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Essai de la Mini Cooper Knightsbridge Edition 1999 : 15 minutes dans la vie de Mr Bean

C'est la semaine non officielle de la Mini chez Auto123.com ! Nous vous présenterons quelques essais routiers des derniers modèles Mini, mais nous commençons aujourd’hui par un voyage dans le temps à bord l’une des dernières variantes spéciales de la Mini Cooper « originale », produite jusqu’en 2000. On nous a donné la possibilité de conduire l'une de ces petites puces lors d'un récent événement sur les produits BMW, et nous avons sauté sur l'occasion, bien entendu !

Palm Springs, Californie – Qu’est-ce que des véhicules comme la Volkswagen Beetle, la Trabant 601 et la Mini Cooper ont en commun ? Vous avez répondu avec justesse si vous avez mentionné que dans les trois cas, ils ont été proposés pendant plusieurs décennies sous la même forme.

Dans un univers automobile où un changement n’attend parfois pas l’autre, il s’agit d’exploits remarquables.

Dans le cas de la Mini, la production du modèle original s’est étendue de 1959 à 2000. Au cours de cette période, la populaire puce a appartenu à différentes marques ; du jamais vu.

En raison de sa petite taille et de sa bouille sympathique, elle est devenue une icône. Chez nous, ce fut d’autant plus le cas que partout où elle circulait, elle détonnait dans un paysage où les petits véhicules étaient rares.

L’expression suppositoire d’autobus a été utilisée plus d’une fois pour la décrire.

Photo : D.Rufiange

Au programme BMW auquel nous avons assisté récemment, une poignée d’exemplaires étaient à notre disposition. Il n’en fallait pas plus pour qu’on se porte volontaire pour un « petit » essai routier.

Avant de vous raconter tout cela, un peu d’histoire.

Une question de pétrole
Pour retracer les origines de la Mini, un petit cours d’histoire s’impose. Il est d’abord important de comprendre que sans un événement historique particulier, la Mini n’aurait jamais vu le jour.  

En 1956 avait lieu la crise du canal de Suez, la seule voie navigable capable de relier la Méditerranée à l’océan Indien. Cette dernière est d’une importance économique capitale, car elle favorise et facilite les échanges entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe. Au début des années 50, la libre circulation avait cours à travers le canal, mais la France et l’Angleterre souhaitaient en acquérir le contrôle pour des raisons économiques et coloniales.

En 1956, Gamal Abdel Nasser devient président de l’Égypte. Il est d’avis que le contrôle du canal doit revenir de droit à son pays. L’Angleterre, qui avait promis une aide à l’Égypte pour la construction d’un barrage sur le Nil, fait marche arrière. En retour, Nasser nationalise le canal.

Le conflit s’envenime et devient armé. L’Angleterre et la France finissent par occuper la région, mais l’Égypte réussit à bloquer le passage de navires en direction de l’Europe.

S’ensuit une diminution des importations de pétrole sur les marchés européens. En Angleterre, l’essence est rationalisée et la vente de grosse bagnole chute drastiquement. Les gens se tournent massivement vers de petits véhicules comme la Beetle.

Photo : D.Rufiange

En raison de cette situation, la British Motor Corporation (BMC) décide de concevoir sa propre petite voiture économique.

La bibitte en question sera bien sûr la Mini.

Une idée folle
Ainsi donc, sans la crise du canal de Suez, la Mini n’aurait peut-être jamais vu le jour. Cependant, ce n’était peut-être qu’une question de temps. L’Amérique avait eu sa Ford Model T, l’Allemagne sa Volkswagen Beetle, la France sa Citroën 2CV et l’Italie sa Fiat 500. L’Angleterre n’allait certes pas demeurer éternellement sans SA voiture du peuple.

La Mini du groupe BMC est l’œuvre d’Alec Issigonis, alors designer au sein de l’entreprise. La mission qu’il reçoit du président Leonard Lord est simple : concevoir une petite voiture dont les dimensions ne doivent pas dépasser dix pieds en longueur et quatre pieds, tant à largeur qu’en hauteur. L’habitacle doit aussi occuper six des dix pieds de longueur de l’auto. Quant au moteur, question de limiter les coûts, il doit déjà faire partie de l’arsenal à la disposition de la compagnie.

Photo : D.Rufiange

Défi technique
La conception d’une petite voiture s’accompagne d’une foule de défis techniques. Dans le cas de la Mini, ils étaient nombreux, car le produit, outre le fait qu’il devait être fonctionnel, était destiné au grand public. Le droit à l’erreur était inexistant.

Le premier obstacle était d’ordre mécanique. Pour respecter les dimensions imposées, il fallait innover. C’est exactement ce qu’Alex Issigonis a fait, d’abord en disposant le moteur en travers, puis en faisant des roues avant celles de la traction. Ces deux gestes lui permirent de réduire la taille du capot et de transformer 80 % du plancher de la voiture en surface pouvant accueillir passagers et matériel. Et cet espace intérieur, il a été maximisé grâce au positionnement des roues aux extrémités de la voiture.

D’autres innovations techniques : la suspension, notamment, est hardie et prend peu d’espace ; les vitres s’ouvrent sur glissière et non de façon conventionnelle ; le hayon arrière est relié par câble à la voiture de façon à permettre la conduite avec cette partie ouverte, question d’augmenter la capacité de chargement.

En somme, on a su faire autrement.

Photo : D.Rufiange

Au volant
Le modèle que nous avons eu l’occasion de conduire est une édition spéciale nommée Knightsbridge. Elle fut assemblée à raison de 150 exemplaires seulement à la fin de cycle de production, soit en 1999 et en 2000. Elle était basée sur la version Cooper Sport. Elle pouvait être drapée d’un vert typiquement anglais, d’un noir ou d’une teinte dorée. La grande majorité fut configurée avec un volant à gauche. Leur habitacle était plus luxueux. Ces modèles sont très recherchés par les collectionneurs.

Le principal défi relié à la conduite, c’est de s’installer à bord. On a l’impression de se glisser dans un manège de centre d’achat conçu pour les enfants.

Une fois assis, on s’en tire correctement avec le confort. On se fracasse le coude gauche quelques fois à l’intérieur de la portière et on rit. Beaucoup. Cette voiture est un jouet... et un sérieux remède contre la dépression.

Puis, il y a le jeu de pied qui doit être appris et maîtrisé rapidement. Les pédales sont rapprochées au point où il est facile d’en enfoncer deux avec le même soulier. Et lorsqu’on fait passer le pied droit de l’accélérateur à la pédale de frein, il faut y aller d’une manœuvre en Z afin d’éviter le bas du tableau de bord.

Photo : D.Rufiange

Une fois que l’on comprend ce qu’on a à faire, il ne reste qu’à s’élancer et apprécier le caractère unique de cette chose. L’expérience fut courte, mais fort amusante. On se plaît à découvrir une voiture hyper agile, malgré une direction qui ne se veut pas un exemple de précision.

Quant à la puissance du moteur, elle est de 63 chevaux et de 70 livres-pieds de couple. C’est plus que modeste, mais puisque le modèle n’affiche que 1534 livres, les accélérations sont… acceptables. Ceux qui se risquent à atteindre la barrière des 100 km/h mettront 13,6 secondes à le faire.

Nous ne sommes pas allés jusque-là...

Et on n’ose même pas imaginer le stress relié à la conduite dans un milieu urbain où tous les monstres de la route menacent la vie de la voiture, et de ses occupants, à tous les instants.

Photo : D.Rufiange

Un autre monde, vraiment
Quant à Mr Bean, il est désormais impossible de voir une Mini sans penser à ce personnage. Et du coup, ça donne une idée du rayonnement du modèle. Iconique, rien de moins.

Conclusion
Malgré tout, ce qui est constant tout au long d’une balade à bord d’une Mini, c’est le sourire qui se colle sur nos lèvres.

À bien y penser, c’est peut-être tout ce qui compte, finalement.

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