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Fiat 124 Abarth 2019 : quand le meilleur vient d’ailleurs…

Notre semaine non-officielle de la décapotable se poursuit avec la Fiat 124 Abarth 2019, un roadster Italien qui est aussi japonais, d’une marque qui s’accroche aux marges du marché nord-américain par le bout des doigts.

À venir cette semaine, nos essais des Mazda MX-5 2019 et BMW Z4 M40i 2020

Lorsque Fiat a annoncé qu’elle revenait en Amérique du Nord pour l’année 2012, enthousiasme et scepticisme se sont mis à planer. C’était bien sûr la suite logique au mariage avec Chrysler. Toutefois, la chose qui était sur toutes les lèvres avait trait à la fiabilité. Disons que l’historique de la marque italienne en la matière n’est pas reluisant. Malgré tout, on espérait le meilleur.

Or, ce n’est pas ce qui s’est produit. En fait, un peu plus de sept ans plus tard, il faut le dire, le bilan est catastrophique. Fiat peine à vendre des véhicules chez nous et le mot est faible.

Dans les faits, le produit Fiat qui se vend le plus depuis le début de l’année est… une Mazda.

Comme le dit l’expression bien de chez nous, « ça va mal à shop ».

Photo : D.Rufiange

Au sein du groupe FCA (Fiat Chrysler Automobile), on a un plan pour Fiat. Il a été annoncé l’an dernier par Sergio Marchionne, peu de temps avant son décès. On en fait brièvement état dans notre analyse du modèle 500X et de son nouveau moteur, essayé à New York plus tôt cet été. On verra bien, mais la pente s’annonce raide pour la marque italienne.

En attendant, voici ce qui vous attend, si la décapotable 124 vous intéresse.

Une Mazda italienne
C’est connu, la 124 est née d’un partenariat avec Mazda qui a prêté les bases de sa MX-5 pour la naissance de cette cousine italienne. Quant au numéro 124, une petite recherche sur Google vous fera découvrir l’ancêtre, produite entre 1966 et 1985. Une légende, rien de moins.

La version moderne a beau reposer sur un châssis nippon, sa mécanique est italienne, ses réglages de suspensions aussi. On a donc une voiture dont le comportement est similaire à celui de la MX-5, mais aussi différent.

Photo : D.Rufiange

N’ayez crainte toutefois, les ingrédients qui font le succès de celle qui s’impose depuis 1990 chez Mazda sont présents. Une direction précise, un comportement hyper équilibré, une boîte mécanique agréable à manipuler, bref, des éléments qui garantissent un plaisir aux commandes. J’y reviens sous peu.

Le style : une question de goût
Mis à part ses proportions, la Fiat 124 ne ressemble pas à la MX-5 et c’est une bonne nouvelle. Les acheteurs ont deux choix devant eux, surtout que les organes mécaniques ne sont pas les mêmes (voir plus bas). Personnellement, je préfère l’allure de la 124, mais c’est relatif. Son caractère plus rare me plaît.

Esthétiquement, notre variante Abarth portait ses propres logos, des roues distinctes et un fini noir à la hauteur du capot et du coffre, un hommage au passé de la marque, mais aussi une option à 2995 $.

Photo : D.Rufiange
Photo : D.Rufiange

Cabine téléphonique
À l’intérieur, l’espace est compté, c’est devinable. Avec ce type d’environnement, il y a du bon et du mauvais. On profite souvent d’une bonne position de conduite et toutes les commandes sont à portée de main. En revanche, le rangement est pratiquement absent et on a tendance à s’accrocher partout.

Le degré de confort est décent, mais un aller-retour à New York a laissé ses traces. J’opterais pour les sièges Recaro, en option, avec cette version. La cabine est bruyante, aussi, sur l’autoroute. En vérité, passé les 90 km/h, nos oreilles apprécient davantage lorsque la capote est relevée. Et oubliez l’option qui regroupe la navigation et la chaîne audio Bose à neuf haut-parleurs (1600 $) ; il est impossible d’en profiter pleinement.

Et il y a ce système multimédia qui nous ramène à l’âge de pierre. Ici, la critique s’adresse à Mazda, car c’est elle qui signe l’habitacle. Et son système est dépassé. On perd du temps à travers les menus et l’interface est désuète. Ce qui est dommage, c’est que FCA propose une des meilleures approches sur le marché (UConnect).

Photo : D.Rufiange

En terminant, des éloges pour le dispositif qui permet d’abaisser ou de relever la capote. Le tout peut se faire d’une main. Sur l’autoroute, à l’approche d’un rideau de pluie, je me suis rangé en catastrophe sur l’accotement et sans blague, moins de cinq secondes après l’arrêt complet, j’étais reparti. Aussitôt le ciel calmé, j’ai procédé à l’opération inverse à moins de 30 km/h ; un jeu d’enfant.  

Mécanique et réglages Abarth
Le cœur de la 124 Abarth est un 4-cylindres turbo de 1,4 litre qui propose 164 chevaux et 184 livres-pieds de couple. C’est 4 chevaux de plus que la 124 en version de base, un élément négligeable. C’est moins que la MX-5 (181) qui a progressé à ce chapitre (+26) cette année.

Au final, c’est un peu secondaire, car la puissance est plus qu’adéquate. Avec la boîte manuelle à six rapports qui équipaient notre modèle, la 124 s’anime en deuxième, surtout en troisième. Et parce qu’on repose près du sol, l’impression de vitesse est supérieure. Ici, c’est le plaisir qui compte, non les 6,8 secondes requises pour atteindre les 100 km/h. En fait, le plaisir dure plus longtemps... et il est constant.

Comparée à la MX-5, la 124 offre un tantinet plus de confort. On oublie toutefois ça avec cette variante Abarth, conçue pour le pilotage. Cette dernière est porteuse d’amortisseurs Bilstein aux réglages plus fermes. Des freins Brembo pouvaient aussi être trouvés sur notre version, une option à 1995 $.

Photo : D.Rufiange

La version Abarth propose aussi un mode Sport qui permet d’affûter la réponse du moteur, notamment. Des roues en aluminium de 17 pouces assurent un excellent lien avec la route. Au final, sa conduite est un tantinet plus incisive.

L’essentiel
Comme la MX-5, la 124 offre plus de positif que de négatif. On l’achète pour la différence, car autrement, on fait une meilleure affaire avec la représentante Mazda ; une valeur sûre à long terme. La rareté de la 124 pourrait la servir, toutefois, mais il faudra être patient.

On y va aussi avec une version de base à un peu moins de 35 000 $. Des rétroviseurs chauffants sur un modèle de la sorte, c’est aussi utile que des bottes d’hiver sur la plage de Santa Monica, en Californie. Notre version, avec tous ses artifices, affichait un prix de 52 170 $, quelque 14 000 $ de plus que la variante Abarth servie sans options.

Ce qui compte avec ce modèle, c’est la conduite ; la version de base suffit.

Et on évite les engagements à long terme, aussi. Les données de fiabilité de la 124 manquent pour en arriver à une conclusion solide, mais lors de notre voyage, le témoin « check engine » s’est allumé ; décevant pour une voiture neuve. Et en considérant la réputation de la marque…

Photo : D.Rufiange

Conclusion
L’achat d’une 124 n’est pas une mauvaise affaire, mais sachez que cette voiture peut être plus capricieuse qu’une MX-5 et que sur le marché de l’usagé, sa valeur pourrait être moindre.

Et l’avenir de la marque est loin d’être certain. Je préfère le style et l’offre de Fiat, mais j’irais avec une MX-5.

Un pensez-y-bien, finalement.

On aime

Plaisir constant au volant
Style unique et différent
Ouverture et fermeture facile du toit (manuellement)

On aime moins

Les options ; inutiles avec ce modèle
La suspension de cette version Abarth, non recommandée pour nos routes
Le système multimédia de Mazda, dépassé.

Photo : D.Rufiange
Photo : D.Rufiange