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Premier essai de la Toyota Supra 2020 : le grand retour de Toyota

Mont-Tremblant, Québec - On ne vous apprend rien en vous disant que l’année 2020 marque le grand retour de la Supra. Mieux, il représente le grand retour de Toyota. Au cours des 20 dernières années, on a souvent critiqué la marque japonaise pour l’aspect soporifique de ses véhicules ; la compagnie proposait des produits fiables, mais ennuyeux au possible.

Pourtant, au cours de son histoire, elle a su se surpasser. Il y a bien sûr eu la Supra des années 80 et 90, mais n’oublions pas la 2000GT, un classique commercialisé à la fin des années 60 et qui vaut une petite fortune aujourd’hui.

Le fait que Toyota souhaite à nouveau générer de l’émotion avec ses modèles est une bonne nouvelle. Une très bonne nouvelle en fait. En réalité, elle s’y intéresse depuis quelques années, ce qui nous a permis de voir naître la Scion FR-S, aujourd’hui, la Toyota 86. Quant à la Supra, l’histoire de son retour a commencé à Détroit, en 2014.

Photo : D.Rufiange

De prototype à modèle de production
Ce ne sont pas tous les prototypes qui aboutissent sur la chaîne de production, mais ç’a été le cas de celui qui a été présenté au Salon de janvier 2014 à Détroit. L’étude FT-1 préfigurait le retour d’une voiture sportive au sein de la gamme. Déjà, le nom de Supra flottait dans l’air.

Il y avait aussi cette alliance avec BMW dont les premiers détails n’allaient pas tarder à faire jaser.

Ce qu’on retient de tout cela, c’est que la Supra qui nous a été présentée cette année respecte les lignes qu’avançait le concept. Et il faut le dire, le modèle en impose. Les gens se retournent littéralement sur son passage. Voilà certes une preuve qui renforce la philosophie de design qui a donné naissance à cette robe, soit l’approche Waku Doki. Elle se traduit librement par le mot émotion.

Photo : D.Rufiange

Version unique
Au menu, c’est plutôt simple alors que le bolide sera proposé en version unique nommé GR Supra. GR, c’est pour Gazoo Racing, une division de performance mise sur pieds pour se consacrer à la compétition automobile. Le coupé est livré sur des pneus Michelin Pilot Super Sport qui ont été développés pour lui. Toyota vante leur adhérence, ce que nous avons été en mesure de constater sur le circuit Mont-Tremblant. La taille des jantes fait 19 pouces et ces dernières habillent le modèle avec goût.

Au total, sept couleurs sont offertes, mais quatre sont des teintes de gris, noir ou blanc. Avec une telle voiture, on souhaite laisser sa marque ; j’opterais pour un des vrais coloris, soit le bleu, le rouge ou le jaune.

Une BMW ?
La Supra a été développée conjointement avec BMW. Dans les faits, Toyota souhaitait ramener son modèle mythique et BMW se demandait comment elle était pour financer la conception d’une nouvelle génération de Z4. Voilà pour le mariage.

Chez Toyota, on nous a raconté que la création du châssis avait été réalisée conjointement, mais que par la suite, c’était chacun pour soi. Au passage, l’habitacle, la mécanique et la transmission qui servent la Supra sont des transfuges allemands.

Photo : D.Rufiange

Ainsi, à l’intérieur, on reconnaît une BMW, surtout à la hauteur du volant, de la console centrale, du système multimédia et des commutateurs. L’affichage à l’instrumentation est distinct, toutefois.

Et l’environnement est restreint, surtout pour les personnes de grande taille, sans compter qu’il est aussi très sombre. Le coffre peut contenir quelques valises et il est possible de glisser des trucs entre les deux baquets. On peut voyager avec une Supra, mais on doit quand même penser à traîner le strict minimum.

Parlant des sièges, ils nous enveloppent bien et proposent 14 ajustements, y compris des flancs gonflables pour mouler notre corps. Ils peuvent emprunter deux couleurs, soit le noir ou le rouge.

On trouve aussi des garnitures en fibre de carbone à la console, une belle touche. À la hauteur du genou droit du conducteur, on a même ajouté du rembourrage pour le protéger lors de séances sur circuits. La Supra affiche son ADN.

Photo : D.Rufiange

Une Toyota ?
Parlant de voyager, la première partie de notre essai de ce véhicule s’est déroulée sur la route. Ce qui s’est avéré intéressant, c’est le degré de confort que nous avons découvert. Puis, lorsqu’on souhaite que la voiture sorte ses griffes, on active le mode plus sportif et le tour est joué. De ce côté, on a fait de l’excellent travail chez Toyota.

Et pour avoir conduit la Z4, l’élément qui s’est peut-être montré le plus intéressant, c’est la différence qu’on peut sentir entre un modèle et l’autre. Bien sûr, on parle d’une décapotable et d’un coupé, mais quand même.

Toyota a réussi à personnaliser sa Supra ; voilà la première étape qui est nécessaire à son succès.

Le cœur
L’organe qui œuvre sous le capot est le célèbre 6-cylindres en ligne de 3 litres de BMW. Ce dernier emploie 24 soupapes et un simple turbocompresseur à double volute. La puissance est de 335 chevaux entre 5000 et 6500 tours/minute. Franchement, on a l’impression d’en avoir 50 de plus. Le couple maximal est pour sa part fixé à 365 livres-pieds de couple et il est livrable dès les 1600 tours/minutes.

Photo : D.Rufiange

Pour travailler avec ce bloc, on retrouve une boîte de vitesses automatique à huit rapports préparée par ZF. Les palettes au volant sont de série, mais ne cherchez pas de versions à boîte manuelle. BMW ne l’offre pas, donc… Toyota se garde une gêne à ce propos ; il semble clair qu’elle aurait aimé pouvoir la suggérer.

Sur la piste
À la présentation canadienne du modèle, une petite séance nous a été proposée sur le circuit Mont-Tremblant. Là, on a pu confirmer les premières impressions ressenties sur la route ; une direction ultra précise, un freinage efficace assuré par des étriers Brembo à quatre pistons à l’avant, et surtout, un équilibre 50-50 qui garantit au bolide une stabilité exemplaire.

La seule chose qui nous a un peu surpris, c’est de ressentir plus de débattement que prévu du côté des éléments suspenseurs, même avec les réglages sportifs activés. C’est très négligeable, mais on n’a pas le même aplomb qu’on retrouve avec une Porsche, par exemple. Néanmoins, le châssis fait de l’excellent travail et même lorsqu’on se pointe de façon un peu trop agressive en virage, il se veut rassurant ; on se sent toujours en contrôle.

Photo : D.Rufiange

Conclusion
Avec une Supra convaincante, c’est Toyota qui sort gagnante, tout comme BMW d’ailleurs. Son produit est de qualité, livre de l’émotion au cube et se veut exclusif, du moins pour l’instant. En effet, d’ici la fin du mois de décembre de cette année, seulement 300 exemplaires seront livrés au pays. On peut espérer le double pour 2020. Si le succès est au rendez-vous, on devine qu’on augmentera le tirage. D’autres variantes pourraient aussi suivre. Pour le moment toutefois, on est en mode analyse chez Toyota.

On aime

Lignes spectaculaires
Équilibre parfait
Précision chirurgicale de la direction
Puissance de freinage

On aime moins

Suspension un peu trop permissive en mode sport
Habitacle très sombre
Cocon peu invitant pour les personnes de grande taille
Distribution très limitée

Photo : D.Rufiange
Photos :D.Rufiange
Photos de la Toyota Supra 2020