Au chapitre de la relation moteur-pilote, une bonne vieille transmission manuelle est, selon ma propre logique, la façon idéale de relier ladite source de puissance aux pneus qui mordent la route. Dans la S4, une boîte manuelle à six rapports joue habilement ce rôle, à moins que vous ayez opté pour l'automatique à six rapports avec mode Tiptronic. Heureusement, les gens de Audi se sont assurés de vous livrer une S4 équipée d'une manuelle performante. Le bras court se déplace dans chacun des six rapports avec une précision de classe mondiale, ce qui élimine à toutes fins presque la possibilité de manquer ses embrayages. Même si la puissance de la S4 est livrée de façon très linéaire, la sixième vitesse m'a permis de me maintenir dans un régime très confortable, à partir de 3 500 rpm. C'est là que se fait sentir - et apprécier - tout le travail du calage variable des soupapes. Enfin, le ratio produit par la sixième vitesse offre une vitesse de croisière paisible sur l'autoroute tout en maximisant l'économie d'essence.
La tenue de route de la S4, pour sa part, est si remarquable que cela en est effrayant. La réputée technologie à traction intégrale quattro de Audi répond docilement à toutes les exigences du coeur de 4,2 litres. À moins de conditions glissantes, il est quasi impossible que les roues tournent sur place et, si la météo est atroce, la S4 est vraiment la meilleure monture que vous puissiez enfourcher. Elle s'élance avec une propulsion et un contrôle fantastiques, et ce, même si vous vous trouvez en plein milieu d'un virage. Je n'ai ressenti aucun des symptômes qui accompagnent généralement les systèmes à traction intégrale, comme les déviations dues au couple et la nervosité dans les virages brusques. Les actions données au volant se traduisent instantanément et un petit coup sur l'accélérateur en sortie de virage permet de contrôler parfaitement les débordements et de se sentir en confiance. Je n'ai éprouvé aucune sensation de dérapage ni mouvement saccadé, ce qui peut par contre rendre la S4 moins attrayante pour les pilotes professionnels ou les maniaques de la conduite de performance. Quant à moi, qui conduis comme la plupart d'entre vous, j'ai trouvé le châssis merveilleusement neutre et bien balancé, peu importe les forces centrifuges qu'il doit subir.
Le calibrage des suspensions de la S4 convient à ce que j'appelle le "pilote gris". Cela signifie que les baby-boomers trouveront tout le rendement désiré au niveau de la tenue souple, sans toutefois manquer la fermeté typique des vraies voitures de course, comme la BMW M3. En fait, j'ai trouvé que la S4 se conformait parfaitement aux caprices de mon corps vieux d'un demi-siècle. N'importe quoi de plus rigide aurait sans contredit augmenter ma facture de chiro et réduit considérablement ma joie de me retrouver derrière le volant d'une S4.





