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Essai de la Mazda3 GT 2018

Plusieurs passionnés par la conduite automobile apprécient l’approche de Mazda, soit celle de proposer des voitures au caractère sportif, mais se voulant aussi pratiques, le tout à un prix raisonnable en regard du niveau de luxe obtenu. Ils ne sont pas si nombreux, toutefois ; Mazda devient, en partie par choix, une marque de niche. Elle ne concentre pas tant ses efforts sur l’atteinte des plus grosses parts de marché possible, et ce, à n’importe quel prix. Elle travaille plutôt à concevoir des produits offrant une expérience de conduite agréable et engagée.

La résultante est que vous retrouvez une Mazda3 qui tire sérieusement de la patte en matière de ventes nord-américaines vis-à-vis la Honda Civic, par exemple, dans la catégorie des voitures compactes. Et pourtant, plusieurs ne jurent que par elle et on peut facilement comprendre pourquoi.

La Mazda3 GT (GT pour Grand Touring) est livrable en configuration berline ou en version hayon à cinq portes. Les deux déclinaisons se campent au sommet de la hiérarchie devant le modèle de base Sport et la variante Touring. Mon modèle d’essai était une berline, laquelle s’accompagne d’un prix de départ de 25 910 $.

Simple, mais stylisée de manière compétente, l’édition 2018 est identique à celle de 2017, laquelle avait subi un léger rafraîchissement. Profitons-en pour rappeler que la dernière refonte de la Mazda3 remonte à quatre ans, mais que les produits de la concurrence sont toujours en mode rattrapage. Il s’agit probablement de la plus belle création de sa catégorie, et possiblement celle présentant les proportions les plus homogènes. Son style demeure athlétique, sans que ce soit forcé. L’avant, notamment, s’amincit de façon harmonieuse vers le museau sans que ce dernier présente une allure trop pointue. À partir de là, les lignes s’étirent le long du capot pour rejoindre l’arrière de manière très lisse. Les stylistes ont réussi à nous donner l’impression que la voiture était une configuration à propulsion, un effet qui sert très bien la berline. Au final, on profite d’un design bien pensé aux lignes simples. 

Le modèle GT est porteur d’éléments distinctifs comme une grille métallique noire, un subtil becquet arrière, des roues de 18 pouces en alliage argenté et des phares et feux aux D.E.L.

À l’intérieur
Mazda a travaillé de sorte que l’environnement réservé au conducteur soit pensé pour lui sans pour autant réveiller son côté claustrophobe. Ça signifie que l’espace pour les jambes, les coudes et les épaules est généreux, et que l’instrumentation située derrière le volant n’est pas intrusive. La variante GT s’accompagne d’une excellente chaîne audio Bose, de la climatisation à deux zones, de l’affichage tête haute et d’un toit ouvrant. Un toit panoramique aurait grandement amélioré la qualité d’un habitacle déjà très bien, mais au prix auquel est vendue la Mazda3, il s’agit d’un souhait irréaliste. Enfin… 

Concernant l’affichage tête-haute, il apparaît sur un petit écran plastifié qui se déploie au sommet du parebrise au démarrage. Le système fonctionne bien, mais ledit écran est un peu petit. Heureusement, il est possible d’ajuster, via l’écran du système multimédia, la hauteur de l’information retransmise. Je dois vous avouer que le système m’a fait craindre le pire dès le départ. Il m’a semblé plutôt fragile, comme s’il pouvait céder au moindre coup. Je suis peut-être paranoïaque, mais je n’ai pas osé vérifier sa solidité. 

Sur une note plus positive, j’ai ADORÉ la molette située près du sélecteur de rapports. Celle-ci nous permet de naviguer à travers les menus de l’écran du système multimédia. En fait, ce dernier n’est pas tactile, ce qui nous OBLIGE à utiliser ladite molette. Sa manipulation est intuitive et son emplacement judicieux fait qu’on n’a pas à s’étendre le bras pour y accéder, ce qui nous forcerait du coup à quitter les yeux de la route. Ça réduit également le risque de fausses manœuvres, comme sélectionner la chaîne métal préférée de votre ado alors que tout ce que vous souhaitez rejoindre est le menu du système de navigation. N’importe quel véhicule qui place ce type de contrôle à cet endroit se retrouve immédiatement dans mes bonnes faveurs.

Ma voiture d’essai profitait aussi du groupe d’équipement Premium qui inclut un volant chauffant gainé de cuir et muni de palettes, le système de navigation de Mazda, les sièges chauffants avant, de même que quantité de dispositifs d’assistances à la conduite (avertisseur de sortie de voie, freinage d’urgence intelligent, aide au maintien de voie, etc.) Le régulateur de vitesse adaptatif était également du lot. J’ai chaleureusement apprécié ce dernier lorsque je me suis retrouvé sur l’autoroute dans une circulation tout de même achalandée. Celui-ci ajuste la vitesse de la voiture à celle qui la précède et accélère pour reprendre le rythme de croisière quand la voie se libère.

La conduite
Aussi bien tournée que puisse être la Mazda3 de l’extérieur et de l’intérieur, ses entrailles sont aussi intéressantes. La mouture GT, comme la Touring, reçoit le plus gros des deux moteurs livrables avec ce modèle, soit un 4-cylindres SKYACTIV-G de 2,5 litres offrant 184 chevaux et 185 livres-pieds de couple. Une boîte de vitesses manuelle est, étonnamment de nos jours, servie de série avec toutes les variantes. Ma voiture était toutefois équipée de la transmission automatique SKYACTIV-DRIVE. 

Ce que ces éléments réussissent à faire, c’est de procurer au conducteur un ensemble qui répond au doigt et à l’œil, ce qui rend même les déplacements quotidiens vers le travail fort agréables. Bien sûr, cette voiture n’est pas une créature aussi sportive que peuvent l’être des bombes de poches comme la Volkswagen Golf Type R, la Ford Focus ST ou la version WRX de la Subaru Impreza, mais elle se veut bien supérieure à n’importe quelle autre proposée à prix similaire dans sa catégorie. Rappelez-vous que Mazda est l’un des rares fabricants à ne pas avoir une gamme de modèles dédiés à la performance ; la compagnie rend plutôt tous ses modèles agréables à piloter. L’esprit vroum vroum se perpétue. 

Alors, qu’est-ce qui rend sa conduite si plaisante ? D’abord, la direction est juste assez lourde pour que la sensation soit excellente et qu’elle nous donne l’assurance pour placer la 3 là où on le désire tout en ayant confiance au résultat final. À l’accélération, même si ce n’est rien d’explosif, la poussée est douce et linéaire au passage des rapports de la transmission. En sélectionnant le mode Sport, tout s’affûte un tantinet, du régime moteur à la direction, en passant par les changements de rapports qui sont retardés. Bien qu’on perçoive bien la transformation, j’en aurai pris un peu plus en passant à ce mode, question de profiter pleinement des routes sinueuses et des virages qui se sont offerts à moi. Juste un peu plus…

Au final
Dans l’ensemble, la berline Mazda3 GT est attrayante de l’extérieur et avance des proportions bien équilibrée. Son faciès, à mon avis, est particulièrement superbe. À l’intérieur, la qualité d’assemblage est quasi irréprochable et l’ergonomie des commandes est à point. 

La sensation de conduite, quant à elle, est sportive, bien sentie et pensée pour rendre chaque déplacement amusant. Si Mazda ajoute un peu de nerf à son mode Sport, elle se retrouvera avec une compacte pratiquement imbattable dans ce segment et cette fourchette de prix. Je dois avouer que le moteur de 184 chevaux contribue à l’agrément et aux performances de cette version GT ; les gens qui considèrent un modèle de base ont intérêt à se le rappeler. 

Points forts
La conduite la plus engagée dans cette catégorie
Superbe museau et bonnes proportions générales
Habitacle confortable et doté d’une bonne ergonomie
Qualité et performance au rendez-vous en regard du prix
Bien garnie en fait de dispositifs de sécurité

Points faibles
Un toit ouvrant simple nous semble chétif de nos jours
Espace un peu serré aux places arrière
Le mode Sport pourrait être plus… sport