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Vous conduisez-vous en consommateurs ou en citoyens, en conduisant? (1re partie)

Vous conduisez-vous en consommateurs ou en citoyens, en conduisant? (1re partie)

(1re partie) Par ,

Saviez-vous que plusieurs Américains nous qualifient de socialistes et même parfois de communistes? C'est la vérité. Pour eux, le fait que nous ayons un système de santé assuré par l'État et que nous ayons un programme d'enregistrement des armes à feu fait dire aux démagogues de droite, du type de Rush Limbaugh, que notre société est beaucoup trop à gauche pour être libre.

Mais ce problème sera peut-être bientôt résolu. En effet, depuis l'élection du parti conservateur, il semble possible que nous puissions nous sortir du communisme dans lequel le parti libéral nous avait enfermés de sa main de fer. (Peut-être est-ce pour cela que tant de Canadiens avaient l'impression que nous étions sous un régime de parti unique et semblaient ignorer qu'il y avait d'autres partis pour lesquels ils pouvaient voter.) Donc, depuis l'élection de la bande à Stephen Harper, nous commençons à voir poindre un retour à notre bon vieux système capitaliste. On subventionnera beaucoup plus fortement l'armée, on réduira à néant le programme d'enregistrement des armes à feu et on commencera à doucement privatiser le système de soins de santé. Alléluia. (Sachez que je ne suis pas libéral.)

Mais j'aimerais que l'on m'explique une chose. Si c'est nous, les méchants socialistes, et que ce sont les Américains, les bons capitalistes, comment se fait-il que ce soit eux qui subventionnent (quel vilain mot!) l'achat de véhicules hybrides ou à propulsion à base de biomasse et que ce soit nous qui laissions la main invisible du marché dicter la suite des choses?

Accros au pétrole

J'ai eu une petite jouissance, il y a quelques semaines de cela, lorsque j'ai écouté le discours sur l'état de l'Union du président Bush. Avant que vous ne laissiez libre cours à votre imagination, dites-vous que ça n'a rien à voir avec l'homme mais plutôt avec ce qu'il a dit :

« We are addicted to oil. » Voilà ce qu'il a dit.

Addicted to oil. Mot pour mot ce que je dis depuis des années. Addicted to oil. Ces propos de Georges W. révélaient qu'après des années de dénégation, même le plus huileux des présidents de l'histoire des États-Unis devait avouer. Nous sommes accros au pétrole. Notre économie est basée sur cette ressource, et cette ressource est en train de tuer notre planète à feu doux.

Et qu'avons-nous alors entendu de la bouche du nouveau ministre de l'Immigration fédéral? Que pour respecter le protocole de Kyoto, il faudrait que le Canada ferme boutique! Alors que la plupart des États américains ont décidé de se fixer des objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre plus sévères que ceux du protocole de Kyoto; qu'une part grandissante d'Américains se conscientise à la réalité du réchauffement de la planète; que les dernières études scientifiques démontrent que ce phénomène, dont certains doutaient jusqu'à récemment, * est non seulement confirmé mais pire que ce qui avait été anticipé; que de nombreuses congrégations religieuses américaines se sont unies pour faire campagne dans la lutte aux émissions de gaz à effet de serre, un représentant du gouvernement du Canada dit une énormité pareille! Et ce qui est pire, c'est que personne ne l'a contredit de quelque manière que ce soit, au gouvernement!

Si les Américains sont accros au pétrole au point d'en importer une part toujours plus grande venant de pays à haut risque pour leurs intérêts, nous aussi y sommes accros, mais pour une raison différente. C'est de plus en plus parce que nous sommes accros aux revenus de l'exportation de pétrole et de gaz naturel, ce qui fait qu'un grand nombre de politiciens canadiens parlent des deux côtés de la bouche. Ils disent prôner l'investissement dans des politiques de développement durable, mais donnent de plus en plus de subventions et de crédits d'impôt aux compagnies pétrolières et gazières.

*(Certains nient encore que ce phénomène est causé par l'activité humaine, mais, à ce stade-ci, c'est carrément de la mauvaise foi ou du conflit d'intérêt. La prochaine fois que vous entendrez un représentant comme le responsable du congrès américain du Comité sur l'environnement prétendre que le message médiatique sur le réchauffement de la planète est une conspiration fomentée par certains groupes pour nuire aux intérêts américains, rappelez-vous que ce comité tire son financement des compagnies pétrolières et gazières et du charbon des États-Unis.)