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BMW Z8 2001 : essai routier

BMW Z8 2001 : essai routier

Z8: Une bête féroce mais sophistiquée Par ,

Les concepteurs de la nouvelle tête d'affiche de la firme bavaroise, la BMW Z8, se sont inspirés de la légendaire biplace sport, la 507, qui a fait ses débuts à New York, en 1955. Même si la Z8 présente des petits airs rétro, elle n'en demeure pas moins une «créature» extrêmement sophistiquée. Telle une BMW à part entière, elle reste fidèle à sa calandre à double narine allongée. Personne ne peut nier ses origines.

Sous son habillage profilé mais «musclé» se trouve un cadre monocoque en aluminium et chacune des parois extérieures est solidement fixée à cette structure extrêmement rigide. On obtient ainsi une plate-forme robuste, exempte de secousse. La Z8 ne se tord ni ne fléchit avec l'apport de poutrelles qui longent les deux côtés du tunnel central.

Un comportement routier incisif
Quant à son comportement routier, il dépend d'une répartition des masses à 50/50, d'une suspension complètement indépendante, d'une direction ultra-précise et de pneus massifs (anticrevaison) de 245/45R18 à l'avant et de 275/40R18 à l'arrière.

La suspension, qui fait confiance à des jambes de force et ressorts ainsi qu'un essieu arrière intégré, propose un comportement routier rigoureux associé à une douceur de roulement impressionnante. Sa vive et précise direction, qui ne demande que trois tours d'une butée à l'autre, assure des trajectoires impeccables dans les virages serrés, même sur pavé cahoteux.

Outre sa suspension des plus efficaces, la tenue de route de la Z8 est maximisée par le système de contrôle de la stabilité dynamique (Dynamique Stability Control), qui gère le sous-virage ou le survirage lorsque le conducteur exige trop de cette féroce biplace. Quand le DSC est activé, il est impossible de faire patiner les roues. Si on désactive le système, il reprend quand même du «service» automatiquement lorsque le train arrière veut se dérober, dans des situations serrées.

Il ne faudrait pas oublier les freins qui font appel à d'imposants disques aux quatre roues, le tout épaulé par un système ABS de dernière génération. Selon BMW, la Z8 peut s'arrêter dans un peu moins de 35 mètres à partir de 100 km/h. En conduite sportive, ces freins, de type compétition, ont une endurance à toute épreuve.

Un V8 qui vous fait passer de 0 à 100 km/h en moins de 5 secondes
La Z8 est propulsée par l'énergique V8 de 5,0 litres de la berline M5. Ce fougueux V8 délivre 400 chevaux et un couple de 369 lb-pi dont 80 % est disponible à 1 500 tours. Vous passez de 0 à 100 km en un peu moins de 5 secondes, tandis que les dépassements deviennent un jeu d'enfant avec une marque de 80-120 km/h en à peu près 4,5 secondes, tout en restant en quatrième. À seulement 1 660 kg (3 652 lb), son rapport poids/puissance est de seulement neuf livres par cheval-vapeur.

Le moteur est doté de deux pompes à huile à grand débit, qui permettent de prendre les virages comme si on était en course automobile, sans craindre de manquer d'huile lorsque le précieux liquide est bousculer d'un bord du carter, lorsque les G s'accumulent.

Autre caractéristique surprenante, c'est la présence d'une commande d'ouverture des papillons à contrôle électronique. En optant pour le mode normal, les reprises sont autoritaires avec la forte réserve de couple à bas régime. En position sport, le «robinet» de réglage du débit des gaz est totalement ouvert, ce qui autorise un maximum de puissance. Cette cavalerie fait sentir sa présence avec deux bouches d'échappements de fortes dimensions, qui laissent échapper un des mugissements agréables pour l'oreille.

Pour le moment, BMW n'offre que la boîte manuelle à 6 rapports qui s'exécute en douceur. Les mouvements courts du levier, la grille impeccable et l'embrayage progressif rehaussent l'agrément de conduite. Les rapports de vitesses pourraient être un peu plus longs afin de mieux s'adapter à la conduite nord-américaine.

Un habitacle de vraie biplace sport
En prenant place à bord de la Z8, on se croirait au volant d'une biplace sport des années 50, mais un tour du propriétaire laisse immédiatement entrevoir qu'il s'agit d'une voiture sport moderne et bien conçue. Les baquets réglables proposent un confort certain tout en offrant un juste support anatomique. La position de conduite est impeccable et l'on se sent tout de suite à l'aise au volant de cette monture unique.

Le bloc d'instrumentation, qui est curieusement localisé vers la droite au-dessus du bloc central, se laisse consulter avec aisance, il ne suffit que de s'y habituer. À peu près situés sous le rétroviseur, on y retrouve la jauge à essence, l'indicateur de vitesse, le compte-tours (avec montre) et les jauges de température du moteur. Sous l'instrumentation, on retrouve deux bouches de ventilation et les commandes du panneau de contrôle de température/climatisation/ventilation.

Un peu à gauche de ces touches, se trouve un bouton de grande dimension qui sert à faire démarrer le moteur, comme dans les voitures de course d'autrefois. La radio, un peu trop basse, est cachée derrière un couvercle rétractable. Elle comprend, en outre, un système de navigation GPS, un téléphone cellulaire mains libres, en plus des fonctions audio conventionnelles. Un peu complexe à gérer, la chaîne audio émet un son de grande qualité par le biais de 10 haut-parleurs stratégiquement placés.

Même s'il n'y a pas d'options au catalogue, je verrais bien les accessoires suivants dans un bolide de près de 200 000 $, soit des baquets et des miroirs avec mémoire et un volant inclinable même s'il est déjà télescopique.

Soulignons qu'abaisser le toit se fait en deux mouvements alors qu'il ne s'agit que d'actionner un bouton. Il est facile et rapide de fixer la capote de recouvrement. Toutefois, la lunette arrière est en matière plastique alors que celle de la Mazda Miata, beaucoup moins chère, est en verre. Le coffre de taille un peu restreinte (203 litres) peut, selon les commentaires des gens de BMW, loger deux sacs de golf.

Les concepteurs de la marque de Munich ont pensé à la sécurité en équipant, de série, la Z8 de deux gros arceaux de sécurité, de montants de pare-brise renforcés, de coussins gonflables à deux phases, de sacs gonflables latéraux, de phares au xénon et de puissants feux de freinage et de direction au néon.

La Z8 se veut une pièce unique qui pourrait devenir éventuellement une voiture de collection très prisée. Ce n'est toutefois pas un jouet capricieux, car elle procure des performances renversantes, une tenue de route impeccable et sûre et, en prime, un «look» extraordinaire. À près de 200 000 $ pièce, elle n'est sûrement pas à la portée de toutes les bourses, mais elle attirera de nombreux clients dans les salles de montre des concessionnaires BMW qui s'en procureront une. Pas sûr que ce cela facile, car le nombre des unités produites en 2001 est fort limité. Contentons-nous donc de l'admirer!