Autrement dit, quand on effectue un virage serré, le différentiel central se désengage momentanément pour réduire l'implication de la traction intégrale, ce qui permet de compenser pour les roues intérieures qui tournent moins vite que les roues extérieures. L'adhérence s'en trouve donc considérablement accrue. Si vous le remarquez en conduisant, c'est sans doute parce que vous n'allez pas assez vite ou que vous connaissez toutes les petites nuances de votre voiture. Dans mon cas, je ne pouvais jamais distinguer le moment où le système s'engageait ou se désengageait; ce que je savais, c'est que ça fonctionnait à merveille.
La direction de la EVO VIII MR est ultra sensible et rapide. Malheureusement, le rayon de virage est assez large, à 38,7 pieds (11,8 m), ce qui n'empêche pas cependant la EVO de demeurer très stable à de grandes vitesses. Le volant est bien pesé et répond toujours docilement, peu importe la vitesse à laquelle on roule. Il est également merveilleux au toucher et épouse agréablement les mains.
Idem pour ce qui est du levier de la boîte à six vitesses. Je me suis d'ailleurs rendu compte en conduisant la EVO de base à quel point un sixième rapport est idéal pour garder en tout temps le moteur à un nombre de révolutions optimal. Quel que soit le rythme avec lequel on roule, les accélérations sont toujours faciles... et plaisantes.
Pour revenir au circuit de course que Mitsubishi nous a fait essayer, je dois dire que j'ai travaillé fort pour connaître la meilleure ligne à prendre. J'ai toujours essayé d'améliorer mes temps en jouant avec la pédale de l'accélérateur et celle du frein avec toute la fluidité possible. J'ai aussi tenté de maintenir la vitesse d'approche idéale à chaque virage, question de ne pas trop éprouver la suspension et les pneus. À ma satisfaction, la séance d'essai a duré plusieurs heures, ce qui m'a permis de tester tous les paramètres de la EVO VIII MR. Étonnement, j'ai été en mesure d'attaquer des virages à des vitesses qui expulseraient de la piste bon nombre de voitures rivales. Je n'insisterai jamais assez sur le mot "équilibre", car la EVO a démontré une habileté surnaturelle à demeurer en parfait contrôle même sous d'intenses pressions.
En termes techniques, on peut dire que la MR n'avait aucune tendance au "sous-virage". Je l'ai intentionnellement conduite au-delà de la limite qu'une voiture sport devrait respecter et la EVO a tourné les coins avec la même agilité qu'un lièvre poursuivi par une meute de lévriers de chasse.





