Deux moteurs seront livrables dès le départ, chacun assorti d’une transmission à variation continue. D'abord une version retravaillée du 4-cylindres de 2,5 litres qui propose maintenant 188 chevaux et 180 livres-pieds de couple, des chiffres supérieurs à ceux de l'année dernière. Puis, le joyau, le moteur 4-cylindres turbo à compression variable qui offre 248 chevaux et 273 livres-pieds de couple. C'est moins de chevaux, mais plus de couple que le moteur V6 abandonné. Mais ce n'est qu'une partie de l'histoire. 

« Le moteur VC-Turbo est phénoménal, car il vous propose l'aspect économique de la consommation d'essence, mais aussi la puissance d'un V6 », explique Mike Bunce. Avec l’ajustement instantané et automatique de la course des pistons, Nissan prétend que vous obtenez le meilleur des deux mondes avec cette mécanique. Nous verrons bien si le temps lui donnera raison, mais ça semble prometteur. 

Et prometteur est le bon mot. Souvenez-vous qu'il n'y a pas si longtemps, il existait une version hybride de l'Altima, mais sa carrière a été de courte durée alors que le flambeau de l'efficacité énergétique a été repris par la LEAF en Amérique du Nord. L'idée d'une voiture hybride ne serait pas morte, toutefois. Nissan teste déjà une nouvelle forme de motorisation hybride qu'elle nomme e-POWER et qu'elle propose aux consommateurs japonais sous la forme du fourgon Serena et de la sous-compacte à hayon Note. Selon Mike Bunce, il y a là un potentiel réel pour le marché nord-américain, mais peut-être pas de la façon dont vous pouvez le concevoir. 

« Imaginez conduire une Maxima qui détalle comme une Tesla P100 », explique-t-il. Un système hybride basé sur la performance, donc ? À suivre...

Les berlines possèdent un avantage inhérent par rapport aux VUS et aux produits Multisegments avec leur centre de gravité plus bas, leur tenue de route supérieure et leur meilleur aérodynamisme. Mais Nissan va encore plus loin avec l'Altima 2019 en ajoutant une servodirection électronique montée sur la colonne de direction. La voiture est également plus basse qu'elle ne l'était tout en étant plus large, plus longue et dotée d'un empattement allongé, ce qui offre quelques avantages.

« Chaque fois qu'on repousse les limites de l'empattement plus loin que celles de la cabine, on améliore le dynamisme de la voiture », ajoute Mike Bunce. Donc plus d’espace à l’intérieur, et une tenue de route qui promet d'être meilleure. Tout semble aller pour le mieux, n'est-ce pas ? Est-ce que Nissan dit vrai ? Est-ce que le temps est venu pour la berline de reprendre sa place en Amérique du Nord ? 

Nous le saurons assez rapidement.

 

Photos :D.Heyman
Photos de la Nissan Altima 2019