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REO Industries veut bousculer le marché américain avec un camion à essence à 21 500 $

| Photo : REO Industries
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Derek Boshouwers
La tendance naissante vers les camionnettes abordable semble se concrétiser — et pas seulement dans le segment électrique.

La nouvelle camionnette abordable de Slate n’est même pas encore sur le marché qu’elle s'attire déjà de potentiels concurrents. Sauf que dans le cas de ce nouveau projet annoncé par REO Industries, on ne parle pas d’un modèle électrique, mais bien d’un véhicule à essence.

Si ce nom semble familier à certains d’entre vous, c’est parce que REO Industries est en réalité une marque américaine historique récemment ressuscitée. Son slogan ? « Fabriquez-le comme avant » (Build it like it used to be). Nous y reviendrons dans un instant.

Le rêve de REO
La firme basée au Texas mise sur deux éléments pour sa future gamme de véhicules : la combustion interne et la simplicité extrême. Elle a annoncé son intention de concevoir un camion compact ultra-abordable et dépouillé, fonctionnant à l’essence, avec un prix de départ ciblé à seulement 21 500 $ US. Un tel tarif couperait l’herbe sous le pied de ses rivaux électriques et ferait de ce camion l’un des véhicules neufs les moins chers en Amérique. 

L’entreprise touche de toute évidence une corde sensible chez les consommateurs lassés des véhicules surchargés de technologie. En l'espace de six jours seulement après l’ouverture de son site web, REO a enregistré plus de 5500 « réservations ». Il convient toutefois de préciser qu'il s'agit de clients potentiels ayant versé un simple dépôt de 25 $, lequel est entièrement remboursable. 

L’héritage de Ransom E. Olds
L’appellation REO remonte à 1905, l’année où Ransom E. Olds a fondé la REO Motor Car Company après s’être séparé d’Oldsmobile. La marque d'origine s'est illustrée en construisant le REO Speed Wagon, largement considéré comme l'ancêtre de la camionnette moderne, avant de sombrer dans la faillite et de disparaître vers la fin des années 1960. 

L'esprit « Ameri-Kei »
Retour au présent : les droits de marque permettant de faire revivre ce blason historique ont été récemment rachetés par un entrepreneur en immobilier et passionné de hors-route. Le plan de Zach De Bernardi est de redonner ses lettres de noblesse à REO en proposant ce qu’il qualifie de véhicule « Ameri-Kei ». L’objectif est de développer une plateforme fortement inspirée des petites voitures Kei japonaises, ultra-pratiques, ainsi que des camions Toyota des années 1980, réputés pour leur fiabilité légendaire et leur facilité de réparation par le propriétaire. 

| Photo : REO Industries

REO Runabout
Le modèle d’affaires de REO s’articule autour d’une seule plateforme modulaire sur cadre (body-on-frame), agnostique sur le plan énergétique. L’entreprise prévoit de lancer trois modèles initialement : 

•    Runabout T4X (21 500 $ US) : un camion de travail à 2 portes et cabine régulière. 
•    Runabout T4C (25 000 $ US) : une camionnette plus grande à 4 portes et 5 places à cabine double.
•    Runabout S4C (28 500 $ US) : un VUS compact à 4 portes équipé de strapontins arrière orientés vers le côté.

En ce qui concerne la longueur totale, l'entreprise vise environ 4570 mm, soit à peu près l'empreinte de pare-chocs à pare-chocs d'une Honda Civic. L'architecture adoptera un châssis sur cadre avec un rouage 4x4 mécanique, et offrira le choix entre une transmission manuelle à 6 rapports ou une automatique à 6 rapports. REO vise une capacité de remorquage de 4500 livres et une charge utile de 1200 livres. 

Atteindre le prix cible imposera de s'en tenir à des éléments simples et rudimentaires. Le modèle d'entrée de gamme T4X sera livré sans radio d’usine ni panneaux de finition intérieure sur les portières. Les groupes motopropulseurs proviendront d'un partenaire industriel et utiliseront un moteur à essence à 4 cylindres à injection multipoint encore non spécifié. En évitant les batteries électriques complexes et l'injection directe moderne, REO vise une consommation moyenne de 25 mpg (environ 9,4 litres/100 km).

L'intérieur troque la surcharge numérique pour des interrupteurs physiques tactiles, des jauges analogiques et des leviers (à l'exception notable d'un petit écran central pour Apple CarPlay). Il réintroduit également des caractéristiques utilitaires oubliées, comme la capacité d’être remorqué à plat derrière de grands VR avec les quatre pneus au sol, ainsi qu'une bouche de climatisation dédiée montée juste sous le volant — un clin d'œil nostalgique aux camions GM des années 1990, que les passionnés surnommaient « le chiller ».

Surfer sur la vague du droit à la réparation
Fidèle à son slogan, REO positionne ses véhicules comme un réquisitoire contre les constructeurs traditionnels qui bloquent l'accès aux mécaniciens indépendants. L'entreprise affirme que le Runabout est conçu pour une durée de vie de 500 000 milles (805 000 km), promettant que n'importe quel panneau de carrosserie peut être retiré en moins de cinq minutes avec des outils de garage courants. De plus, elle s'engage à offrir des diagnostics en texte clair accessibles via un simple scanner à 30 $, un marché communautaire open-source et un catalogue public de pièces garanti pendant 20 ans, sans restriction d'appariement logiciel. 

Bien que lancer une entreprise automobile à partir de zéro demeure un combat de tous les instants, REO prévoit de dévoiler l'ensemble de sa gamme de modèles à la fin de 2026, avant de procéder à des projets pilotes de préproduction au Texas d’ici 2027. L’entreprise souhaite voir ses lignes d'assemblage tourner à plein régime et livrer ses premières unités d’ici la fin de 2028. 

 

Derek Boshouwers
Derek Boshouwers
Expert automobile
  • Plus de 8 ans d'expérience en tant que journaliste automobile
  • Plus de 50 essais réalisés au cours de la dernière année
  • Participation à plus de 30 lancements de nouveaux véhicules en carrière en présence des spécialistes techniques de la marque