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Essai de la Volkswagen Golf GTI Performance 2019: une saveur réservée à l’Europe

Munich, Allemagne – La Volkswagen Golf GTI sera toujours considérée comme l’instigatrice du segment des sportives compactes. Lancée en 1976 en Europe, la petite Golf revisitée par les ingénieurs de la marque était non seulement un peu plus puissante que la livrée mondaine dont elle dérivait, mais en plus, d’autres ajustements au niveau du châssis, des freins et de la suspension lui permettait d’offrir un comportement tout à fait unique dans le monde des petites voitures économiques.

Maintes fois copiée par la concurrence, la GTI a conservé son statut de référence de la catégorie, Volkswagen qui s’apprête d’ailleurs – d’ici quelques mois du moins – à lancer la huitième génération de Golf de l’histoire, et par le fait même, la huitième livrée de la Golf sportive.

Notre essai routier de la Volkswagen Golf GTI 2019, version canadienne !

L’excuse parfaite
Le culte qui entoure la GTI dépasse les frontières allemandes, surtout en Europe où le modèle est beaucoup plus répandu que de l’autre côté de l’Océan Atlantique. C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi, depuis 38 ans, une poignée d’amateurs du modèle se réunissent chaque année aux abords du Lac Wörthersee, dans le petit village de Reitnitz, en Autriche.

Photo : V.Aubé

Organisée pour la première fois en 1981,  cette tradition (désormais connue sous l’appellation GTI Treffen) associée à la fête des Pères débute le dernier jeudi du mois de mai chaque année et se prolonge jusqu’au dimanche suivant. Dans les faits, ce petit village est devenu un lieu de pèlerinage pour les aficionados. Autrement dit, l’événement débute bien avant cette date de la fin du mois de mai.

Voir notre Top 10 des plus belles voitures du Worthersee GTI Treffen 2019

Volkswagen, bien conscient de cette explosion d’amour autour de sa sportive éponyme, s’implique davantage depuis plus d’une décennie et profite même de l’occasion pour y dévoiler quelques prototypes sur place.

Cette réunion qui a pris des proportions démesurées a même inspiré l’aile canadienne du constructeur allemand à inviter quelques chroniqueurs automobiles pour s’imbiber de ce Festival dédié à la GTI. Mais, pour nous y rendre, nous ne pouvions choisir qu’une seule voiture : la Golf GTI, habillée dans ce cas-ci de l’ensemble Performance. En vérité, nous avons également mis à l’épreuve une Golf R de Munich à Wörthersee, mais pour l’occasion, un essai de la septième génération de celle qui a lancé ce mouvement s’imposait, surtout considérant la destination de ce périple.

Munich-Kitzbühel-Wörthersee

Notre périple débute à l’aéroport de Munich où une Golf GTI bleue nous attend, mon collègue et moi. Après un bon café noir, nécessaire après un long vol de nuit, nous prenons la route en direction de Kitzbühel, la ville autrichienne qui est notamment reconnue pour sa manche de la Coupe du Monde de ski alpin. La sympathique ville autrichienne constituait notre premier arrêt.

Photo : V.Aubé

Après seulement quelques kilomètres parcourus sur l’autoroute allemande, la pluie se met de la partie; elle restera avec nous jusqu’au lendemain. Peu importe, je suis assis au volant d’une voiture rapide, agile et nerveuse, et mon postérieur profite d’un siège confortable et enveloppant qui, comme vous pouvez le voir dans mes photos, revêt le célèbre motif à carreaux Clark. Ce ne sont pas quelques gouttes de pluie qui vont m’arrêter!

La Golf GTI, n’est plus l’ombre de ce qu’elle était à ses débuts presque 45 ans après son introduction, mais je me dois de le mentionner, les ingénieurs de Wolfsburg ont trouvé le moyen de ramener l’âme du modèle original, surtout depuis la cinquième génération. Inutile de vous dire que l’ensemble s’est peaufiné depuis.

La voiture prêtée pour parcourir ces quelques centaines de kilomètres est équipée de la boîte manuelle, celle qui se manie avec le merveilleux pommeau en forme de balle de golf. Léger et précis, ce dernier est un charme à utiliser pour passer les six rapports de la boîte de vitesses. L’embrayage, quant à lui, ne demande aucun effort particulier au conducteur, tout comme la position des pédales qui est presque parfaite, ce qui facilite du même coup le fameux « talon-pointe » pour rétrograder.

Photo : V.Aubé

Cela fait déjà quelques années depuis mon dernier essai au volant de la GTI; il me faut donc quelques kilomètres pour retrouver mes repères, mais heureusement, l’excellente ergonomie de l’habitacle me replonge dans l’univers GTI assez rapidement. Le volant est agréable à tenir en mains, que ce soit pour une conduite reposée en ville ou pour s’attaquer à un circuit fermé, tandis que la planche de bord est très intuitive, comme la plupart des produits de la marque d’ailleurs. Notez toutefois que le vaste écran logé derrière le volant ne figure pas parmi les options du modèle canadien, seule différence apparente entre la GTI essayée et celle offerte chez nous.

Au cas où vous ne le sauriez pas, le réseau d’autoroutes allemandes comporte plusieurs sections sans limites de vitesse, un détail qui permet d’exploiter au maximum les 228 chevaux de la mécanique 4-cylindres turbo de 2,0-litres. Malheureusement, la circulation parfois capricieuse ne permet pas toujours de rouler aux alentours des 200 km/h, d’autant plus que nous avions comme consigne de rester groupés pour cette première portion du trajet.

On se « contente » de 160 sur l’autoroute
Je limite donc ma vitesse à 160, voire 170 km/h lorsque la situation le permet! Même à cette vitesse, je me fais rattraper par d’autres automobilistes plus téméraires, ce qui m’oblige à me tasser vers la droite à l’occasion. Peu importe, ça fait du bien de pouvoir rouler à cette cadence sans craindre de perdre mon permis de conduire, et la voiture ne bronche tout simplement pas malgré la chaussée glissante.

Photo : V.Aubé

Jusqu’ici, la GTI se comporte merveilleusement. Même si la suspension est calibrée pour une tenue de route sportive, la voiture absorbe les petites imperfections du bitume avec brio. À quelques reprises, je dois ralentir, ce qui m’oblige à rétrograder, une action qui fait chanter la mécanique un peu plus, même que je fais exprès pour accélérer à nouveau, pour garder le rythme, mais aussi pour réentendre la sonorité rauque du système d’échappement à haut régime. Une fois en sixième vitesse, la voiture redevient toutefois plus silencieuse.

Nous atteignons enfin l’arrière-pays où les routes sinueuses permettent de découvrir une autre facette de la voiture : son agilité. Fidèle aux générations antérieures, la GTI oblige son conducteur à être plus engagée, surtout lorsque comparée à la Golf R, plus lourde et plus mature. La GTI n’a pas le rouage intégral 4Motion de sa grande sœur, mais ce détail technique n’enlève absolument rien à la facilité avec laquelle elle enfile les virages, et ce, malgré le fait que la chaussée soit détrempée au possible. Merci au différentiel autobloquant mécanique!

Notre comparaison de la Golf GTI 2019 vs la Golf R 2019 - dans la neige !

Une fois rendus à Kitzbühel, nous profitons d’un autre café et d’un excellent sandwich fait sur place. Rassasié, notre convoi de Golf s’engouffre un peu plus dans la campagne autrichienne, aux pieds des montagnes, même si nous ne pouvons pas vraiment les voir à cause du brouillard épais.

Photo : V.Aubé

À ce moment, je me retrouve au volant de la Golf R qui, je l’avoue, est une formidable voiture, et ce, même si la boîte de vitesses à double embrayage déplaît aux puristes des trois pédales. Je suis toujours au volant d’une Volkswagen Golf au tempérament sportif, mais la sensation n’est plus la même. Il manque cette étincelle que seule la GTI possède encore après toutes ces années à rendre heureux des milliers de conducteurs enthousiastes.  

Le mot de la fin
Ce pèlerinage en sol européen m’a permis de renouer avec ce que doit être une Volkswagen Golf GTI. La voiture sport compacte qui a lancé cette mode dans les années 70 continue d’offrir un niveau de performance relevé à partir d’une plateforme compacte, sans compromis pour l’aspect pratique ou même le confort. Espérons seulement que le virage électrique de Volkswagen n’étouffera pas la personnalité de la GTI, lorsqu’elle fera ses débuts dans quelques mois.

Et, au risque de me répéter, je n’aurais choisi rien d’autre qu’une Golf GTI pour me rendre à cette fête organisée en son honneur. D’ailleurs, cette réunion sur les rives du Lac Wörthersee allait confirmer tout cet engouement envers l’icône de Volkswagen et ses dérivés.