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Réal Tanguay : la chance de se recréer

Réal Tanguay : la chance de se recréer

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Réal Tanguay : la chance de se recréer

Réal Tanguay est Ontarien, il parle français et travaille avec des Japonais. Son usine, à Cambridge, en Ontario, vient de décrocher un contrat de production de Lexus. Le joyau de Toyota. C'est pour l'ensemble de ces raisons qu'Automag l'a interviewé.

AUTOMAG : Décrivez-nous un peu votre parcours familial et professionnel ?

RÉAL TANGUAY : Je viens du nord de l'Ontario. Mes parents viennent du nord du Québec. Ils ont déménagé dans le comté de Bellechasse il y a plus de 80 ans. Dans le nord de l'Ontario, on trouve de petites communautés complètement francophones, car ce sont tous d'anciens Québécois. À l'école secondaire, j'ai fait mes études en français surtout. Je n'ai commencé à parler anglais que quand je suis allé à l'université, à Windsor, pour étudier en électronique. Mon premier employeur a été Electrohome, en 1972. En 1983, j'ai travaillé pour Philips, puis j'ai rejoint l'équipe de Toyota, en 1991. Pour commencer, j'étais responsable du système informatique. Ensuite, j'ai été responsable de la production, puis de l'ingénierie, puis du contrôle de production. Ensuite, je suis devenu vice-président-directeur, responsable de toute l'administration et, enfin, je suis devenu président de l'usine en février 2002. J'ai eu la chance de travailler dans beaucoup de domaines.

AM : Qu'est ce qui a fait que l'usine de Cambridge a récupéré la production des premières Lexus hors Japon ?

RT : Être choisis, c'était vraiment le grand prix, car toutes les usines voulaient le contrat. Toutes les usines Toyota ont une très bonne réputation, car nous suivons le système de production de Toyota, lequel est uniforme. À l'intérieur de Toyota, notre usine a toujours eu une bonne réputation de stabilité, ce qui est le plus important. Si une usine a une bonne performance, et si cette performance change l'année suivante, cela ne crée pas la même relation de confiance. Le timing est aussi très important. La production de la Solara déménageait avec la Camry, ce qui était logique. Cela nous a donné de l'espace. Un vice-président au Japon a déclaré : " Si je dois faire une Lexus en dehors du Japon, il n'y a qu'une seule place où je voudrais la faire : au Canada. " C'était un très beau compliment.

AM : Vous parliez du système de production uniforme de Toyota. Qu'est-ce qui différencie ce système de production des autres marques?

RT : La discipline. La grosse différence entre Toyota et la concurrence, c'est la manière avec laquelle nous exécutons les tâches de jour en jour. Nous avons une recette de fabrication et nous la suivons avec tous nos employés. Nous les formons sur une base régulière. Souvent, les autres veulent faire la même chose que nous, mais ils font ça comme une campagne. Pour nous, c'est une manière de vivre : tous les jours, tous les niveaux de l'organisation sont engagés à penser d'une manière, la manière Toyota. Il faut également impliquer nos employés. Si nous ne sommes pas capables de les impliquer, on peut avoir de bonnes idées, mais cela devient impossible de les réaliser. Il y a beaucoup d'autres fabricants qui essaient de nous suivre en prenant de petits pourcentages de notre système. Mais le gros bénéfice vient quand on le suit à 100 % ... à 120 % même !