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Pourquoi ne pas viser les vieilles voitures, comme les nouvelles, pour les émissions polluantes?

Pourquoi ne pas viser les vieilles voitures, comme les nouvelles, pour les émissions polluantes?

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Aussi bienvenue que ne l'est n'importe quelle avancée dans la lutte pour protéger l'environnement, la récente législation canadienne sur les émissions polluantes a le même effet que d'essayer d'arrêter la transmission des maladies transmissibles sexuellement en obligeant les fabricants de condoms à améliorer leur fiabilité, qui est de 95 pour cent, tout en laissant les millions de personnes qui ont des relations non-protégées continuer à leur guise.

Alors qu'il force les manufacturiers automobiles à continuer leurs efforts afin que leurs nouveaux produits cessent de polluer l'air, en d'autres mots, le gouvernement ne fait rien pour composer avec la pollution provenant des vieilles voitures, qui est beaucoup, beaucoup plus intense que celle produite par les nouveaux modèles.

Pour vous donner une idée de l'amélioration des véhicules à ce niveau depuis les 30 années qui se sont écoulées à partir de la prise de conscience du public concernant la pollution, considérez que la technologie a permis une réduction du taux de pollution de 1975 de l'ordre de 99 pour cent, ce qui veut dire que les voitures d'aujourd'hui sont 100 fois plus propres que celles d'alors.

Cela devrait peut-être vous permettre de vous demander pourquoi le gouvernement ne fait aucun effort pour se débarrasser des vieux véhicules qui créent la même quantité d'émissions polluantes (et probablement même plus) que 100 voitures actuelles.

Ce n'est pas une raison pour ne pas pousser les manufacturiers à créer des véhicules encore plus propres, bien sûr, mais ces changements n'amélioreront pas la qualité de l'air avant plusieurs années parce que des millions de vieux véhicules seront toujours sur les routes.

L'analyste canadien de l'industrie automobile Dennis DesRosiers a étudié certaines données sur le sujet, et elles parlent d'elles-mêmes.

"Les termes de l'accord de Kyoto stipulent que les pays participants doivent réduire leur émission de gaz à effet de serre de six pour cent selon les données de l'année 1990, et ce d'ici 2008 à 2012," explique DesRosiers. Mais, "notre gouvernement a arbitrairement décidé que le secteur de l'automobile doit réduire ses émissions de 25 pour cent pendant cette période, un chiffre qu'il a pris au milieu de nulle-part."

Encourager les consommateurs à acheter des véhicules moins énergivores est certainement important, dit DesRosiers. "Mais même si les consommateurs parvenaient comme par magie à acheter immédiatement des véhicules qui sont de 25 pour cent moins polluants, cela prendrait de 20 à peut-être 30 ans pour que la flotte entière de véhicules sur la route devienne à ce point plus propres."

Ces nouveaux modèles plus propres ont à tenter de contrecarrer les effets polluants des quelques 19 millions d'unités en opération à travers le Canada, et il ne semble pas que ces vieux modèles vont quitter la route de sitôt.

"Le taux de survie de ces véhicules est très élevé," expliquait DesRosiers. "En effet, 50 pour cent des véhicules achetés il y a 15 ans sont toujours sur la route aujourd'hui. Un quart des camions légers sont toujours sur la route après 20 années d'opération. Cela prend entre 20 et 25 ans pour effectuer la rotation complète de la flotte de véhicules."

C'est cette situation qui fait que DesRosiers se demande s'il n'avait pas été mieux pour le gouvernement "de mettre l'emphase sur le retrait de la route des vieux véhicules. Leur consommation d'essence 'établie' est plus élevée que celle des nouveaux véhicules, mais en raison de mauvaises habitudes d'entretien, les vieux véhicules consomment souvent beaucoup plus que leur taux 'établi'."

DesRosiers souligne également qu'il y aurait d'autres bénéfices importants à retirer d'un effort gouvernemental pour aider les canadiens à se débarrasser de leurs vieux véhicules et de se procurer des véhicules neufs.