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Essai de la Mercedes-AMG CLS 53 4Matic 2019 : luxe extrême

Une voiture peut être admirée de différents angles, mais on en trouve toujours un qui lui rend davantage justice. Dans le cas de la Mercedes-AMG CLS 53 2019, c’est en regardant son profil de l’arrière, d’un angle trois quarts, qu’on l’apprécie le plus.

Comprenez-moi bien, toutefois ; cette voiture est jolie en adoptant d’autres perspectives, notamment en observant la grille avant à barre unique, les roues bicolores de 20 pouces, de même que ces stries subtiles incrustées dans le capot. Cependant, de l’arrière, la CLS révèle sa vocation de voiture GT avec son toit plongeant, son petit coffre et son allure élancée. Elle a aussi l’air musclée tout en étant distinguée, aussi à l’aise sur le Nürburgring que devant un casino à Monte-Carlo.

Et ce style extérieur, c’est un peu la CLS qui en est le précurseur, soit celui de la berline aux allures de coupé. L’approche a été copiée ailleurs, notamment chez BMW et Audi, mais aussi par Volkswagen et Kia. Il est vrai que ce type de design compromet un peu l’espace pour les passagers arrière, mais j’ai quand même pu installer un siège pour enfant à cet endroit. Et ce que perd la cabine, le coffre, qui peut s’ouvrir d’un simple mouvement du pied, le récupère.

Photo : D.Heyman

Intérieur
Si le style extérieur est frappant, ce n’est que la pointe de l’iceberg, car à bord, la présentation est tout aussi fantastique. Elle est unique au constructeur et elle regroupe une panoplie de matériaux, de formes et de technologies ; elle peut être avantageusement mesurée aux meilleures de l’industrie. J’ai bien aimé la disposition des garnitures argentée, notamment aux buses d’aération, au volant, ainsi qu’aux grilles des haut-parleurs de la chaîne audio signée Burmester. J’ai toujours cru que si l’unité était de qualité, les haut-parleurs se devaient de se démarquer ; et ils se démarquent !

Puis, il y a le reste. Par exemple, des garnitures en fibre de carbone ici, un fini piano noir là, ainsi qu’un éclairage d’ambiance à travers l’habitacle. Autrement, le fini argenté où sont les commandes pour les sièges est bien, les surpiqûres contrastantes rouges aux sièges sont superbes, et l’on retrouve même une bande au volant à midi, comme sur les voitures de course. En prime, la position de conduite est parfaite.

En matière de technologie, toutefois, c’est un mélange de bon et de mauvais.

Photo : D.Heyman
Photo : D.Heyman

D’abord, l’instrumentation est entièrement numérisée et comporte un grand écran qui se divise en deux, montrant à la fois les informations du système multimédia ainsi que les jauges principales. Les graphiques sont clairs, colorés et à l’allure moderne. Le tout peut aussi être personnalisé. Je préfère l’approche traditionnelle avec tachymètre et indicateur de vitesse, mais d’autres aiment sûrement voir leur vitesse être affichée en gros caractères devant eux, ou simplement profiter de la carte routière devant leurs yeux plutôt qu’à l’écran du système multimédia.

Tout cela est bien correct, mais j’aimerais que le tout soit plus facile à utiliser. Les boutons tactiles au volant s’ajoutent à une molette et à un pavé situé à la console, donc on se retrouve avec trois façons de régler certaines fonctions. Malgré ces accès multiples, j’ai mis 20 minutes à trouver un menu pour l’égaliseur des sons.

On tente d’en faire un peu trop à mon avis. Effectuez vos réglages avant de prendre le volant.

Photo : D.Heyman
Photo : D.Heyman

La mécanique
La clef des ajouts à cette édition 2019 de la CLS 53, c’est un 6-cylindres en ligne turbocompressé et suralimenté, mais pas dans le sens le plus traditionnel du terme. En fait, la CLS 53 possède un compresseur volumétrique électrique, contrairement à un modèle qui utilise de l’essence. C’est intéressant. La puissance est de 420 chevaux et le couple de 383 livres-pieds, mais surtout, ça rend la livraison de cette dernière plus souple et linéaire, car ça vient compenser tout délai du turbo.

Cela signifie que vous allez franchir la barre des 100 km/h en douceur et en un rien de temps avec le pied au plancher. On parle d’une voiture ultra rapide ici, une qui vous fait oublier qu’on n’est pas en présence d’une des machines faites à la main par AMG, dans le moule des 63 et 65. En fait, il y a même plus de technologies embarquées à bord de cette version que des autres animées de mécaniques plus puissantes.

En ce qui me concerne, je ne me suis pas ennuyé du gros moteur V8 comme je l’avais fait l’an dernier en mettant à l’essai les variantes 43 des Classes C et E.

Photo : D.Heyman

Les ajouts pour le modèle 2019 ne se limitent pas à la mécanique ; la suspension pneumatique est désormais de série, tout comme la traction intégrale. Il s’agit d’un système permanent, si bien que la motricité n’est jamais plus que 45 % avant, 55 % arrière. S’il est donc impossible d’avoir toute la poussée de l’arrière, la puissance peut être distribuée d’une roue à l’autre selon ce que le système détecte comme perte d’adhérence. Chose certaine, sur les chaussées sèches empruntées lors de mon essai, la CLS était pratiquement impossible à déstabiliser.

Des problèmes ? Oui, quelques-uns. Puisqu’on ne retrouve pas de pourtours aux portes, on entend des craquements dont on pourrait se passer. Mais, autrement que des places arrière on est plus à l’étroit — la E53 est un meilleur choix si c’est important pour vous — il y a peu à redire à propos de cette CLS 53.

Le prix pourrait en faire pleurer certains, toutefois. Le tout s’amorce à 92 000 $ et peut facilement franchir la barre des 100 000 $, simplement avec l’ajout de quelques groupes d’options. Notre modèle d’essai en avait pour 8300 $ d’ajouts. Faites le calcul. Le prix de départ de la berline E 53 est de 83 900 $.

Photo : D.Heyman
Photo : D.Heyman

Malgré tout, la réalité est que vous en avez beaucoup pour votre argent chèrement gagné. Dans ce registre, c’est tout ce qui compte.

On aime

Intérieur de grande qualité
Performance relevée
Superbe adhérence
Bon volume pour le coffre

On aime moins

Présentation technologique chargée
Bruits de caisse en raison de l’absence de cadres aux fenêtres
Les options font rapidement grimper le prix

La concurrence principale

BMW 6 Series Gran Coupe
Porsche Panamera
Audi A7

Photo : D.Heyman
Photo : D.Heyman
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