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Si seulement on pouvait retourner dans le temps

Si seulement on pouvait retourner dans le temps

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Chaque année, en Estrie, à l’est de Montréal, une petite ville est l’hôte d’un vaste rassemblement de voitures classiques. Pour avoir le droit d’y exposer votre voiture, celle-ci doit avoir au moins 25 ans. Une fois sur place, vous pouvez choisir d’exposer votre auto ou de la faire évaluer par les juges.

Je suis allé à Granby de nombreuses fois au cours des années, mais jamais n’avais-je eu l’occasion de m’asseoir dans l’une de ces voitures – jusqu’à tout récemment. Mon oncle, un vrai passionné d’autos comme moi, possède deux voitures classiques, et il a pensé à me lâcher un coup de fil avant l’évènement. Il voulait savoir si j’étais intéressé à me rendre sur place au volant de l’un de ses bijoux.

« Laisse-moi y penser... OK! »

Je me suis donc rendu chez lui, et là, devant moi, dans toute sa splendeur m’attendait une Cadillac De Ville 1967. Sans perdre de temps, nous avons pris la route, moi dans le Caddy et lui dans son Ford F-100 1969.

Ce fut une expérience mémorable. En fait, les 90 minutes passées derrière le volant de ce véhicule comptent parmi les plus belles de mon existence. J’avais déjà conduit le « bateau » dans le passé, mais jamais aussi longtemps. Honnêtement, si ça n’avait été de la consommation d’essence moyenne de 27-28 litres aux 100 km, tout aurait été parfait.

Photo: Matthieu St-Pierre/Auto123.com

Avec le toit baissé et précédé par un capot d’un acre, j’étais le seul et unique maître de la route. Toute une balade! En fait, j’en suis tellement resté marqué que je vais tremper ma plume et tenter d’écrire une évaluation de la Cadillac.

Sur le site de l’exposition, je suis passé à un cheveu d’acheter une vieille BMW. Si vous me suivez sur Twitter @Matt_St_Pierre, vous savez laquelle. Y’a de ces jours...

Après avoir marché des kilomètres parmi les Barracuda, Beaumont, Beetle et Bonneville, à me faire rôtir au gros soleil, nous sommes retournés à la maison.

Cette fois, j’ai pris les commandes du F-100. Avec un V8 de 302 ch (le Caddy en possède 429…), et une boîte manuelle 3 vitesses avec levier sur colonne de direction, le camion se déplace bruyamment, sans surprise. On subit également les soubresauts du véhicule à basse vitesse en relâchant la pédale d’embrayage, mais sinon l’expérience de conduite fut tout aussi sensationnelle.

Je suis vraiment jaloux de ceux, comme mon père et mon oncle, qui sont nés dans les années quarante et qui ont pu conduire ces autos alors qu’elles étaient neuves. Les deux ont travaillé dans un lave-auto au milieu et à la fin des années cinquante et ont eu l’occasion de déplacer des voitures comme des De Ville, des Chrysler Crown Royal et des Ford Fairlane alors qu’elles sentaient encore la voiture neuve.

J’imagine qu’ils sont moi quarante ans plus tôt (j’ai conduit ma première voiture de presse à la fin des années quatre-vingt-dix), et que quelqu’un me dira peut-être un jour en 2035, que j’étais un sacré chanceux, parce que j’ai pu conduire une Nissan 350Z 2003 flambant neuve.