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Raison contre passion?

Raison contre passion?

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Dans ma famille il y a, comme dans toutes les familles, des passionnés de l'automobile. Un de ceux-là était mon oncle Charles, « Chuck » pour tous ceux qui le connaissaient. Mon oncle Chuck n'était en fait pas qu'un passionné, il travaillait dans le milieu de l'automobile depuis toujours. Ancien militaire, il avait commencé sa carrière dans l'automobile chez Ford, à Détroit, en usine, pour ensuite venir travailler au Québec chez General Motors.

Il était ( et est toujours) notre oncle « yankee ». L'Américain qui était tombé en amour avec la petite soeur de mon père, Lucie, et qui a fini par tomber en amour avec notre calme pays.

Mon oncle nous a raconté au fil des ans de nombreuses anecdotes sur l'automobile. Des comiques, des étonnantes ou des incroyables. Mais une chose était sûre, elles n'étaient jamais ennuyantes.

J'ai ici l'intention de vous raconter une de ses anecdotes qui illustrera un point que j'ai l'intention de faire dans cet article.

Il était une fois...

Revenons aux années soixante...

Alors que mon oncle travaillait chez Ford à Détroit, il a eu l'occasion de faire partie de l'équipe qui assemblait une voiture d'exception. Cette voiture, que tout le monde a connu sous le nom de Cobra, était tout aussi rare et exceptionnelle pour les gens qui travaillaient dessus que pour le public qui en rêvait et pouvait l'admirer à l'occasion sur la route.

Pendant le temps où il fut impliqué dans la construction de ce véhicule, il lui est souvent arrivé que des employés se portent volontaires pour travailler à la fin de la chaîne où on sort ces voitures juste pour les conduire jusqu'à leur endroit de remisage temporaire. Et ces gens voulaient le faire GRATUITEMENT, juste pour avoir le privilège de passer un petit de temps au volant de cette auto de rêve( et lorsqu'on parle d'un petit peu de temps...ne vous imaginez pas qu'ils partaient pour un tour de ville ou de piste ), de cette auto qui suscitait les passions.

Ceci dit, ces employés n'ont jamais travaillé gratuitement. Cela allant contre les principes de l'entreprise, tous ceux qui ont fait ce 'pénible' travail ont été rémunérés.

Mais qu'est-ce que cela nous révèle?

En fait, plusieurs choses.

D'abord, que les gens qui travaillent dans ces usines peuvent être passionnés d'automobiles. Ensuite, que pour une passion comme celle qu'a suscité une voiture comme la Cobra, des gens étaient prêts à faire des choses qu'ils ne feraient pas en temps normal.

Pour avoir travaillé en cinéma pendant des années, je peux en témoigner. Combien de jeunes et de moins jeunes ai-je vu travailler gratuitement afin de prendre part à la magie du 7ème art? La passion a ce pouvoir, et même plus.


La raison

Et voilà que des types comme moi et plein d'autres arrivons dans le portrait.

Je ne peux m'empêcher de me sentir comme un empêcheur de tourner en rond ou pire comme un «casseux de party » auprès de lecteurs passionnés d'automobiles. Je sais pertinemment que mes textes sur les limites de vitesse ou sur l'attitude au volant sont autant de cuillerées de foie de morue littéraires pour tous les 'malades' de vitesse.

Évidemment, ces gens n'ont aucune obligation d'avaler ces cuillerées, mais...comme dirait Shakespeare : «Etre ou ne pas être...un empêcheur de tourner en rond ». Telle est la question qui m'a titillée.

Ma réponse : J'ai décidé d'être.