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Le sauveur de Nissan

Le sauveur de Nissan

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Le sauveur de Nissan

Montréal, Québec - Nissan était au bord du gouffre. Carlos Ghosn l'a sauvée. C'est en 1999 que le constructeur a lancé son plan de revitalisation. " Peu de gens auraient parié une carotte râpée que nous réussirions. Mais nous avons atteint tous nos objectifs non pas en trois ans, mais en deux! ", dit M. Ghosn. Le numéro un de Nissan Motor Co. était de passage à Montréal, le 10 janvier dernier, à l'occasion du Salon de l'auto de Montréal. Le but de sa visite? Y rencontrer le public pour lui donner un aperçu de l'avenir de Nissan. M. Ghosn a joint l'équipe de Nissan à titre de directeur de l'Exploitation en juin 1999. L'année suivante, l'homme, originaire du Brésil, est devenu président de l'entreprise japonaise puis, en 2001, son président-directeur général.

Auto Journal: Le segment des petites voitures occupe une place très importante au Canada. Pouvons-nous, dans le futur, nous attendre à voir une Nissan March ou une Cube poser ses roues chez nous?

Carlos Ghosn: Je parlerai de plateforme plutôt que de modèles. Oui, vous aurez très certainement une Nissan issue de la plateforme B. C'est sur celle-ci que reposent la March et la Cube. Quand? Je ne le sais pas. Car cela dépend beaucoup de l'évolution des études qui sont en cours. Au Canada, nous avons besoin d'une voiture issue de cette plateforme pour obtenir une part de marché plus importante. La Sentra est la plus petite voiture que nous ayons ici. Et on la considère comme une voiture encore assez chère pour le marché canadien. Or, le défi de Brad Bradshaw, le président de Nissan au Canada, consiste à identifier parmi toutes les voitures à venir celle qui correspondra le mieux aux attentes de la clientèle du Canada et celle dont nous pourrons dégager un profit.

AJ: Vous avez toujours dit que Nissan devait de l'argent avec chaque voiture vendue. Où en êtes-vous aujourd'hui?

CG: En 1999, nous perdions de l'argent sur 80 % de nos véhicules. Aujourd'hui, c'est l'inverse: seulement 20 % de nos véhicules en perdent. Et quand elles en perdent, c'est vraiment minime!

AJ: Pourriez-vous résumer en quelques mots ce qui définit Nissan?

CG: Nissan est une entreprise audacieuse. Car ce que nous avons fait au Japon en 1999, en 2000 et en 2001, c'était audacieux. Nous avons lancé des produits audacieux: le FX45, la 350Z, la GT -R et, même, la Titan dans un segment du marché jusque-là dominé par les constructeurs américains. Outre l'audace, il y a également une grande part de réflexion. Nous prenons des risques, mais ce sont des risques mesurés et réfléchis.