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Regardons les choses en face...

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Khatir Soltani
Je ne peux évidemment pas passer sous silence les aspects dangereux de ce type d'énergie. À la fin des années soixante-dix, la quasi-catastrophe de la centrale de Three Mile Island a sonné le glas de la construction de ce type de centrale aux États-Unis. De son côté, la catastrophe de la centrale de Tchernobyl qui a eu lieu en 1986 a aujourd'hui encore des répercussions sur la santé des habitants partout en Europe et pas seulement en ex-Union Soviétique. Des problèmes de cancer, de malformations à la naissance et autres problèmes du genre ont augmenté de façon marquée dans de nombreuses régions du vieux continent depuis ce triste événement et la plupart des experts s'accordent pour y voir un lien direct.

Au Canada, l'expérience nucléaire s'est avérée économiquement catastrophique pour ceux qui s'y sont aventurés. À la fin du 20e siècle, Hydro One, l'entreprise publique productrice d'énergie de la province de l'Ontario qui avait adopté le nucléaire avec le plus de conviction au Canada était la société publique la plus lourdement endettée de toutes les sociétés publiques d'Amérique du Nord. La raison était simple : les coûts liés à la production d'électricité grâce à l'énergie nucléaire se sont révélés beaucoup plus élevés que ce qui avait été prévu initialement. Les problèmes de vieillissement prématurés et de sécurité ont fait exploser la dette de cette société et aujourd'hui, elle se retrouve avec un parc de centrales nucléaires qui a sérieusement besoin d'investissements. La dernière estimation sur le montant : $40 milliards pour le remettre à niveau seulement. Mais est-ce une bonne idée de remettre de l'argent dans un tel gouffre financier qui constitue par ailleurs un grave risque écologique et de sécurité? La centrale de Gentilly II au Québec s'est révélée être une erreur du même type. Aussi peu efficace et vieillissant prématurément aussi. Si vous voulez en savoir plus sur les aspects néfastes du nucléaire, je vous recommande le livre intitulé Mal de Terre écrit par l'astrophysicien Hubert Reeves.


La main invisible du marché

Les économistes traditionnels nous disent que les forces du marché régleront le problème et les avancées technologiques, encouragées par l'augmentation des coûts de l'énergie, régleront les problèmes de pénuries d'énergie. Permettez-moi d'en douter. Comme l'a dit avec ironie Kenneth Deffeyes, géologue à l'université de Princeton; «Les économistes pensent tous que si vous vous présentez au guichet avec assez d'argent, Dieu remettra du pétrole dans le sol». Il y a souvent, dans le discours des économistes traditionnels, un jupon qui dépasse. Ce jupon, c'est celui d'un système axé sur la croissance sans fin qui a fait d'eux nos nouveaux grands prêtres. Et comme avec l'église, ils nous demandent de les croire, d'avoir la foi dans la main invisible du marché sans remettre en question la véracité de leurs affirmations. Et, comme à l'époque de l'Inquisition, tous ceux qui osent les confronter à leurs propres contradictions ou démontrent qu'ils sont dans l'erreur sont traités comme des hérétiques et se font accuser de tous les maux. Pour reprendre le parallèle avec l'église, tout comme pour les messes qui ont été pendant longtemps en latin, ces derniers privilégient un langage compliqué et font tout pour nous faire croire qu'il vaut mieux leur laisser le contrôle, car c'est trop compliqué pour nous, petites gens. Personnellement, je préfère m'occuper moi-même de ma réflexion.

En effet, lorsque vous écoutez tous les bonzes traditionnels de l'économie, ils affirmeront toujours que la croissance économique, c'est LA seule façon d'assurer notre avenir. Je ne pourrai jamais prendre au sérieux des gens qui partent d'une telle prémisse pour baser leur « science ». Notre planète étant une entité limitée, comment peut-on penser que nous pourrons toujours plus produire et consommer? L'épuisement des stocks mondiaux de poissons, de pétrole, de bois, d'eau potable dans de plus en plus de régions du monde en est un parfait exemple.

En 1999, 95% du transport mondial était propulsé par du pétrole et 50% de toutes les ressources de pétrole étaient consacrées au transport. Il est donc évident que si nous voulons réduire notre consommation de pétrole, le premier endroit où il faut regarder est le transport.
Khatir Soltani
Khatir Soltani
Expert automobile
  • Plus de 8 ans d'expérience en tant qu’essayiste automobile
  • Plus de 50 essais réalisés au cours de la dernière année
  • Participation à des discussions avec la quasi-totalité des manufacturiers au Canada