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Porsche Cayenne Turbo S 2009 : essai routier

Porsche Cayenne Turbo S 2009 : essai routier

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Toute une impression
Il n'y a pas de raison logique qui justifie l'intégration d'un V8 biturbo dans un VUS (ou devrais-je dire un véhicule multisegments puisque le Porsche Cayenne Turbo S 2009 est basé sur une plate-forme de voiture). Pire encore, comment expliquer l'option qui permet de reprogrammer l'injection de carburant et la pression du turbo afin d'augmenter la puissance à 550 chevaux et le couple à 553 livres-pied? Si on analyse le rapport puissance/poids, ce Cayenne appartient à la même catégorie que les Hemi Roadrunner des années 1960 ou encore la nouvelle Corvette Z06. Je repose la question: où est la logique là-dedans?

Partout où il va, le Cayenne Turbo S 2009 ne cache jamais le fait qu'il s'agit d'un Porsche.

Pourtant, quand le véhicule est immobilisé, on ne pourrait jamais deviner qu'il livre une performance aussi scandaleuse étant donné qu'il ressemble à presque tous les autres VUS multisegments sur le marché. Certes, il arbore un peu de chrome sur les flancs et un aileron arrière au sommet du hayon, mais rien ne permet vraiment de dire qu'il s'agit d'une bête hors du commun -- du moins, pas avant d'avoir vu l'énorme prise d'air à l'avant qui permet au V8 de 4,8 litres de prendre son souffle.

La réponse du turbo
Je croyais être prêt à faire face à la musique. Avant d'entrer sur l'autoroute et d'appuyer à fond sur l'accélérateur, j'ai activé le mode Sport et ajusté l'amortissement pour profiter d'une pleine cavalerie et d'un roulement confortable. Voulant ensuite dépasser un premier véhicule, j'ai rétrogradé d'un rapport et écrasé la pédale au plancher.

Eh bien, laissez-moi vous dire que dans l'infime fraction de seconde entre mon action et l'intervention des systèmes antipatinage et antidérapage, les quatre roues du Cayenne ont surviré frénétiquement. Conservant une belle ligne droite malgré tout, le véhicule a explosé vers l'avant et atteint une vitesse des plus illégale le temps de deux petits clignements d'oeil. Durant toute cette poussée, ma ceinture de sécurité s'est avérée superflue tellement j'étais collé au siège. Après coup, je me suis rendu compte que j'aurais facilement pu prévoir le déroulement des choses, car la chaussée était sèche mais froide et l'adhérence n'était pas optimale.

Sur une note humoristique, j'ai aussi découvert que les gaz d'échappement du moteur turbo sont assez chauds, même à -35 degrés Celsius, pour embrouiller les automobilistes qui se trouvent derrière. J'avais l'impression d'être dans un de ces films de la Deuxième Guerre mondiale où le capitaine d'un destroyer ordonne de faire de la fumée pour cacher le vaisseau aux yeux de l'ennemi.

Le V8 biturbo produit 550 chevaux et 553 livres-pied de couple.