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Le Moab en Jeep, versions Trailhawk ! + une vidéo

Avez-vous déjà entendu parler de la petite ville de Moab dans l’Utah ? Elle se trouve dans le sud de cet état de l’ouest américain. Confortablement nichée dans une vallée près de la légendaire rivière Colorado, Moab fut d’abord rendue célèbre au début du siècle dernier grâce à la découverte d’uranium qui allait servir, comme on le sait, à l’énergie nucléaire.

Mais la joie fut de courte durée pour la ville minière. Le précieux métal perdit rapidement de sa popularité. Heureusement, on découvrit rapidement que le désert l’entourant pouvait servir les mordus de sports extérieurs dont la randonnée à pied, le cyclisme hors-route, le camping sauvage et surtout les excursions hors route au volant de véhicules tout terrain dont, bien entendu, les Jeep qui, au début des années cinquante, venaient tout juste de connaître la fin de leur utilité militaire.

Ce petit véhicule utilitaire à quatre roues motrices fut rapidement adopté par les adeptes de conduite hors-route et avec le temps, ceux-ci ont créé de multiples sentiers pour explorer le désert et admirer ses uniques montagnes, monticules et canyon à la pierre rougeâtre (couleur due à la grande quantité d’oxyde de fer contenue dans le sol).

Aujourd’hui, cette petite ville d’à peine cinq mille habitants accueille bon an, mal an, des milliers de touristes dont la plupart sont en quête d’aventures sportives. Et nombre d’entre eux s’y présentent au volant de Jeep, bien souvent modifiés, pour y parcourir l’un des nombreux sentiers mis à leur disposition dont quelques-uns sont assez exigeants. Ce n’est donc pas surprenant de constater que Jeep utilise ces sentiers pour y tester plusieurs de ses modèles (dont le tout nouveau pick-up Gladiator qui sera mis sur le marché au printemps prochain). FCA utilise même le nom de Moab pour certains de ses modèles de Wrangler, le véhicule le plus populaire de cette région!

Photo : É.Descarries

Toutefois, les dirigeants de FCA Canada veulent que l’on sache que, depuis le temps, il n’y a plus que des Wrangler au catalogue de Jeep. Il y aussi, entre autres, des Renegade, des Compass, des Cherokee et des Grand Cherokee qui sont proposés en version hors-route plus robuste mieux connue sous le nom de Trailhawk. Trop souvent, ce sont les Wrangler qui sont mis en vedette alors que les Trailhawk sont ignorés. C’est pourquoi chez FCA Canada, on a tenu à mieux faire connaître ces Jeep Trailhawk en organisant une excursion spéciale dans un des sentiers de Moab, le « Seven Mile Rim », une route de terre très accidentée qui mène vers les fameux plateaux de Merrimac et Monitor qui s’élèvent en pics rocheux au milieu du désert.

Pour ce faire, FCA Canada a donc invité un petit groupe de journalistes spécialisés pour constater la robustesse de ces véhicules en situation presque extrême. Le constructeur a alors fait venir deux véhicules de chaque modèle (sauf le Renegade) dont des Grand Cherokee Trailhawk (V6 et V8), des Cherokee Trailhawk (V6) et des Compass Trailhawk, (évidemment à moteur quatre cylindres de 2,4 litres).

Tous étaient à boîte automatique (à huit rapports pour les Grand et à neuf rapports pour les autres) et aux boîtiers de transfert Quadra-Drive II pour les Grand Cherokee, Active Drive Lock pour les Cherokee et Active Drive Low pour les Compass (ce dernier étant à rapport unique contrairement aux versions à deux rapports pour les autres). Notez que tous les véhicules étaient identifiés Trail Rated ce qui comprend des suspensions adaptées pour de telles excursions.

Malgré le fait qu’il s’agisse de trois catégories différentes de véhicule tout-terrain, les Grand Cherokee étant des VUS de grand format, les Cherokee des intermédiaires et les Compass des compacts, tous ont dû entreprendre le même trajet et affronter les mêmes obstacles.

Photo : É.Descarries

Ironiquement, c’est sous une mince couche de neige que l’excursion a débuté (nous sommes quand même en décembre, n’est-ce pas?) ce qui donnait plus de relief à ce terrain surtout désertique mais qui rendait en même temps la tâche un peu plus difficile aux conducteurs vu que chacun de ces Jeep était chaussé de ses pneus d’origine, soit des Goodyear Wrangler AT pour les Grand Cherokee, des Firestone Destination A/T pour les Cherokee et des Falken Wild Peak H/T pour les Compass.

Toutefois, sauf pour de petites exceptions qui ont donné un peu de fil à retordre aux conducteurs les obligeant à se reprendre quelques fois pour grimper certaines collines, aucun des Jeep sur place n’a dû être dépanné par l’équipe de spécialistes locale, ni même être poussé.

Le Jeep Grand Cherokee Trailhawk
Comme l’on s’y attendait, le véhicule qui semblait le plus à l’aise dans cette situation, c’est le Grand Cherokee, peu importe s’il était mû par le V6 Pentastar de 3,6 litres ou par le plus puissant V8 HEMI de 5,7 litres (le V6 EcoDiesel devrait être de retour au catalogue des options dans un avenir rapproché).

Sa disposition mécanique « nord-sud » ressemblant à celle du Wrangler lui a donné des habilités se rapprochant de celles du modèle légendaire dont la silhouette issue de la Jeep militaire des années quarante demeure si facilement reconnaissable. Son boîtier de transfert électronique se distingue par des commandes spécifiques qui permettent au conducteur de choisir le réglage nécessaire pour attaquer un terrain rocheux, sablonneux ou neigeux ou encore pour profiter d’un passage à gué de ruisseau ou de petite rivière (218 mm).

Équipé de la suspension pneumatique ajustable, il peut même être relevé afin de lui donner plus de dégagement au sol (264 mm ou plus de 10 pouces)! Puis, avec la possibilité d’un rapport de vitesses inférieur, ce sera possible d’utiliser un régime plus élevé du moteur pour plus de puissance en montée ou pour un frein moteur en descente.

Quoiqu’un peu plus imposant et plus lourd que les deux autres modèles Jeep de l’excursion, le Grand Cherokee peut se glisser dans des endroits étroits sans plus de difficulté que les Cherokee et Compass. Muni de plaques protectrices sous les éléments mécaniques (tout comme les autres modèles Trailhawk), il peut se permettre des prouesses presque semblables à celles des Wrangler plus spécialisés.

Photo : É.Descarries

Le Jeep Cherokee Trailhawk
Les deux Cherokee Trailhawk utilisés pour cette excursion étaient des versions 2019 révisées affichant un avant redessiné avec de nouveaux phares maintenant à une hauteur supérieure à celle des versions précédentes. Alors que la version Trailhawk du Cherokee arrive d’usine avec le V6 Pentastar de 3,2 litres de 271 chevaux, ceux de l’excursion étaient équipés du nouveau quatre cylindres MultiAir turbocompressé optionnel de 270 chevaux et 295 li-pi, un moteur développé en collaboration avec Fiat.

La seule boîte de vitesses disponible dans ce Jeep est une boîte automatique à neuf rapports. La configuration de base de ce VUS intermédiaire étant à traction avant, il se met en mode à quatre roues motrices lorsqu’on choisit la commande en conséquence ou lorsque les roues avant se mettent à patiner. Son boîtier de transfert Active Drive Lock permet de passer en rapport inférieur pour attaquer les terrains les plus exigeants.

Tout comme le Grand Cherokee, la commande rotative à la console permet de choisir entre la motricité en mode Auto ou Sport, sur Neige, dans le Sable, dans la Boue et, uniquement avec la finition Trailhawk, dans les Roches! Parmi les accessoires les plus utiles en excursion hors-route où il y a des descentes abruptes, il y a la fonction Hill Descent que nous avons pu mettre à l’essai. Elle permet au conducteur d’attaquer les pentes sablonneuses qui pourraient sembler les plus glissantes grâce au frein-moteur et à l’antipatinage des roues selon l’adhérence de chacune.

Petite note au passage, le nouveau quatre cylindres n’a eu aucune difficulté à suivre les plus puissant V6 et V8 des Grand Cherokee, peu importe que ce soit sur les grand-routes nous menant aux sentiers ou dans les parties les plus exigeantes du Seven Mile Rim.

Photo : É.Descarries

Jeep Compass Trailhawk
Complètement redessiné il y a deux ans, ce VUS Jeep compact n’est certes pas une reconduction des Compass de la première génération. Tous ses éléments mécaniques ont été revus dont le quatre cylindres de 2,4 litres qui n’est pas la version TigerShark du passé mais une version MultiAir encore une fois développée avec la division Fiat de FCA. Il fait 180 chevaux et il est combiné lui aussi à la boîte auto à neuf rapports qui transmet la majorité de sa puissance aux roues avant sauf si celles-ci se mettent à patiner. Son boîtier de transfert électronique envoie donc une partie de la puissance aux roues arrière pour rétablir le contrôle de la conduite.

Incidemment, les Compass Trailhawk qui faisaient partie de cette excursion spéciale était munis d’un boîtier Active Drive Low qui, soulignons-le, n’est qu’à un seul rapport mais qui possède, comme celui du Cherokee, les modes Auto, Neige, Sable et Boue en plus de la fonction Roche (Rock).

Toutefois, l’ensemble mécanique a réussi à déplacer le plus petit Compass avec facilité lui permettant de suivre la caravane sans problème. On ne perçoit peut-être pas le Compass Trailhawk comme un candidat de première ligne pour des excursions hors-route mais il vous surprendra lorsque confronté à des conditions comme celles que présentait le sentier « Seven-Mile Rim » en y ajoutant l’obstacle supplémentaire de la neige. Notons qu’équipé du contrôle de descente (Hill Descent Control), il permet au conducteur de suivre les autres Jeep en descente de côte sans qu’il ne doive laisser traîner les freins durant l’opération. Même s’il fallait peser un peu plus fort sur l’accélérateur pour lui faire grimper les côtes les plus abruptes, le Compass réussissait à tirer son épingle du jeu et ce, même avec ses pneus d’origine.

Photo : É.Descarries

De vrais engins tout-terrain…
Afin que l’excursion se déroule sans anicroche, les dirigeants des Relations de presse de FCA Canada avaient fait appel à des spécialistes locaux qui ouvraient et fermaient la marche tout en étant fin prêts à du dépannage au besoin (ce qui, heureusement, n’a pas été nécessaire).

Ces gens de l’équipe Barlow Adventure étaient au volant de Jeep Wrangler équipés de pneus d’excursion hors-route nettement plus agressifs ce qui nous a permis de pouvoir comparer nos Trailhawk à ces engins vraiment spécialisés.

Il faut dire que les sentiers choisis par Barlow étaient moins exigeants que la piste californienne du Rubicon dont il a été question ici l’été dernier (elle s’adresse plus aux Jeep Wrangler Rubicon ou modifiés). Mais pour ceux qui voudraient « visiter » des régions sauvages comme celles que l’on retrouve dans les alentours de Moab, chacun de ces Jeep Trailhawk sera l’outil idéal pour attaquer les sentiers d’exigence moyenne. Quant aux sentiers les plus «sauvages», il vous faudra monter à bord des engins spécialement conçus pour ce genre d’exercice…

Photo : É.Descarries

Enfin, si vous voulez profiter au maximum des Jeep Grand Cherokee, Cherokee et Compass Trailhawk (ou tout autre Jeep) durant notre hiver «canadien», il faudra penser à des pneus d’hiver appropriés même si ceux d’origine ont été à la hauteur de la situation dans le sentier «Seven Mile Rim». Pourquoi ne pas mettre toutes les chances de son côté?

(Si les prix canadiens de 2019 n’étaient pas tous annoncés au moment d’écrire ces lignes, sachez qu’en 2018, le Jeep Grand Cherokee Trailhawk affichait un prix de base de quelque 58 000 $, le Cherokee d’un peu plus de 36 000 $ et le Compass de près de 28 500 $.)

Photo : Auto123.com