Auto123.com - On vous guide du rêve à la route

Payer pour piloter, une absurdité

Payer pour piloter, une absurdité

Par ,

Le blogue de notre confrère européen, Emmanuel Rolland, du 15 février dernier vous expliquait que de jeunes pilotes devaient payer de plus en plus cher pour assouvir leur passion.

Ce n'est pas nouveau en fait. Lors des balbutiements du sport automobile au 20e siècle, la plupart des pilotes étaient des gens fortunés, généralement des comtes et des princes.

Mais il fut une époque, glorieuse, à laquelle seul le talent comptait. Durant les années 70, la carrière de plusieurs champions fut souvent entièrement payée par les grandes pétrolières, largement impliquées en course automobile.

Ce n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui. Alors que la Formule 1 devrait regrouper les meilleurs pilotes de circuits routiers du monde, seuls quelques individus au talent confirmé, les Vettel, Alonso et Hamilton entre autres, reçoivent un salaire. Les autres doivent aligner les dollars pour espérer s'asseoir dans une voiture de F1.

Le cas du Brésilien Luis Razzia, survenu la semaine passée, en est un exemple édifiant. Razzia avait un commanditaire pour le faire courir en Grand Prix avec la petite écurie Marussia. Mais son sponsor, trop optimiste ?, n'a pas effectué le second paiement prévu au calendrier. Razzia fut immédiatement remplacé par le Français Jules Bianchi.

La F1 est un monde impitoyable où nagent des requins... affamés. L'argent est le nerf de la guerre, pas le talent.

Les petites écuries, qui manquent nécessairement de budget, réclament des sommes faramineuses pour effectuer des essais. La rumeur veut qu'une d'elles ait exigé quelque 350 000 $ à des jeunes pilotes pour disputer une seule journée d'essais à Abu Dhabi.

Ce phénomène touche aussi d'autres séries, comme l'IndyCar et même le NASCAR. Il n'est vraiment pas rare de voir des voitures allouées à différents pilotes au fil de la saison, car les petites écuries mettent littéralement les volants aux enchères. Alors celui qui apporte le plus de dollars obtient la chance de conduire. Ainsi, on voit des voitures confiées à des pilotes différents à chaque épreuve.

Imaginez pourtant la même situation dans d'autres sports. Verriez-vous un joueur de hockey sur glace devoir apporter du financement afin de jouer pour un club de la Ligue Nationale? « Pour jouer pour nous cette saison, tu dois apporter la somme d'un million de dollars », pourrait dire un directeur général. Quoi?

Et verriez-vous un joueur de football devoir apporter quelques millions d'euros à son équipe pour jouer pour un club de Ligue 1? Jamais!

Pourtant, c'est l'absurdité du sport automobile actuel qui coûte beaucoup trop cher, à une époque où les investisseurs et les annonceurs sont devenus très frileux à cause de l'économie mondiale qui tourne au ralenti.

Selon moi, le premier objectif, et le plus pressant, est de diminuer sérieusement les coûts en course automobile à tous les échelons, du karting à la F1, en passant par toutes les formules de promotion.

Si les écuries de F1, IndyCar et NASCAR parviennent à réduire les dépenses, alors nous les reverrons engager les meilleurs pilotes disponibles, et non pas les plus fortunés.

Marussia F1
Photo: Marussia F1 Team