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Les pilotes : des athlètes ?

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Khatir Soltani

Pour ce qui est des autres types de courses automobiles, leur exigence au point de vue des G peut varier. Sur une piste ovale, les virages sont souvent inclinés, ce qui permet d'aborder la courbe à pleine vitesse. Les G sont orientés dans une seule direction, ce qui facilite quelque peu la tâche. Toutefois, sur un circuit routier, c'est une autre paire de manches. L'ex-pilote de formule Atlantique Jean-François Veilleux l'explique clairement "Ton corps est attaché au complet sur le siège de ta voiture, sauf ta tête que tu dois retenir toi-même. Il est possible d'aller chercher de 3 à 4 G au freinage; ça prend un cou en forme et il n'y a pas une multitude d'exercices pour l'entraîner. De plus, chaque petite inégalité sur la piste et chaque changement de vitesse se concrétisent par un choc absorbé par le pilote. "

Chaleur extrême

L'absorption de G supplémentaires est loin d'être la seule contrainte imposée au corps d'un coureur automobile. Le stress thermique est aussi un facteur très important dans l'équation de performance en course automobile. Pour le corps humain comme pour un moteur de voiture, la surchauffe n'est pas recommandée, car elle entraîne une perte de performance. Pourtant, il doit être difficile de survivre enfermé dans un cockpit à l'intérieur duquel il fait 120 degrés, habillé d'une combinaison à l'épreuve du feu et coiffé d'un casque mal ventilé. Pourtant, les pilotes s'acquittent de leur tâche sans faillir, alors que l'être humain moyen s'évanouirait après une vingtaine de tours dans de telles conditions. Pourquoi est-ce le cas? Parce que grâce à l'entraînement, le système de sudation se développe et devient plus performant. Par conséquent, cela permet de subir des stress thermiques plus importants sans les conséquences fâcheuses qui y sont normalement associées.

Afin de bien évacuer le surplus de chaleur le coureur automobile moyen suera autant pendant une course - en pourcentage du poids corporel - qu'un marathonien en pleine action. Frank Alvarez, de HPI, dit avoir mesuré plusieurs fois une perte de poids de plus de dix livres chez un pilote après une course de seulement 90 minutes. Le fait d'avoir un système de thermorégulation aussi performant est une autre caractéristique fondamentale d'un athlète.

Le système cardiorespiratoire subit aussi un énorme stress durant une course automobile. Les pilotes passent une bonne partie de leur entraînement à exercer leur endurance. L'exercice physique n'est pas le seul facteur qui peut faire augmenter la fréquence cardiaque; le stress en est un très important. Selon Jean-François Veilleux, les pulsations d'un pilote peuvent atteindre 160 à 190 battements par minute, selon le parcours et l'individu. Le stress imposé au muscle cardiaque par la course automobile est donc voisin de celui engendré par l'exercice du plus noble des sports. Si l'un est exercé par des athlètes, l'autre l'est probablement aussi !

Khatir Soltani
Khatir Soltani
Expert automobile
  • Plus de 8 ans d'expérience en tant qu’essayiste automobile
  • Plus de 50 essais réalisés au cours de la dernière année
  • Participation à des discussions avec la quasi-totalité des manufacturiers au Canada