Auto123.com - On vous guide du rêve à la route

Célèbre contre toute attente - La DeLorean DMC 12

Célèbre contre toute attente - La DeLorean DMC 12

Par ,

J’ai beau répéter que je suis tout à fait incapable de trancher, on me demande continuellement laquelle des voitures j’ai essayée est ma préférée.

Entendons-nous sur un point : je ne compte plus mes coups de cœur depuis longtemps, mais je peux citer quelques essais particulièrement mémorables.

La fameuse DeLorean a beau être un peu lente – et un peu laide – elle fait partie de cette liste.

La DMC 12 (DMC pour DeLorean Motor Company, 12 pour le prix de vente prévu, soit 12 000 $) est l’incarnation d’une ambition qui n’a jamais abouti.

Photo: Wikimedia Commons

La création de John Z. DeLorean – un playboy ténébreux qui a quitté General Motors parce qu’il pensait pouvoir créer sa propre compagnie – n’a finalement donné que quelque 8 000 exemplaires, produits entre 1981 et 1982, soit avant que l’usine située en Irlande du Nord ne ferme ses portes, en raison des rumeurs pas nettes impliquant la drogue qui circulait.

Les accusations auxquelles le père de la compagnie faisait face ont finalement été abandonnées; John DeLorean a su réchapper au fiasco, mais cette histoire lui aura en fin de compte coûté son rêve de mettre sur roues l’ultime voiture de sport.

Les problèmes de production et autres rumeurs de falsification de données techniques ont eu raison de la DeLorean Motor Company.

La DMC 12, elle, a survécu dans l’imaginaire des gens grâce à son rôle de premier plan aux côtés de Michael J. Fox dans Retour vers le futur – la machine à remonter dans le temps qu’elle y incarne a immortalisé l’exaltation exubérante de son créateur.

Photo: profilesinhistory.com

Le design, laissé aux soins d’Italdesign, ne plaît pas à tout le monde. Sa silhouette carrée un peu écrasée; trébuchant par à-coups successifs sur la lunette arrière fait pourtant appel à toutes les trouvailles stylistiques en vogue à l’époque.

Peut-être est-ce les portes de style « gullwing » et les reflets des panneaux de carrosserie en acier inoxydable qui sont trop tape-à-l’oeil.

En tombant dans le siège conducteur, j’étire mon bras et attrape la languette prévue pour tirer sur la gullwing. Je suis assise confortablement, sur du cuir de qualité auquel l’âge a presque donné une personnalité.

La position de conduite tend vers l’arrière. Limitée dans les ajustements possibles, je suis forcée de m’étirer pour atteindre les pédales. Pas la voiture idéale pour ceux qui mesurent trois pommes et demie ou moins!

Le toit est une nouvelle version de la « bulle de Gurney ». En somme, il est découpé pour offrir plus de place à ceux qui en auraient besoin. En outre, tout est tapissé de cuir gris à l’intérieur – du tableau de bord vertical à la console centrale proéminente.

Grâce à nos avancées dans le monde de la mode, on peut affirmer aujourd’hui que cet intérieur est carrément périmé. Mais en 1981, ça devait être la classe.

Des petites fentes insérées dans les plus larges fenêtres des portes sont venues par la suite, histoire de permettre aux Nord-Américains de sortir rapidement leur argent aux stations de péage – et aux Canadiens de demander au service au volant un café chez Tim Horton’s!

Disponible avec une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports, ou automatique à trois, la DeLorean est propulsée par un V6 de 2,8L développant 130 chevaux – mis au point par trois manufacturiers : Renault, Volvo et Peugeot – qu’on retrouve sous la lunette arrière.

La DMC est donc une authentique voiture à moteur arrière qui, produite aujourd’hui, manquerait cruellement de puissance. N’oublions pas qu’à l’époque, tout ce qui comptait était de pouvoir atteindre 88 m/h.

À l’intérieur, le volant est drapé de cuir et, bien que son toucher soit agréable, l’absence de direction assistée rend la conduite lourde – contrairement aux freins qui sont légers de manière peu rassurante –. Il faut admettre que la suspension et le châssis sont remarquables… mais aussi qu’ils ont été dessinés par Lotus.

Au final, si les vertus techniques de la DeLorean se sont vite démodées, on peut néanmoins conclure que la DMC 12, par son aura, a largement dépassé les attentes de son créateur. Pour preuve, le sourire général que notre passage soulevait.

C’est vraiment un de mes essais les plus mémorables.