Mis à part les tableaux de séries éliminatoires de hockey, le jeu de prédictions favori par les temps qui courent au Canada concerne les VÉ fabriqués en Chine. Plus précisément, on se demande quels modèles seront les premiers à apparaître sur notre marché dans le cadre du nouvel accord Canada-Chine sur la réduction des tarifs douaniers.
Verrons-nous des VÉ réellement abordables de BYD, Chery et Geely au Canada avant la fin de l'année ? Une poignée de VUS plus chers servant au positionnement des marques ? Une simple vague de Tesla Model 3 bon marché et rien d'autre ? Seul l'avenir le dira, mais tout le monde semble avoir son opinion.

Quel est l'accord Canada-Chine ?
Cet accord a créé un système de quotas permettant l'entrée annuelle au Canada de jusqu'à 49 000 VÉ construits en Chine, assujettis à un tarif de 6,1 % (le taux standard de la « nation la plus favorisée »), au lieu du taux de 100 % qui leur serait autrement imposé.
Les 24 500 premiers permis d'importation sont devenus disponibles selon le principe du « premier arrivé, premier servi » le 1er mars dernier. Le quota doit passer à 70 000 unités par an d'ici 2030.
Au cas où vous vous poseriez la question, ce chiffre curieux de 49 000 a été établi en fonction du nombre total de VÉ fabriqués en Chine qui étaient importés au Canada avant la mise en œuvre du tarif de 100 % en 2024. À l'époque, la quasi-totalité était des VÉ produits en Chine par Tesla et Polestar.

Nouveaux joueurs
Les choses sont évidemment différentes aujourd'hui. S'il est vrai que les premiers véhicules électriques à entrer au Canada en vertu du nouvel accord sont des Tesla Model 3 fabriquées en Chine, ainsi que quelques Lotus Eletre, des développements plus exotiques se préparent.
Nous avons récemment fait état des activités de Chery et de Zeekr, la division haut de gamme de Geely, qui ont toutes deux pris des mesures pour embaucher du personnel afin de guider les entreprises sur le marché de la vente au détail au Canada. Le géant de l'automobile BYD les devance tous les deux, ayant engagé une firme de consultants pour l'aider à faire progresser ses plans d'établissement de 20 concessions à travers le Canada, en commençant par trois emplacements dans la région de Toronto (GTA) pour s'étendre ensuite vers Vancouver, Montréal et Calgary.

Alors, quels VÉ chinois le Canada recevra-t-il ?
Il y a eu des spéculations, y compris de notre part, selon lesquelles la première vague de véhicules électriques fabriqués en Chine importés au Canada pourrait être constituée de modèles plus chers. Ces derniers offrent les marges plus élevées nécessaires pour financer l'établissement d'une infrastructure de vente au détail dans un nouveau marché. Compte tenu des coûts d'entrée sur le marché canadien — homologation, logistique, conformité réglementaire, marketing et établissement d'un réseau de distribution et de service après-vente, etc. — la première offensive pourrait davantage ressembler à une opération de prestige qu'à une invasion de véhicules électriques bon marché.
D'un autre côté, Ottawa soutient que le nouveau système vise à encourager l'arrivée de modèles plus accessibles. Le gouvernement demande que la part du quota réservée aux véhicules dits abordables — définis comme des VÉ dont le prix à l'importation est de 35 000 $ CA ou moins — atteigne 50 % d'ici 2030.

Gardez également à l'esprit qu'il y a un fossé entre le prix d'importation réel et le prix de détail final affiché en concession. Les coûts d'expédition, les frais de distribution, le positionnement du produit, les marges du fabricant et du concessionnaire ainsi que les seuils réglementaires contribueront tous à pousser ce prix de détail au-delà du niveau que les consommateurs pourraient considérer comme « abordable ».
En pratique, les consommateurs canadiens pourraient voir arriver des véhicules intéressants, mais ils ne seront pas affichés au prix d'une LEAF ou d'une nouvelle Bolt, par exemple. Voici quelques possibilités, selon un rapport d'Electrek, accompagnées d'une estimation du prix de vente canadien (sujet à de grandes variations, précisons-le) :
- • BYD Seagull : une petite citadine à hayon (30 000 $ CA)
- • BYD Atto 3 : un VUS compact (42 000 $)
- • BYD Seal : une berline intermédiaire (49 000 $)
- • Chery Omoda 5 EV : un multisegment compact
- • Chery Jaecoo E5 : un VUS intermédiaire

Nous soulignons que, hormis Tesla, les autres entreprises cherchant à profiter de l'ouverture créée par l'accord commercial Canada-Chine sont encore à des mois de remettre les clés d'un de leurs VÉ à un client canadien. Mais elles s'en viennent.







