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Essai de la Buick Regal Sportback 2018 : À l'intersection du coupé, de la berline et du modèle à hayon

Le meilleur des mondes, en quelque sorte Par ,

Pendant de nombreuses années, la sagesse populaire  voulait que Buick offrait une expérience de conduite soporifique, surtout pour les pères (ou les grands-pères) de ce monde; maintenant, il est devenu tout aussi cliché de supposer que la génération actuelle de véhicules du fabricant américain n’a plus rien en commun avec les Buick pépères d’antan. Est-ce vraiment le cas?

Il est à noter que la marque connaît un succès massif sur le marché chinois, certes, mais ce phénomène ne nous apprend rien à savoir si les Buick d’aujourd’hui sont devenus plus excitants, trop excitants ou pas assez excitants. Nous avons mis la Buick Regal Sportback 2018 à l’épreuve pour voir comment l’un des modèles actuels du constructeur automobile se démarque dans un segment compétitif mais marqué par une baisse des ventes.

Modèle à hayon? Sportback? Fastback? Coupé à quatre portes? Berline à cinq portes?
Ah, la berline. Les difficultés vécues par les quatre portes de ce monde et la disparition de certains modèles de longue date ont beaucoup fait jaser au cours des derniers mois, et continuent de le faire. Dans ce cas-ci, notons d'entrée le nom de Sportback, désignant, entre autres, l'ouverture à hayon dans la partie arrière de ce qui est par ailleurs une berline standard. Seulement, les fabricants, qui ont peut-être sondé des groupes de consommateurs ou se sont simplement penchés sur les chiffres des ventes, ont décidé qu'ils étaient allergiques au terme «hayon». D'où l'avènement du Sportback, du Fastback, du Liftback, etc.

Il y a plus que ça, bien sûr. La Regal Sportback 2018 est dotée d'une ligne de toit inclinée qui lui confère un aspect résolument coupé, et sa hauteur est inférieure d'environ 2,5 cm à celle de l'ancienne berline Regal. En outre, elle pèse environ 90 kg de moins. Ces changements améliorent l’aérodynamisme et par conséquent les performances et l’économie de carburant, en plus de donner à la voiture une apparence plus sportive.

Voici ce que le vice-président de Global Buick et GMC, Duncan Aldred, avait à dire au moment du lancement du modèle:

"La nouvelle Regal Sportback a été conçue en fonction d’un acheteur de voiture haut de gamme, actif et indépendant. Il a un VUS dans le garage et cherche à le compléter avec une berline sport, mais apprécie l’utilité d’un espace de chargement polyvalent lorsque le besoin survient à l’occasion. "

- Duncan Aldred

C’est assez précis comme cible démographique, convenons-en. On présume qu’il essayait simplement de dresser un portrait vif, et que ce que Buick recherche avec ce modèle est d’attirer des consommateurs qui aiment toujours les berlines, qui veulent une touche de luxe haut de gamme, mais pas au prix d’une voiture de luxe allemande, et qui apprécient l’aspect pratique d'une ouverture à hayon sans avoir à perdre aux niveaux de l’apparence et de la performance. Et si tel est son mandat, la Buick Regal Sportback 2018 le remplit bien.

Vous voulez de l’espace de chargement? Vous l’avez!
La grande ouverture à hayon (pas électrique, malheureusement) permet un accès facile à un très grand coffre qui offre plus de deux fois plus d'espace que l'ancienne berline Regal (892 litres, et 1 713 litres avec les sièges arrière rabattus). Il y a également une option pour ajouter une configuration divisée 40/20/40.

En transformant la Regal, voiture traditionnelle, en Regal Fastback, berline coupé sport, Buick a allongé la longueur totale de la voiture (de 6,75 cm) et la longueur et la largeur de l'empattement (respectivement de 6,6 cm et 9 cm). Ces changements donnent à la voiture un aspect plus sportif et plus élégant. Les nouveaux phares (DEL en option) et la calandre unique renforcent que n’est loin de l’ancien modèle. À noter que le modèle, même si elle porte le nom Buick, est en réalité basé sur le modèle européen Insignia de Opel.

Jouer dans la cour des grands
En outre, son châssis est plus léger qu'avant tout en étant plus rigide, ce qui lui permet d’afficher des améliorations au niveau des performances. La direction est serrée et réactive et la voiture reste bien ferme dans les virages. De plus, j'ai trouvé cette Regal vachement rapide au décollage. L'accélération initiale m'a impressionné la première fois que j’ai dégainé après un changement de feu, et elle m’impressionnait toujours rendu à la fin de ma semaine, je ne décernais guère de décalage du turbo. L'absence d'un CVT a probablement aussi aidé; la version Essence à traction intégrale que je conduisais était livrée avec une boîte automatique (à 8 rapports) qui n’a trahi aucune faiblesse notable. Notons que les versions Regal Sportback à traction avant sont livrées avec une transmission automatique à 9 vitesses.

Le Sportback est livré avec un moteur turbo 4 cylindres de 2,0 litres qui génère 250 chevaux et 260 lb-pi de couple; les variantes avec traction intégrale offrent plus de couple, 295 pour être exact, et dans ces versions, le couple est appliqué instantanément via un différentiel à double embrayage.

Honnêtement, cette voiture conduit comme si elle devait coûter plus cher, ce qui est un très bon compliment. La seule chose qui semble manquer par rapport à certains de ses adversaires germaniques est le rugissement du moteur. Le Regal Sportback roule avec une telle tranquillité qu’à certains moments, j’aurais cru conduire à l’électricité. Apparemment, Buick a inclus une couche de mousse à l’intérieur des pneus fournis (Continental Procontact), et d’autres éléments tels que le type de verre utilisé et une isolation supplémentaire à des endroits stratégiques permettent une conduite très silencieuse. Ce qui est génial, mais un tout petit peu plus de colère émanant de sous le capot aurait été le bienvenu.

À l’intérieur, cette voiture qui joue dans la cour des grands au niveau de ses performances est quand même plus modeste. La présentation est bonne, les matériaux sont décents et la finition est solide, mais l’ensemble n’a rien de luxueux. Tous les modèles Sportback bénéficient d'un écran tactile de 7 pouces, de la compatibilité avec Apple CarPlay et Android Auto, d'une connexion Wi-Fi 4G LTE, d'un démarrage par bouton-poussoir et de cinq ans d'OnStar en équipement standard. Les acheteurs peuvent opter pour un écran plus grand de 8 pouces avec navigation.

La version Essence ajoute des sièges en cuir, des sièges avant chauffants, un volant et un écran plus grand de 8 pouces. Notre voiture de prêt comprenait l’ensemble Drive Confidence (2195 $), qui inclut des phares à DEL, une surveillance des angles morts, une alerte de circulation transversale arrière, un siège passager avant à réglage électrique et des réglages de mémoire pour le siège conducteur à réglage électrique. Nous avions également l’ensemble Experience Buick (2 695 $), qui offre la radio par satellite SiriusXM avec navigation (plus un essai de trois mois avec accès complet), des jantes en alliage d'aluminium chromé de 7 pouces et un toit ouvrant à commande électrique. Avec ces extras, le prix de notre Regal Sportback était de 42 830 $ (le PDSF du modèle de base commence à 33 945 $; l’Essence de base commence à 39 445 $).

Les cotes de consommation officielles pour la Regal Sportback à traction intégrale sont de 11,0L/8,0L/100 km (ville/route). Mon pourcentage tournait probablement au tour de 70% conduit en ville, et ma moyenne était de 10,8L / 100 km. Je dois dire que j'ai été un peu déçu par ce résultat. On parle ici d'un moteur à 4 cylindres qui propulse une voiture plus légère qu'avant (une voiture et non un VUS, je le répète), équipé d'un système d’arrêt-redémarrage de moteur. Peut-être que cette sonorité si discrète m'a fait croire que je pouvais bénéficier d’un rendement moins énergivore...

Des airs de luxe, mais à un prix (relativement) modique
En bref, Buick se devait de choisir où concentrer ses énergies et ses ressources pour éviter que le prix de la Regal Sportback 2018 ne grimpe hors de portée de sa clientèle ciblée, et le constructeur a décidé de mettre ses œufs dans les paniers de l’apparence et de la performance plutôt que ceux du luxe intérieur et du raffinement. À quel point la voiture vous plait dépend un peu beaucoup d’où vos priorités se situent là-dedans. Pas de doute, elle offre une expérience de conduite impressionnante pour le prix qui y est attaché.

Les consommateurs américains ont accès à une version familiale du modèle, la TourX, qui n’est malheureusement pas offerte au Canada. Dommage, car le marché canadien est ne manque de choix en matière de familiales, et le créneau de prix de la Regal Sportback ferait de la TourX une alternative très viable à la Golf Alltrack, par exemple.

En revanche, nous avons accès ici au système de traction intégrale à partir de l'édition Essence, ce que les Américains n’ont pas. Nyah nyah.
Au fait, nous avons tellement aimé conduire ce modèle que nous allons répéter l'expérience dans quelques semaines, cette fois au volant de la version GS, plus sportive. À lire bientôt sur Auto123.com!

Les plus
Bonne maniabilité et accélération
Roulement très calme
Siège conducteur confortable
Bonne ergonomie pour le système multimédia
Très grande ouverture à un très grand coffre
Traction intégrale au menu
Une belle silhouette

Les moins
Ou sont les rugissements du moteur?
Ce grand hayon, qui ouvre très haut, n’est pas à commande électrique
Visibilité arrière moyenne
Pas d’affichage tête haute