Auto123.com - On vous guide du rêve à la route

Comparaison : Lexus LS 400 1990 vs Lexus LS 500 2019

Guanacaste, Costa Rica – C’est dans le cadre d’un lancement à saveur historique que le constructeur Lexus avait convié plusieurs membres de la presse internationale. Voyez-vous, le penchant luxueux de Toyota célèbre cette année ses 30 ans d’existence, Lexus qui a ouvert ses portes en 1989 après plusieurs années de gestation à l’interne du géant Toyota.

Pour l’occasion, Lexus avait même trimbalé quelques modèles importants de sa jeune histoire, dont cette superbe LS 400 1990 de couleur ivoire. La grande berline, qui avait le mandat de s’immiscer dans le créneau des Mercedes-Benz Classe S, BMW Série 7 et Jaguar XJ notamment, était la première voiture créée de toutes pièces par la division nipponne, la berline ES 250 également proposée à l’époque qui était essentiellement une Toyota Camry endimanchée.

Et puisque le format de l’événement mettait en lumière les dernières trente années du constructeur, les organisateurs de ce lancement en sol nord-américain avaient bien entendu prévu d’inclure les véhicules de la gamme actuelle de la marque… et même certains de l’année-modèle 2020. Il n’en fallait pas plus pour que nous livrions nos impressions de conduite de la première LS opposée à la toute dernière mouture apparue sur nos routes l’an dernier en tant que modèle 2019.

Photo : Lexus

La LS 400 d’abord
Si vous trouvez que cette première version du modèle cossu semble en excellente condition, vous n’avez pas la berlue, la LS 400 1990 qui a été conservée par le constructeur durant ces trois décennies. Normal, me direz-vous, avec un millage affiché au compteur de la voiture oscillant aux alentours des 27 000 milles (ou un peu plus de 43 000 km) et un entretien méticuleux.  

Toutefois, il y a de ces éléments qui ne mentent pas sur la réputation des produits de la marque comme la brillance de la peinture ou la condition encore exceptionnelle des bandes chromées autour des fenêtres. Même la grille de calandre noire à l’avant semble de nouvelle facture.

C’est le même constat à l’intérieur de la voiture où la sellerie en cuir beige ne montre pas de signes d’usure avancée. Le cuir est souple et les tapis semblent avoir été installés il y a quelques mois à peine. Pourtant, tout est d’origine sur la voiture, comme se plaisent à nous rappeler les gens de Lexus.

Un coup d’œil sous le capot nous ramène à la fin des années 80, alors que Lexus s’attaquait au segment avec un moteur V8 atmosphérique de 4,0-litres de cylindrée d’une puissance de 250 chevaux. Là encore, tout est en ordre, comme si nous étions de retour au début de la dernière décennie du XXe siècle.

Photo : Lexus

Pour mieux comprendre l’expérience de conduite Lexus aux débuts de la marque, il faut toutefois s’asseoir au volant de cette grande dame venue du Japon pour conquérir l’Amérique du Nord. Une fois assis dans ce large siège moelleux, je me retrouve devant une planche de bord simpliste où la plupart des commandes sont regroupées au centre. Aucune trace d’un écran de navigation ou de touches tactiles pour ajuster la température de la sellerie chauffante, la LS 400 est une voiture des années 90! C’est pourquoi on y retrouve un lecteur cassette (!), de gros boutons pour la chaîne audio, une horloge digitale et d’autres commandes pour la ventilation… et c’est tout!

Entre les deux sièges, la console centrale offre un espace de rangement sous l’accoudoir recouvert de cuir, tandis que le gros levier de vitesse de la boîte automatique est le seul autre élément digne de mention à cet endroit. Ah oui, un cendrier – il y en a deux autres à l’arrière dans les accoudoirs de portières – est dissimulé sous une petite porte. L’espace à l’arrière est celui d’une berline intermédiaire moderne, tout au plus, mais en revanche, la sellerie se fait tout aussi accueillante qu’à l’avant.

Photo : Lexus

Sans surprise, le démarrage se fait à l’aide d’une bonne vieille clé, tout le contraire des clés intelligentes qui restent dans les poches du conducteur de nos jours. Malgré la trentaine, la LS 400 est toujours aussi silencieuse, le constructeur qui se targuait en 1990 de proposer la berline la plus silencieuse sur le marché à l’époque. On entend à peine le grondement du V8 en conduite normale. J’ai pu pousser la voiture jusqu’à une cadence tout à fait respectable de 140 km/h, question de voir comment se comporte la voiture après toutes ces années. Fidèle à sa réputation, la LS 400 se fait rassurante, même au-delà des limites de vitesse, tel un train.

Bien entendu, la puissance de 250 chevaux rappelle qu’il s’agit d’une voiture d’une autre époque, les accélérations n’étant pas aussi explosives qu’une voiture de même catégorie en 2019, mais la vocation de la LS 400 à l’époque était beaucoup plus simple : transporter ses occupants dans le plus grand confort possible et, à ce niveau, la première du nom n’a pas perdu de sa superbe, même que pour les nostalgiques qui accordent de l’importance à la fiabilité, cette LS 400 de première génération est à inscrire sur votre liste!

Photo : Lexus
Photo : Lexus

La LS 500… trente ans plus tard
À côté de son ancêtre, la nouvelle LS 500 2019 est comme un vaisseau spatial du futur qu’on aurait stationné à côté  d’un avion commercial des années 70. La vieille LS 400 est classique à l’extérieur, la LS 500, elle, est aérodynamique au possible et présente un faciès digne d’un prototype avec sa grille de calandre en forme de sablier. Elle est également beaucoup plus grande à l’extérieur. À ce niveau, il est important de souligner que la LS est dorénavant offerte en empattement allongé seulement.

Un coup d’œil à l’intérieur confirme ce fait d’armes, les deux occupants des places arrière qui nagent en classe affaires avec deux sièges ottomans, un écran tactile central pour contrôler presque tout et même des petits miroirs au plafond pour un maquillage express. À l’avant, la forme organique de la planche de bord impressionne, tout comme la taille de l’écran – 12,3 pouces c’est beaucoup – du système de divertissement accessible via ce fameux pavé tactile toujours aussi difficile à utiliser.

La plus récente LS n’a pas perdu son confort intérieur par contre, les sièges de la première rangée qui sont plus enveloppants qu’à l’époque, mais tout aussi moelleux. Qui plus est, les passagers aux deux rangées peuvent profiter d’une sellerie chauffante, ventilée, en plus de proposer une multitude de massages pour relaxer.

Photo : Lexus

Au lieu du V8 atmosphérique, la LS 500 a perdu deux cylindres l’an dernier, le V6 biturbo qui livre tout de même la bagatelle de 416 chevaux. Et au lieu de la boîte automatique à quatre rapports, la LS 500 fait plutôt appel à une boîte qui en compte dix, avec possibilité de changer soi-même les rapports. Par-dessus la planche de bord, le cylindre logé à la droite du volant permet de choisir le type de conduite désirée. Inutile de vous dire que c’est avec le mode Sport + qu’on s’amuse le plus, la LS qui se raidit quelque peu en plus de se faire plus musicale au niveau des échappements.

Malgré son poids important, la LS 500 est également très rapide à l’accélération. La suspension, quant à elle, priorise le confort avant tout, ce qui se traduit par du roulis dans les courbes abordées avec trop de vivacité. La direction est également plus précise qu’en 1990, mais semble un peu trop déconnectée de la route.

Photo : Lexus

Même s’il existe des voitures âgées de 30 ans beaucoup plus nerveuses que la Lexus LS 400 1990, cette luxueuse berline du siècle dernier a encore l’avantage sur sa consœur contemporaine, simplement parce qu’elle est un peu moins aseptisée, et ce, malgré le fait que la LS 500 2019 est voiture supérieure à tous les niveaux face à celle qui a pavé la voie à ces trente premières années.

Toute l’industrie automobile a évolué pour le mieux en trente ans, même la bonne vieille Lexus LS. Plus raffinée que jamais, la LS 500, qui est encore disponible en version hybride soit dit en passant, doit tout de même son existence à la première du nom.

Photo : Lexus
Photo : Lexus
Photo : Lexus
Photo : Lexus
Photo : Lexus
Photo : Lexus
Photo : Lexus