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Les pilotes : des athlètes ?

Les pilotes : des athlètes ?

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Les pilotes : des athlètes ?

Les coureurs automobiles sont-ils, oui ou non, des athlètes au sens le plus pur et le plus noble du terme ? Depuis des années, le débat fait rage. Qui de mieux placé pour répondre à cette épineuse question qu'un diplômé en sciences de l'activité physique ? AutoMag en a trouvé un, et celui-ci s'est transformé en journaliste pour l'occasion.

Le pilote moyen de formule 1 ou de monoplace, peu importe le type, est en général un homme de 5 pieds 7 pouces d'un poids de 130 à 140 livres. Rien d'impressionnant! Toutefois, même si les apparences ne favorisent pas une image d'athlète, il ne faut pas se leurrer. Ce petit corps est soumis à une panoplie de stress que monsieur Tout-le-Monde n'expérimentera jamais. Lorsqu'un pilote effectue un tour de piste à bord de son bolide, son corps est exposé à bon nombre de contraintes physiques, thermiques, physiologiques et même psychologiques.

Dans la communauté canadienne du sport automobile, la question ne se pose même pas. Les pilotes professionnels sont des athlètes; tous ceux qui ont touché à ce sport de près ou de loin vous le diront. Ce sont les journalistes, fans et athlètes des autres disciplines sportives qu'il faut convaincre. Toutefois, il faudrait d'abord s'entendre sur la définition du mot " athlète " qui, tel qu'employé par la plupart des gens, déborde largement de la pratique de l'athlétisme.

La définition fournie par Frank Alvarez, le bras droit du docteur Jacques Dallaire à l'institut HPI (Human Performance International), semble beaucoup plus appropriée : " Un athlète est un individu ayant acquis certaines habiletés propres à l'exécution de la tâche qui lui permettent de performer [sic] dans un milieu de compétition." Ces mêmes habiletés sont développées pour répondre à certaines contraintes que doit subir le corps du pilote de course. Voici donc les épreuves que les pilotes ont à surmonter, et à vous de juger si elles font d'eux des athlètes ou non.

Les forces gravitationnelles

Pour commencer, remontons quelque peu dans le temps, plus précisément en avril 2001. La course Firestone Firehawk 600 de la série CART qui devait avoir lieu au Texas Motor Speedway est annulée en raison de certaines difficultés rencontrées par les pilotes durant les séances d'essais libres. La majorité d'entre eux avouent s'être sentis étourdis en négociant les virages inclinés de cette piste ovale à une vitesse excédant les 360 km/h. L'explication est relativement simple, selon les physiciens : il suffit de tenir compte des forces gravitationnelles agissant sur le pilote afin de démystifier ces malaises, ce que confirme Alexandre Tagliani, pilote de la série Champ Car: "Les G encaissés venaient de deux directions, soit 6 G dans le plan vertical et 5,5 G dans le plan latéral. Cette combinaison de forces perturbe l'oreille interne, ce qui explique les étourdissements. " L'insuffisance du temps de récupération entre les virages était, semble-t-il, un autre facteur déterminant la condition des pilotes ce jour-là.