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Essai à long terme de la Mazda MX-5 2021, partie 1 de 5

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Auto123 met à l’essai à long terme la Mazda MX-5 2021. Aujourd’hui, la partie 1: L’énigme du patronyme.

À voir aussi : Essai à long terme de la Mazda MX-5 2021, partie 2 de 5 : La machine qui ose la symbiose

Au moment où j’ai commencé ce texte, le Canadien de Montréal s’apprêtait à disputer son 5e match de la finale de la Coupe Stanley contre Tampa Bay. À quelques heures de savoir si un autre miracle se produirait.

La frénésie des fans, elle, générait de l’espoir, du plaisir, de la fête. Après une pandémie, quel heureux défoulement !

Plusieurs partisans étaient trop jeunes pour avoir vécu la dernière conquête de 1993, alors ils ont embarqué à fond la caisse dans l’allégresse collective pour faire le plein de souvenirs inoubliables.

On sait maintenant que la parade tant rêvée dans les rues de Montréal n’a pas eu lieu. Mais les émotions générées par cette équipe de hockey pas banale ont laissé des sensations impérissables. Maintenant, il n’y aura pas que les aînés qui pourront raconter « la fois que… ».

Or, exactement dans le même esprit, qui parmi vous se souvient de la Miatamanie ?

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Mazda MX-5 1989
Photo : Mazda
Mazda MX-5 1989

Le jackpot !
Retour en 1989. La Mazda Motor Corporation présente d’abord l’auto à Chicago en février. Puis à Genève en mars. Puis lorsque les premiers exemplaires débarquent chez les concessionnaires Mazda du Canada, on se les arrache !

Sans se forcer, des marchands obtiennent des milliers de dollars supplémentaires au-dessus du prix de détail suggéré, quand ce n’est pas un consommateur qui empoche le gros lot à la revente immédiate.

Ce fut ça, la Miatamanie ! La folie pour se procurer une Miata.

La Miata ? Tu veux dire la MX-5 ?

Nous parlons de la même voiture, du même petit biplace décapotable qui a fait la fortune de Mazda. Les vieux comme moi disent encore Miata, tandis que les jeunes finissent par comprendre que le mononcle fait allusion à la MX-5.

J’espère que vous ne m’en voudrez pas d’avoir passé pas mal de temps sur la Toile à essayer de comprendre pourquoi ces deux noms coexistent. Surtout qu’un troisième nom et même un quatrième apparaissent dans l’histoire.

Une fois l’énigme résolue, j’utiliserai les chroniques suivantes pour vraiment soulever le capot. En attendant, vous vous coucherez plus érudit, promis!

Mazda MX-5 1989, intérieur
Photo : Mazda
Mazda MX-5 1989, intérieur

Comme dans le bon vieux temps
Dans la genèse de la Miata, on apprend que Bob Hall, journaliste au magazine MotorTrend, en discussion avec Kenichi Yamamoto, un ingénieur de Mazda qui avait notamment supervisé la mise au point du moteur rotatif, aurait suggéré que le constructeur produise un roadster abordable, une sportive-aux-cheveux-dans-le vent comme les Britanniques avaient l’habitude d’en construire.

Le journaliste fait allusion alors aux Triumph Spitfire (1962 à 1980) et TR7 (1974 à 1981), à la MG B (1962 à 1980), à la Lotus Elan (1962 à 1973) et sans doute à l’Alfa Romeo Duetto Spider (1966 à 1993), la sexy Italienne qui fut la star du film The Graduate de 1967 aux côtés de Dustin Hoffman.

Yamamoto, qui deviendra président de Mazda, n’a tellement pas oublié l’idée de l’Américain qu’il embauche ce dernier et lui donne carte blanche pour concrétiser le projet. En 1983 s’amorce une compétition amicale entre deux studios de Mazda, l’un en Californie, l’autre au siège social d’Hiroshima, pour dessiner le nouveau modèle.

Les Californiens gagnent le concours avec un prototype codé Duo 101 car il est prévu que le roadster conçu avec une capote en toile puisse également recevoir un toit dur que l’on remise l’été et dont on coiffe l’auto à l’approche de l’hiver.

Prototype Mazda Miata, 1984
Photo : Mazda
Prototype Mazda Miata, 1984

Pour fignoler le prototype, les designers ne se sont pas gênés pour emprunter plusieurs éléments de style à la Lotus Elan, allant jusqu’à disséquer un exemplaire.

En 1989, le fruit de ce labeur sera enfin dévoilé au grand public. Mais quel nom lui donner?

C’est ici que ça se complique.

Alors que les différents marchés visés, comme l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande, font connaissance avec la MX-5, les Américains et les Canadiens ont droit à la Miata tandis que les Japonais accueillent la Eunos Roadster (ou Roadster pour faire plus court).

Il n’est pas rare qu’un modèle soit affublé de deux noms. Stratégie utile pour différencier des clones. Par exemple, rien d’anormal à ce qu’une Chevrolet Bolt devienne une Ampera-e chez Opel. Toutefois, quand le Ford-150 se métamorphose en Ford Lobo (wolf/loup) au Mexique, ou la Fusion en Mondeo en Europe, plusieurs facteurs de mise en marché entrent en jeu.

Mais MX-5, Miata et Eunos pour désigner la même auto ! Pourquoi tant compliquer la vie de tout le monde ?

Prototype Mazda Miata, 1988
Photo : Mazda
Prototype Mazda Miata, 1988

Autre temps, autres mœurs
De nos jours, ce sont les appellations alphanumériques qui ont la cote. Une tendance venue d’Europe qui a le mérite d’uniformiser les noms à l’internationale tout en hiérarchisant les segments et les modèles. Rappelez-vous la confusion quand Infiniti décida de rebaptiser toutes ses voitures avec le préfixe Q et QX pour ses utilitaires. Même Mazda n’est pas étranger au phénomène avec ses CX-30, CX-3, CX-9, etc.

À l’époque, cependant, les Japonais préféraient des noms évocateurs, comme les Nord-Américains d’ailleurs. Sans doute parce que nous sommes des romantiques et des poètes. C’est ainsi que, même si le nouveau-né allait s’appeler MX-5 dans plusieurs pays, il s’appellerait Miata au Japon et chez nous.

Mais les Japonais ont dû reculer. Il semblerait que Mazda ait craint une confusion et possiblement une bataille juridique avec une compagnie locale qui vendait une bicyclette nommée Miyata. Le nom Miata a alors traversé les océans mais, au pays du Soleil levant, Mazda s’est tournée vers une autre appellation.

À mon avis, s’ils avaient pu prédire que l’avenir serait alphanumérique, même dans leurs propres rangs, ils auraient mieux fait d’adopter MX-5 tout de suite. Mais non, ils ont choisi Eunos Roadster.

On peut comprendre pour « roadster ». Par définition, ce terme désigne une décapotable biplace et idéalement à motricité arrière. L’appellation Spider ou Spyder sert souvent de synonyme chez les constructeurs en mal d’exotisme. Les puristes disent que si la décapotable est en fait dérivée d’une berline, il s’agit d’un cabriolet ; mais si on lui a façonné une carrosserie juste pour elle, elle a droit au qualificatif spider/spyder.

Mais Eunos ?

Mazda Miata 1990
Photo : Mazda
Mazda Miata 1990

Tout est dans tout
D’abord une combinaison de « eu », signifiant « bon » dans l’ancien grec, et de « nos », l’abréviation de « numbers/chiffres » en anglais. Autrement dit, Eunos comme dans « plusieurs bonnes choses ».

Eunos comme aussi la division que Mazda lança au Japon en 1989, l’année de naissance de notre fameux roadster. La marque Eunos regrouperait les modèles Mazda qui seraient le fun à conduire. Il y eut plusieurs Eunos dont la 100 (notre Mazda 323), la 300 (notre 626) et la Roadster, alias notre Miata.

La division Eunos plia bagages au milieu des années 90. Certains de ses modèles auraient dû trouver refuge chez Amati, la division haut de gamme que Mazda a envisagé d’introduire en Amérique du Nord avant de se raviser.

L’histoire ne s’arrête pas là…

Malgré des ventes phénoménales, Mazda est échaudée par des commentaires machos qui traitent le biplace de « voiture de coiffeuse ». Pour viriliser l’image de l’auto, et pour embrasser l’alphanumérisation galopante, on annonce que la Miata s’appellera désormais la MX-5.

Mazda MX-5 édition 25e anniversaire, 2019
Photo : D.Boshouwers
Mazda MX-5 édition 25e anniversaire, 2019

En ce qui me concerne, c’est peine perdue. Je continue de l’appeler Miata. D’autant plus que le mot a lui aussi une signification.

Non, ce n’est pas « Make It A Topless Afternoon » comme le jure un rigolo sur un forum animé par des fans du roadster.

Miata est en fait tiré de l’ancien allemand qui signifie « récompense ».

La récompense dont on jouit en conduisant la Miata. Le cadeau qu’on s’offre en s’achetant une MX-5. Le présent qu’on déballera davantage dans mes prochains textes sur la Eunos Roadster.

Mazda MX-5
Photo : Mazda
Mazda MX-5