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Suzuki et l'industrie sans merci

Suzuki et l'industrie sans merci

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Je n'aime pas faire ça, mais il le faut quand même.

Il y a environ un an, dans le Bilan 2011 des constructeurs japonais, j'ai écrit que l'un d'entre eux ne pourra renaître de ses cendres. Certains m'ont trouvé trop sévère, voire irrationnel.

Peu de temps après, j'ai dressé une liste des voitures et des camions qui risquaient de disparaître en 2012-2013, incluant toute la gamme de Suzuki. Encore une fois, j'ai reçu des critiques.

Croyez-moi, je ne suis pas méchant; je fais seulement face à la dure réalité. Je peux comprendre que les gens ne veulent pas vivre de malheur. Et entre vous et moi, je suis triste d'avoir eu raison.

Malheureusement, je m'apprête à en remettre. Je vous l'annonce : Suzuki Canada ne survivra pas. Ses dirigeants affirment qu'ils ne prévoient pas actuellement modifier les activités de la compagnie en raison de la faillite de la division automobile aux États-Unis. Pas actuellement? Qu'est-ce que ça signifie, au juste? Je vous laisse tirer vos propres conclusions.

Tournons-nous maintenant vers Mitsubishi. Dans son blogue Des signes de vie chez Mitsubishi, mon collègue Michel Deslauriers a éloquemment décrit ce que le fabricant doit faire pour revenir dans le feu de l'action. J'aurais été un peu plus cinglant et suggéré d'abandonner complètement la i-MiEV afin de lancer la Mirage au Canada le plus rapidement possible.

Malgré leurs bonnes intentions, les compagnies automobiles n'échappent pas à la force du yen, à la concurrence ultra féroce, à la crise économique, aux perceptions des consommateurs et à tout ce qui rend l'industrie et le marché si volatiles. Depuis quelques années, Mitsubishi ne fait qu'éliminer des modèles, un mauvais signe pour ceux qui espèrent enfin voir la marque s'imposer.

Je pourrais en pointer d'autres du doigt et leur rappeler le sort qui les attend si elles ne font pas attention.

Prenons Chrysler, par exemple. Nonobstant sa riche histoire, comment une marque n'ayant que deux véritables modèles peut-elle survivre? Avec le déclin de la Town & Country aux États-Unis, sur quoi Chrysler peut-elle bâtir? N'ayons pas peur des mots : la 200 attire davantage les gestionnaires de flottes que les particuliers. De plus, aussi fantastique qu'elle soit, la 300 ne peut porter la marque sur ses épaules à elle seule.

Devrait-on faire de la 300 une Charger de luxe et la vendre sous la bannière Dodge? Les consommateurs patienteront-ils jusqu'à l'arrivée du futur multisegment Town & Country? Si la prochaine 200 souhaite imiter l'Audi A4, le public mordra-t-il à l'hameçon? Tant de questions qui restent sans réponse...

Ma boule de cristal n'est pas tout à fait claire mais, à mon avis, un avenir rose pour Chrysler implique davantage de modèles Fiat.

Si Buick semble avoir réussi l'impossible en rajeunissant une vraie marque de pépère, j'imagine que Chrysler pourra en faire autant.

Les temps sont durs et les constructeurs doivent prendre des décisions lourdes de conséquences. Prions pour qu'ils voient la lumière au bout du tunnel.

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