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Lexus LC 500 2018 : cédez à cette beauté implacable

Lexus LC 500 2018 : cédez à cette beauté implacable

Nos premières impressions du nouveau coupé porte-étendard de Lexus Par ,

L’identité est quelque chose de très important pour les compagnies automobiles, surtout celles de luxe. Quand elle est bien définie, on peut s’appuyer dessus pendant longtemps (BMW), mais quand elle manque de clarté, on se perd et les clients nous filent entre les mains (Lincoln). 

Le tout nouveau coupé Lexus LC 2018 pourrait servir d’exemple à ceux qui désirent faire les choses à leur façon au lieu de suivre des lignes déjà tracées par la concurrence. C’est aussi la preuve qu’en allant à l’encontre des vents dominants, on peut naviguer sur des eaux plus intéressantes — je parle ici tant de la marque en soi que des conducteurs.

La chance sourit à ceux qui osent
Dans le cas de la Lexus LC — le premier coupé porte-étendard de la compagnie depuis la supervoiture LFA — ça commence avec une robe métallique si éblouissante et si proche du prototype LF-LC qu’elle éclipse même la splendeur naturelle de l’île d’Hawaii, où j’avais été invité à faire connaissance avec cette grande routière à 2 portes.

Au pied du volcan Mauna Kea et de ses champs de lave noirs et arides figés dans le temps, la LC 500 illustre — en compagnie de sa jumelle hybride, la LC 500h — ce qui devient possible lorsqu’on ignore la philosophie du même saucisson en 15 longueurs différentes qui guide le design des voitures de luxe allemandes depuis le début du siècle. Bien sûr, ça aide aussi de pouvoir compter sur une toute nouvelle plateforme (bientôt partagée avec la berline LS de nouvelle génération).

Lexus a également vu juste en ne recourant qu’à l’écusson arrière pour différencier la LC 500h de la LC 500 régulière à moteur V8. Ces 2 modèles ont les mêmes embouts d’échappement, les mêmes choix de jantes et les mêmes options. Parmi ces dernières, on dénombre un toit en fibre de carbone, un aileron à déploiement automatique et divers éléments sport qui améliorent la tenue de route de la voiture.

À l’intérieur, c’est pareil : on retrouve dans chaque cas de sublimes garnitures en cuir et en suède Alcantara. Les seuls bémols sont une instrumentation étonnamment simpliste (mais avec un tachymètre qu’on peut déplacer, comme dans les modèles F de Lexus) ainsi que la pavé tactile frustrant et l’infographie affreusement banale du système multimédia Remote Touch.

Une force volcanique
En voyant son style très percutant, on pourrait s’attendre à ce que la Lexus LC 500 2018 (voire la version hybride) ait suffisamment de puissance pour déclencher une nouvelle éruption du Mauna Kea. Ce qui risque de vous surprendre, l’arme secrète de la voiture, est le fait que les ingénieurs de Lexus ne soient pas embarqués dans la guerre des moteurs turbocompressés que se livrent BMW, Mercedes-Benz et Audi pour dominer l’autobahn. Oui, chers amis, on retrouve plutôt sous le capot de la LC 500 un V8 atmosphérique de 5,0 litres qui développe 471 chevaux et 398 livres-pied de couple. C’est le même moteur qui alimente le coupé RC F et la berline GS F, mais avec un rendement un peu différent.

Une telle cavalerie suffit-elle pour s’amuser au volant la Lexus LC? Absolument. Le grand sourire que j’avais au visage en accélérant vers l’intérieur de l’île d’Hawaii en est d’ailleurs une preuve éloquente. Oui, le couple est inférieur à celui de toutes les concurrentes ou presque, mais la LC 500 compense amplement son manque de fougue à bas régime par la sonorité pure et excitante du gros V8 ainsi que la façon dont elle explose à partir de 4 000 tours/minute — ce que les bombes allemandes turbocompressées n’arrivent pas à reproduire. Même la LC 500h à moteur V6 émet un son retentissant quand on appuie à fond, tandis que son moteur électrique (puissance totale du système : 354 chevaux) la garde à 2 dixièmes du temps d’accélération de 0 à 100 km/h de la LC 500 (4,5 secondes).

Les roues arrière de celle-ci reçoivent leur force motrice par le biais d’une boîte automatique à 10 rapports, une première chez Lexus. C’est malheureusement la grande — mais seule — faiblesse mécanique de la LC 500. En effet, ses changements de rapport sont très secs, surtout quand on utilise les palettes au volant. La LC 500h emploie de son côté une combinaison de CVT et de boîte automatique à 4 rapports qui donne au final le même nombre de rapports, mais qui fonctionne de manière beaucoup plus coulée tout en livrant une performance fort agréable.

Douce et non diabolique
Quand on conduit la Lexus LC 500 2018 à haute vitesse sur les portions les plus sinueuses des routes d’Hawaii, on comprend clairement que la compagnie voulait davantage offrir le confort d’une GT que la brutalité d’une authentique voiture sport. La suspension active réussit bien à garder le coupé à plat dans les courbes et à absorber les chocs de l’asphalte endommagé en mode Confort, tandis que l’option de la direction active aux 4 roues apporte un élément nouveau à l’expérience de conduite et aide à faire paraître la voiture plus légère. Cela dit, je n’ai jamais cherché à tester les limites de sa maniabilité ni songé à l’ajouter à ma liste de bolides de rêve pour m’amuser en piste.

Tout ce que je viens de vous décrire constitue un bel éloge à l’endroit de la Lexus LC 500. Sa simple existence dans un monde où les grands coupés n’intéressent vraiment plus autant les acheteurs que les gros VUS de luxe est quasiment un miracle. En outre, sa formidable ressemblance avec le prototype qui l’a inspirée devrait justifier la canonisation des designers de Lexus. Plus que tout, par contre, le fait de lui donner une personnalité bien à elle et de laisser la concurrence se battre pour savoir qui a les plus gros muscles permet à la LC de se tailler sa propre niche enviable dans le club très sélect des voitures de 100 000 $ et plus.

Photos :B.Hunting
Photos de la Lexus LC 500 2018