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Entretien avec Raymond Tanguay

Entretien avec Raymond Tanguay

Un Franco-ontarien à la tête d'une usine d'un constructeur... japonais! Par ,

Entretien avec Raymond Tanguay
Un Franco-ontarien à la tête d'une usine d'un constructeur... japonais!

Raymond Tanguay est originaire du nord de l'Ontario. Après avoir étudié l'électronique à Windsor, il entre à Electrohome en 1972 et fait le saut, en 1983, à Philips. Il travaille six ans à Scarborough avant de déménager à Montréal où l'attend un poste de vice-président de la région de l'Est. En 1991, M.Tanguay quitte l'entreprise pour travailler à Toyota à titre de responsable du système informatique. Il gravit les échelons pour devenir, en février 2002, président de l'usine Toyota Motor Manufacturing Canada (TMMC) de Cambridge, en Ontario. Outre les Toyota Corolla et Matrix, l'usine, qui compte aujourd'hui plus de 4000 employés, construit, depuis septembre dernier, l'utilitaire sport Lexus RX 330.

Auto Journal : À votre avis, qu'est-ce qui a permis à l'usine de Cambridge de récupérer la production des premiers Lexus construits à l'extérieur du Japon?

Ray Tanguay : Être choisi pour fabriquer le premier véhicule Lexus hors du Japon constitue vraiment un grand honneur. Car toutes les usines dans le monde entier voulaient avoir la chance de le produire. Certes, toutes les usines Toyota ont très bonne réputation, car elles respectent le système de production vraiment uniforme du constructeur. Mais la réputation de l'usine de Cambridge est très bonne en termes de qualité. Nous avons gagné beaucoup de prix au cours des 15 dernières années; la firme J.D. Powers nous en a décerné sept, dont quatre d'or. De plus, nous avons toujours eu une bonne réputation au plan de la stabilité, ce qui est le plus important. Car si une usine affiche, pour une année donnée, une bonne performance, mais que cette performance baisse l'année d'après, cela ne permet pas d'entretenir la même relation de confiance avec le constructeur. Le timing joue également un rôle très important. Dans notre cas, nous avons procédé à un réalignement de nos gammes de voitures. Nous avons déplacé la production de la Solara avec la Camry, ce qui nous a donné l'espace nécessaire pour assembler le RX330. Par ailleurs, le vice-président de Toyota au Japon a déclaré : "Si je veux fabriquer une Lexus en dehors du Japon, il n'y a qu'une seule place où je veux le faire. C'est au Canada!". C'était vraiment un très beau compliment.

AJ : Vous parliez du système de production Toyota qui est uniforme dans toutes les usines. Qu'est-ce qui différencie ce système de production de celui des autres constructeurs?

RT : C'est la discipline. Beaucoup de gestionnaires d'usines ont de bonnes idées. La différence majeure entre Toyota et la concurrence, c'est la manière avec laquelle nous nous y prenons pour exécuter les tâches de jour en jour. Nous avons une recette de fabrication et nous la suivons avec tous nos employés. Cela inclut le suivi de la formation de nos employés. Nous formons nos employés sur une base régulière, ce qui est important. Pour nous, c'est une façon de vivre. Chaque jour, tous les niveaux hiérarchiques de l'organisation s'engagent à penser d'une seule manière, soit la manière Toyota. En outre, il faut toujours impliquer nos employés dans le processus. Si nous ne pouvons le faire, même les meilleures idées seront impossibles à réaliser.